Residente Maligno Cuatro
Mes amis l'avaient bien compris : comme bonne résolution pour 2008, j'ai décidé de régresser allègrement et de pas toucher un livre (enfin, peut-être quelques uns, mais des faciles, avec des images et tout, et que j'ai
vraiment envie de lire). Du coup, le jour de ma soutenance de thèse, en décembre dernier, j'ai reçu en cadeau le kit complet de la régression, une jolie sacoche Mario & Yoshi et une Wii avec les lapins encore plus crétins, le tout sous les yeux consternés de ma mère qui se demandait si son refus catégorique de m'acheter la NES ou la Super NES quand j'étais gamin n'a pas été contreproductif.
Puis vacances à Barcelone, d'où je rentre avec quelques jeux en plus pour mener à bien mon projet pour l'année. Hier soir, c'était le tour de Resident Evil 4. Mon homme dort tranquillement, j'ai le salon pour moi. J'éteins donc les lumières, je m'installe sur le canapé, et je me prépare à flipper ma race. Et il faut dire que j'ai flippé ma race. Ouverture sur une séquence d'animation avec le résumé des épisodes précédents, puis changement d'ambiance : exit Raccon city, son manoir et son complexe militaro-industriel. Là on est dans un "coin perdu d'Europe", plus concrètement en Espagne, si j'en crois à l'uniforme des deux policiers qui m'accompagnent dans ce 4 x 4. Bien réussi l'uniforme, c'est exactement ça. Puis un des deux flics se tourne vers moi et, dans un anglais avec un léger accent
chicano mais parfaitement fluide, il commence à me narguer. Un flic espagnol parlant couramment anglais, et puis quoi d'autre !? Bon, on va mettre ça sur le compte de la licence poétique...
La voiture de police me dépose après avoir traversé un pont en bois et cordes (je sais, 4 x 4, pont en bois,
willing suspension of disbelief), dans un paysage directement emprunté à
Evil Dead, une forêt d'érables en automne, un sentier, une cabane en bois au bout, avec son porche et sa
rocking chair, on respire vraiment l'air méditerranéen. Si je me souviens bien du film de Sam Raimi, le pont derrière moi ne va pas tenir longtemps, et je resterai coincé de ce côté du Styx, sans d'autre issue que plonger dans les gorges de l'enfer. C'est parti! je me familiarise avec les commandes, et j'avance vers la cabane. À l'intérieur m'attend un vrai hillbilly sorti tout droit de
Délivrance. Le genre de truc qui me fout vraiment les jetons, parce que les égouts citadins des autres volets de la saga, pfff, chuis un urbain moi, je passe mes nuits dans les bas fonds, mais les crétins endogames du bout du monde, ça, ça me hérisse les poils.
Je tends à ce charmant monsieur la photo de la fille du président des États-Unis qui a été kidnappée et que je suis venu chercher dans ce coin perdu d'Espagne (
willing suspension of disbelief, oui, ou alors un coup de l'ETA, le service de com du Parti Populaire explore cette piste). En guise réponse, il va chercher une hache à bois du côte de la cheminée puis se lance sur moi en criant avec un accent mexicain atroce un truc du genre "pinche cabrón, te voy hacer callar para siempre". Pinche cabrón! Si je n'étais pas trop occupé à trembler pendant que je me souviens que les zombies, les balles dans l'estomac ça les arrête pas vraiment, et que tiens, avec une balle entre les yeux tu rigoleras moins, raclure hispanique, je trouverais la scène hilarante. Un zombie qui parle en mexicain! C'est un peu comme si vous regardiez un film d'épouvante en québécois, ou en belge. Le bruit a alerté d'autres crétins endogames à l'extérieur. Une vieille pick-up Ford F-Série (typical spanish aussi) démarre, précipite la voiture des flics dans le ravin, fait exploser le pont, et me prive de toute solution de repli en cas de pépin.
Ils veulent la guerre? Ben ils vont l'avoir!
08/01/08 - 15:15
Ravi de te revoir par ici :o)
lestat_ch