Culpabilité de sa race!
Bon, je viens juste de planter un entretien d'embauche pour un poste qui m'intéressait. Caca. Ça faisait longtemps que je me plantais pas ainsi, peut-être depuis la prépa, et putain ce que ça fait mal au cul, j'avais oublié. En tout cas, ça a été une piqûre de rappel radicale : moi qui nageais depuis un mois dans une gueule de bois post-soutenance, et blam! L'horreur de la condition humaine m'est à nouveau apparue dans toute la force de son évidence.
Après une analyse rapide des erreurs à ne plus refaire et des conneries débitées, je m'efforce à faire le vide dans mon cerveau (tiens, et si je m'ouvrais une bibine?). Impossible. J'ai beau me dire qu'il ne s'agit que de travail, que ce n'est pas important, que
vanitas vanitatum et omnia vanitas, et que de toute façon, je ne peux plus rien y faire, la raison est bien désarmée face au mouvement du coeur.
Car elle est bien ancrée au fond de mon inconscient la culpabilité de l'échec de sa mère la pute. Mais d'où lui vient sa remarquable force de persistance? Je ne dois pas attendre longtemps avant de trouver la réponse : je fais revenir des profondeurs de mes souvenirs cette scène vécue régulièrement pendant toutes mes années de primaire et de collège. Je dois faire signer à mon père un contrôle moins bon que d'habitude. Sur la marge, il y a systématiquement écrit en rouge "quelques étourderies" ou "trop d'étourderies". Mon père n'est pas content. Pourtant, je ne peux vraiment pas dire de mon père qu'il était sévère ou distant, et c'est peut-être cela qui rendait si terribles les moments de mécontentement. J'invoque, en guis de défense, le droit à l'erreur. La réponse est toujours la même : et le chirurgien, dans le bloc opératoire, il a le droit à l'erreur lui? et le pompier dans l'immeuble en feu? et le pilote dans l'avion en vol? Je pourrais rétorquer qu'il amalgame tout et n'importe quoi, mais à l'époque je ne connais pas ce mot, et de toute façon, son habileté rhétorique est largement supérieure à la mienne. Du coup, et pour le restant de ma vie, erreur et échec resteront associés à homicide involontaire. Là, papa, putain t'as fait fort!
30/01/08 - 17:45
Satané enfance avec ses traumatismes !
L'échec dans un entretien d'embauche est monnaie courante (je sais de quoi je parle, vu que j'en ai fait une bonne vingtaine en deux mois durant ma période gélère) : l'offre est inférieure à la demande donc il est rare que l'on se retrouve dans les retenus...
Le tout est de savoir accepter les erreurs effectuées durant l'entretien, sans culpabiliser pour autant : c'est en forgeant que l'on devient forgeron !
Ainsi, le poste tant espéré ouvrira ses bras la prochaine fois ! ^^
J'oubliais : Pierre Cohen est beau.
gawoul