Où Asbel se découvre des ressources inespérées face au danger
Parfois, il m'arrive de me sentir vieux, réac et socialement handicapé. Hier, par exemple. Mon portable est bousillé et je dispose de plein de points pour le renouveler : le jeune lambda serait ravi de passer son samedi à jauger tous le modèles qui s'offrent à lui. Ce n'est pas mon cas puisque :
1) Même si j'adore la consommation débridée, les belles fringues et les belles choses en général, je me contrefous de mon portable.
2) Le renouvellement est une source de stress extrême, renforcé par l'impression de m'être fait arnaquer la dernière fois.
Sur ce dernier point, je suis un dangereux gauchiste. Je déteste le choix, et fantasme d'une nationalisation massive d'entreprises de communication qui d'un côté offrirait à des milliers de consommateurs malmenés une belle revanche sur ces fils de pute et de l'autre m'éviterait de perdre du temps à comparer tarifs et forfaits, activité au plus haut point soporifique.
Mais il faut vivre dans son siècle, et même si les deux dernière semaines sans portable ont été une petite bénédiction, les mails incendiaires de gens cherchant à me joindre me poussent à reprendre les choses en main.
Du coup, cette fois j'ai décidé de surmonter mon comportement névrotique devant ce genre de choix, comportement qui consiste, dans un premier temps, à se laisser arnaquer parce que de toute façon on s'en fout, on ne va pas perdre de temps avec ces contingences matérielles de l'existence qui nous empêchent d'accéder aux choses réellement importantes, et, dans un deuxième temps, à avoir des crises de colère régulières au cours desquelles je maudis les mécanismes de l'économie moderne et rêve d'une rébellion de consommateurs-citoyens.
En gros, je me suis botté le cul et, au prix d'un effort surhumain, je me suis renseigné avant d'aller au magasin : j'ai réussi à rester connecté plus de cinq minutes sur le site de mon opérateur, et me suis livré à une des activités que j'abhorre le plus, à savoir la comparaison de modèles d'appareils.
Je suis donc sur le point accéder à la contemplation de la perfection du dogme libéral. Je me suis renseigné, j'ai comparé, j'ai fini par choisir et par comprendre que les lois de la concurrence œuvrent à mon bonheur.
C'est sans compter sur l'intervention des plus viles créatures dont Dieu a peuplé la surface de la terre, à savoir les vendeurs de téléphones portables, que seuls dépassent sur l'échelle de l'ignominie les agents immobiliers.
Je rentre dans le magasin, avec toutes les informations nécessaires imprimées, ce qui n'empêche pas ce vil serpent qui s'occupe de moi de rétorquer :
"- À non, désolé, d'après l'ordinateur vous n'avez pas accès à ce modèle, par contre on peut vous proposer celui-là (il pointe le modèle bas de gamme) et ça ne vous coûtera que.... 60 euros pour le déblocage."
Je reste sans voix, tout en me disant que si j'avais été Pol Pot, ce n'est pas les gens à lunettes que j'aurais exterminé mais tout titulaire d'un BEP commerce ou force vente.
Dommage pour le vendeur, il a été un peu trop gourmand avec ses 60 euros. Dans ce genre de situation, d'habitude je réagis comme le Lapin qui reste immobile devant la voiture qui s'apprête à l'écraser : par un inexplicable court-circuit de tous les mécanismes neuronaux de défense, j'obéis docilement aux instructions de mon bourreau tout en devinant parfaitement ses intentions malhonnêtes. La vérité, s'il m'avait offert le modèle bas de gamme gratos, j'aurais dit oui pour me débarrasser le plus vite possible de cette démarche pénible.
Mais il faut croire que, quelque part dans mon cerveau reptilien atrophié, deux ou trois neurones survivent encore. ..
09/03/08 - 16:26
Gay, de gauche, et... RADIN...!!!!!!! C'est théoriquement pas très compatible... :p
Finalement, il est préférable que Moudenc soit réélu, il te sauvera la mise... Tu n'auras pas à payer le champagne à tes amis de droite...^^
napinapo