Sur le J.O, il y a un poste publié en Corse. Et j'ai toutes mes chances...
Arf.
Là pour le coup je l'aurais mon île méditerranéenne, éloignée des convulsions du siècle, éternellement égale à elle même, etc.
Mais je crois comprendre enfin cette histoire des fantasmes qui se doivent de rester inassouvis.
La vie en Corse ça doit être hardcore quand même.
Que tous ceux qui n'ont pas répondu à mon mail désespéré de mercredi (c'est à dire, 90 % de ses destinataires) et qui depuis sont submergés par les remords cessent de culpabiliser ! Qu'ils chassent enfin les cauchemars obsédants qui les terrassent la nuit ! Contrairement à leurs craintes justifiées, en ce moment je ne sers pas de nourriture aux poissons de la Garonne. Une âme charitable (et motorisée surtout) m'a sorti quelques jours du long et étouffant hiver toulousain.
Ainsi, au lieu de passer les heures à voir la pluie tomber sur le Capitole j'ai pu passer des heures à voir la pluie tomber sur la Méditerranée.
307 réactions! Plus de trois fois ce que fait un article à succès sur Libération.fr ...
Arf.
De très nombreux ségolâtres (les chemins de l'âme socialiste sont impénétrables)
De nombreux ségophobes aussi,
Both alike in virulence
Et moi, partagé entre la tentation du tous des pourris, et le sentiment d'avoir le devoir moral de faire tout mon possible pour empêcher cette catastrophe ambulante d'arriver à la tête du PS.
Je sens que je vais devoir encore prendre ma carte en 2008.
Rhaaaa! J'ai laissé la porte ouverte un instant et voilà que le gardien de mes visiteurs s'est faufilé entre mes jambes, a dévalé les escaliers et, une fois dehors, a recommencé à raconter n'importe quoi.
Il se fait vieux le pauvre, va falloir penser à l'amener au véto se faire piquer.
Méfiez-vous des promesses politiciennes, qui, c'est bien connu, n'engagent que ceux qui y croient.
Moi et ma crédulité avons l'honneur d'être les premières victimes des promesses de campagne non-tenues par l'équipe de Pierre Cohen.
Après les élections je serai à nouveau à la maison, qu'il me disait. Je serai entièrement à tes ordres, un esclave soumis à tes moindres caprices, au moindre claquement de doigts. Je serai Sacher-Masoch devant sa Venus à la fourrure, le professeur Humbert aux pieds de la jeune Dolores Haze, Marc-Antoine obéissant aveuglement à Cléopâtre. Promis juré craché sur la tête de mes ancêtres et le Coran de la Mecque.
Pfffffff.
Coup de fil à l'instant. Il y a un vote à la fédé. Après les cantonales partielles de dimanche, il faut confirmer à la tête du conseil général de la Haute Garonne cette momie shootée au pouvoir, cette illustration exemplaire de la gauche cassoulet made in the South West qu'est Pierre Izard. Vote passionnant s'il en est, qui risque de mobiliser à peine 1% des militants socialistes (de toute façon, vous vous en doutiez, il n'y a pas de candidature rivale), mais parmi ce 1%, mon homme, trésorier adjoint et donc responsable de l'urne. Et du dépouillement. Heure de retour prévue : non-communiquée.
Sans doute une des caractéristiques communes à la plupart des militants et cadres des partis politiques, toute couleur confondue, est la tendance à la paranoïa et à la méfiance injustifiée, caractéristique qu'ils partagent avec la plupart des personnes exerçant une responsabilité et/ou prenant trop au sérieux leur petit nombril et qui explique, plus sûrement que n'importe quelle lecture marxisante, pourquoi le monde peut être un endroit horrible.
Dimanche soir, ambiance bon enfant rue de Metz, devant le local de campagne de Pierre Cohen. Les résultats définitifs viennent de tomber, le futur maire va parler. Deux jeunes au look vaguement underground sortent des pancartes qu'ils arborent fièrement : "Cohen, maintenant réouvre le Clandé !", le clandé étant un ancien squat tendance plus artiste que punk à chiens, dans une ancienne maison close, ce qui donnait aux concerts sur place une ambiance très baroque.
- Voilà des sous-marins de la Ligue venus récupérer la victoire de Cohen, s'exclame L. à mes côtés.
Mais bien sûr.
Comment ai-je pu concevoir l'idée rocambolesque qu'il s'agisse d'anciens du clandé venus faire pression pour la réouverture d'un lieu qui les tient à coeur?
Il est tellement plus simple d'imaginer la LCR entrain d'essayer de saboter la victoire d'un maire pour lequel ils ont implicitement appelé à voter au moyen d'une plateforme écran qui prend comme prétexte la réouverture d'une ancienne gloire des nuits toulousaines...
Mais j'oubliais qu'une grille de lecture pour un militant ne peut être que politique, tout est politique, et la culture et l'art ne sont évidemment que des armes politiques...
Voilà, c'est fait. Ça a été chaud, on est passés ricrac, mais le paradoxe toulousain n'est plus. Moudenc m'a même fait un peu de peine quand au bord des larmes il a évoqué ces trois années qu'il a sacrifiées à la ville. Et c'est vrai, faut être honnête, qu'il a tenté ces derniers mois de réveiller une droite endormie depuis 10 ans. Puis il a une dernière fois accusé Cohen de "sectarisme, démagogie, esprit partisan", et je me suis dit, dans ton cul mauvais perdant!
Sur la Place du Capitole, il y a foule, ils attendent, disciplinés, silencieux, que Cohen apparaisse. Les français n'ont vraiment rien dans le sang.
Cohen arrive enfin mais ne rentre pas dans la Mairie. Le préfet lui proposait de monter au balcon, il a décliné. Petit speech express sur un podium improvisé, et on renvoie tout le monde se coucher, car demain faut commencer à travailler. Arf. Un vrai calviniste le nouveau maire de Toulouse (le portrait du monde est assez juste), exactement comme mon homme, ça ne m'étonne pas qu'il ait adhéré dès le départ à son projet.
Fin du discours, rendez-vous au Bikini, lieu mythique de la nuit toulousaine, soufflé par l'explosion d'AZF, que Cohen à d'abord accueilli puis reconstruit dans sa commune de Ramonville devant l'indifférence du capitole.
Au début de la soirée, je pense à James Deano. On dit que les socialos savent pas danser et c'est vrai! Mais l'alcool aidant, on commence à se sortir les balais dans le cul, et on oublie pendant un moment la préparation du futur congrès, les rumeurs sur les rapprochement entre montbourgeois et strauss-khaniens (Dios los cría y ellos se juntan!) ou entre délanoéistes et aubristes. À 3 h, Cohen tombe enfin sa veste sur House of pain. On passera sous silence les quelques pas de danse qu'il a ensuite improvisé. Comme ceux de la plupart des cadres du parti. Seuls Kader Arif et Carreras s'en sortent brillamment, sur De la Soul : le sens du rythme irait-il de paire avec le savoir-faire un tantinet magouilleur des apparatchiks?
Voilà, pour tenter de convaincre les les abstentionnistes potentiels ce Dimanche :
- Le discours colérique de Pascal Dessaint, ou la politique culturelle à Toulouse selon la droite. Tiens, hier j'étais à un des pots que le cinéma ABC organise avec les associations amies, et sa présidente ne décolère pas non plus.
- Le discours émouvant de Magyd Cherfi, ou la politique d'intégration selon la droite. Disparue de la version papier, la blague sur les sandwichs au jambon que De Verynas amenait en banlieue... Dommage. Du coup, à la relecture, l'ensemble fait un peu convenu. En direct, l'émotion de M. Cherfi était contagieuse.
Toute coincidence avec une personnalité politique, etc.
Je sens d'ici les cris scandalisés dénonçant l'amalgame facile, mais ce que lisais hier pour mon cours de civi est trop savoureux pour le garder pour soi :
" Francisco [Franco] lui, s'efforce de ressembler le moins possible à son père : il ne boit pas, il ne fume pas [1]. Il aurait voulu entrer à l'École navale, mais, l'année où il comptait se présenter, le concours est annulé. Il opte pour l'Académie d'infanterie. Sa petite taille (1,64 m) son aspect malingre et sa voix fluette suscitent la raillerie de ses camarades; il se replie sur lui même."
" Comment expliquer une ascension aussi rapide? Franco ne possède aucune des qualités qui prédisposent à devenir un conducteur de peuples. Il ne brille ni par ses capacités militaires ni par ses dons intellectuels."
" Le caudillo n'est pas davantage un esprit capable de concevoir des théories originales sur l'organisation de la société et l'évolution du monde. La lecture et la méditation ne lui ont jamais pris beaucoup de temps. Après son installation au Pardo, en 1939, ses distractions favorites sont la chasse, la pêche, le golf, le cinéma, à l'occasion la peinture. Les diplomates qui ont eu l'occasion de le rencontrer ont relevé la banalité de ses propos, ainsi que sa tendance à fuir toute discussion sérieuse. Il n'entend pas grand-chose à l'économie; dans ce domaine on lui fait croire n'importe quoi. Quant à ses idées politiques, elles sont simples, voire simplistes."
" Son autorité ne repose ni sur des succès exceptionnels, ni sur la rigueur de son argumentation, ni sur l'éloquence de ses discours. Et pourtant Franco fascine son entourage et ses auditoires ; on ne discute pas ses ordres. Le secret de sa réussite est là : il s'est convaincu et il a convaincu les autres que la Providence l'a chargé d'une mission : sauver l'Espagne. [...]. Franco compense ce qui pourrait passer pour des insuffisances ou de la médiocrité par l'ambition, par l'obstination et par la confiance en soi."
Joseph Pérez, Histoire de l'Espagne
[1] Ma mère a raison : faut toujours se méfier des gens qui ne boivent pas, ou, dans le cas de notre président, qui disent ne pas boire...
1- Heureusement que Toulouse, contrairement à ce pays croulant qu'est la France, est une ville jeune et étudiante.
2- Les 24-35 ans me font chier. Déjà l'année dernière c'était, avec le collectif alzhaimer & parkinson, une des rares tranches d'âge à avoir voté majoritairement Sarkozy. Je suppose qu'il s'agit de golden boys aux dents longues et pleins d'énergie qui viennent de débouler sur le marché du travail et qui voudraient gravir vite les échelons mais vous comprenez, tout est verrouillé par la gauche...
Heureusement à 35 ans ils ont enfin compris que le monde injuste, que malgré leurs efforts ils resteront toujours en bas de l'échelle, et que se tuer à la tâche ne sert qu'à se faire exploiter.
3- Tous les grands maîtres du roman d'anticipation se sont trompés. La troisième guerre mondiale n'opposera pas les américains aux russes, ni le monde chrétien au monde musulman. Elle aura à nouveau lieu en Europe, lorsque la population à la retraite, majoritaire, assurera par son vote l'exploitation de la population active, minoritaire, qui, dans un acte de rébellion, prendra les armes et commencera à égorger ses propres parents. À Toulouse, la ligne de front passera très exactement entre l'Université du Mirail et le Cancéropôle, après que la sanglante bataille de la rocade ait stabilisé la position des uns et des autres.
Comme toutes les nuits, les discussions à la table des négociations sont âpres. Une nouvelle fois il sera question, d'un côté, de la lumière qui empêcherait de dormir, et de l'autre, d'un besoin de faire le vide dans son cerveau à la fin de la journée en partant loin, très loin, au pays des caractères imprimés. Comme toutes les nuits, on assiste au même marchandage.
Avec une précision suisse, la lecture est régulièrement ponctuée d'injonctions (Allez, Asbel, éteins!), prononcées d'une voix d'outre-tombe. Comme toutes les nuits, la même réponse se fait entendre (allez, Malone, 5 minutes de plus!).
Mais même les mécanismes suisses peuvent s'enrayer. Hier, fatigué, je pose exceptionnellement mon livre sans qu'on m'y oblige : le patronat n'a plus besoin de passer en force, désormais les syndicats s'auto-censurent.
Puis, 5 minutes après, dans la chambre noire : allez, Asbel, éteins!
Ah ah! Je jubile. Enfin la preuve irréfutable de l'arbitrariété des attaques du patronat, que la lumière n'empêche nullement de dormir mais qui ne pense qu'à assoir sa domination. Le troisième tour social sera chaud mon grand!
C'est fou le nombre de centristes qu'il y a dans les forums politiques dans cet entre-deux tours! Ainsi, quand on surfe sur Libétoulouse, on a l'impression que 90 % des toulousains ont voté Modem, alors qu'ils étaient à peine 5 %. Et le plus surprenant c'est leur acharnement à faire campagne pour l'un ou l'autre des candidats toujours en lisse...
En retard dans la préparation de mes cours (toujours à l'arrache, comme d'hab), j'ai la chance d'écouter d'une oreille distraite Pernaud entrain de présenter son JT sur TF1, et de tomber sur ce bel exemple pour les étudiants en traduction :
"14 ministres du gouvernement sur 23, élus maires dès le premier tour, c'est mieux que ce qu' ON espérait"
Alors, les hispanistes, le on, on le rend par la première personne du pluriel ou par une tournure impersonnelle?
Où Asbel se découvre des ressources inespérées face au danger
Parfois, il m'arrive de me sentir vieux, réac et socialement handicapé. Hier, par exemple. Mon portable est bousillé et je dispose de plein de points pour le renouveler : le jeune lambda serait ravi de passer son samedi à jauger tous le modèles qui s'offrent à lui. Ce n'est pas mon cas puisque :
1) Même si j'adore la consommation débridée, les belles fringues et les belles choses en général, je me contrefous de mon portable.
2) Le renouvellement est une source de stress extrême, renforcé par l'impression de m'être fait arnaquer la dernière fois.
Sur ce dernier point, je suis un dangereux gauchiste. Je déteste le choix, et fantasme d'une nationalisation massive d'entreprises de communication qui d'un côté offrirait à des milliers de consommateurs malmenés une belle revanche sur ces fils de pute et de l'autre m'éviterait de perdre du temps à comparer tarifs et forfaits, activité au plus haut point soporifique.
Mais il faut vivre dans son siècle, et même si les deux dernière semaines sans portable ont été une petite bénédiction, les mails incendiaires de gens cherchant à me joindre me poussent à reprendre les choses en main.
Du coup, cette fois j'ai décidé de surmonter mon comportement névrotique devant ce genre de choix, comportement qui consiste, dans un premier temps, à se laisser arnaquer parce que de toute façon on s'en fout, on ne va pas perdre de temps avec ces contingences matérielles de l'existence qui nous empêchent d'accéder aux choses réellement importantes, et, dans un deuxième temps, à avoir des crises de colère régulières au cours desquelles je maudis les mécanismes de l'économie moderne et rêve d'une rébellion de consommateurs-citoyens.
En gros, je me suis botté le cul et, au prix d'un effort surhumain, je me suis renseigné avant d'aller au magasin : j'ai réussi à rester connecté plus de cinq minutes sur le site de mon opérateur, et me suis livré à une des activités que j'abhorre le plus, à savoir la comparaison de modèles d'appareils.
Je suis donc sur le point accéder à la contemplation de la perfection du dogme libéral. Je me suis renseigné, j'ai comparé, j'ai fini par choisir et par comprendre que les lois de la concurrence œuvrent à mon bonheur.
C'est sans compter sur l'intervention des plus viles créatures dont Dieu a peuplé la surface de la terre, à savoir les vendeurs de téléphones portables, que seuls dépassent sur l'échelle de l'ignominie les agents immobiliers.
Je rentre dans le magasin, avec toutes les informations nécessaires imprimées, ce qui n'empêche pas ce vil serpent qui s'occupe de moi de rétorquer :
"- À non, désolé, d'après l'ordinateur vous n'avez pas accès à ce modèle, par contre on peut vous proposer celui-là (il pointe le modèle bas de gamme) et ça ne vous coûtera que.... 60 euros pour le déblocage."
Je reste sans voix, tout en me disant que si j'avais été Pol Pot, ce n'est pas les gens à lunettes que j'aurais exterminé mais tout titulaire d'un BEP commerce ou force vente.
Dommage pour le vendeur, il a été un peu trop gourmand avec ses 60 euros. Dans ce genre de situation, d'habitude je réagis comme le Lapin qui reste immobile devant la voiture qui s'apprête à l'écraser : par un inexplicable court-circuit de tous les mécanismes neuronaux de défense, j'obéis docilement aux instructions de mon bourreau tout en devinant parfaitement ses intentions malhonnêtes. La vérité, s'il m'avait offert le modèle bas de gamme gratos, j'aurais dit oui pour me débarrasser le plus vite possible de cette démarche pénible.
Mais il faut croire que, quelque part dans mon cerveau reptilien atrophié, deux ou trois neurones survivent encore. ..
Elle n'est pas belle ma première carte d'électeur? Et encore, vous n'avez pas vu le dos, avec la signature de notre maire en sursis et un cachet que l'on dirait dessiné par un enfant de 8 ans...
Sinon, hier, pour faire plaisir à mon homme, j'ai participé à un acte de campagne, le seul pour ces élections. Et je l'ai revue, Elle, l'avant-garde de la révolution socialiste en marche, la passionaria française, celle qui nous a si courageusement guidé pendant la bataille des présidentielle. Je vais être honnête : si on ne peut pas dire qu'elle ait vraiment enflammé la salle à son arrivée, je dois avouer qu'une bonne moitié du public était visiblement émue (la vieille à coté de moi frétillait de bonheur). Du coup, je me suis dit, Asbel, oublie tes vieilles rancœurs, la haine et la soif de vengeance n'ont jamais engendré que le malheur des peuples, si elle est capable de produire chez ta voisine la sensation la plus proche de l'orgasme qu'elle ait eu en vingt ans, c'est qu'elle dégage quelque chose cette femme. Aujourd'hui, tu vas regarder Ségolène Royal, avec des nouveaux yeux, avec des yeux d'enfant, vierges de toute mauvaise intention, et il est connu que la vérité sort de la bouche des enfants.
Les premiers couteaux chauffent la salle, dont Jean-Michel Baylet, président des radicaux, qui à lui tout seul serait capable de me dégoûter à vie de la politique tellement l'écart entre ses actes et son discours est manifeste. Puis elle monte sur la scène. Allez, Asbel, ce soir tu vas l'aimer, tu vas communier avec le public et te laisser toucher par sa grâce. Regarde son sourire. Il n'est pas beau son sourire? Elle a l'air vraiment heureuse d'être avec nous. Après tout, on est ses enfants, et elle nous aime. Premières phrases prononcées. "le vote de dimanche, est un vote moral!!!" Cette référence à la moralité, tellement éculée en politique, qui sonne tellement hypocrite chez les autres, rend un son plus vrai quand elle sort de ses lèvres. Pas étonnant, vu que la quasi totalité de ses efforts l'année dernière ont porté sur la construction de ce personnage de mère-autorité morale ..
Malheureusement pour elle, on ne tient pas un discours entier sur ce seul sujet. Or il faut qu'elle occupe bien l'espace verbal, sa survie politique dépend de cette campagne municipale. Son discours est donc péniblement long. Et creux. Et chiant. Mon Dieu, j'avais oublié à quel point elle pouvait être chiante. La piqûre de rappel n'en a été que plus douloureuse. Sa litanie plaintive et monocorde, qu'elle égraine pendant plusieurs dizaines de minutes, m'assoupit et me plonge dans des interrogations sur les différences structurelles entre mon cerveau et celui de ma voisine. Cette dernière ne voit-elle pas à quel point Ségolène est chiante ??? Ou peut-être, telle la madeleine de Proust, retrouve-t-elle dans ces meetings quelque chose des dimanches de son enfance, quand la messe était en latin, et qu'écouter ce que disait le prêtre officiant n'était pas réellement important...
En tout cas, si le fait qu'on puisse encore écouter cette femme reste pour moi une énigme insondable, je suis bien content de voir que je ne suis pas le seul. Au fond de la scène, parmi les colistiers de Cohen, Gerard Onesta, membre des verts, vice-président du parlement européen, et qui pourtant avait copieusement léché le cul à notre invitée pendant son discours d'ouverture, profite de certaines longueurs pour roupiller. Il me tarde de pouvoir faire la même chose, dans mon lit, et ne plus jamais m'occuper de politique...
Qui peut faire mieux? je viens de rajouter une ligne à mon modeste curriculum de traveler en empruntant, pour le trajet Toulouse/Belle-île puis Belle-île/Toulouse pas moins de six moyens de transport différents en une journée (Navette-avion-train-autocar-bateau-taxi). J'appréhendais au départ, et en fait, saucissonnner un long trajet en tranches d'une ou deux heures fait passer le temps bien plus vite...
Incident remarquable du voyage, j'ai eu le privilège à l'aéroport de Rennes de découvrir les joies des interrogatoires de police. Je ne sais pas si ma gueule n'a pas plus à la sécurité, si je suis fiché comme terroriste international, ou si un espagnol, catalan de surcroît, qui se promène en Bretagne en période pré-électorale est immédiatement soupçonné de rendre visite à des activistes dangereux, en tout cas on m'a demandé de passer derrière un comptoir et un gendarme a commencé à examiner attentivement mes affaires. Tout y est passé dans ma sacoche : le livre en cours, soigneusement noté (c'est là que je me suis félicité de ne pas avoir finalement acheté le Têtu du mois au Relais du coin, puisque je l'admets, je suis une honteuse et je serais devenu rouge comme une tomate), les vieux billets de train (alors comme ça vous étiez à Quiberon? Ah, à Belle-île? et où? et chez qui? et pourquoi? -pour participer à des orgies sataniques, connard!- et combien de temps? et vous avez fait quoi?), ainsi que tout le contenu de mon porte-feuilles : sentiment étrange d'une violation d'intimité, accompagné d'une pointe d'émoustillement, due sans doute à un consommation trop importante de pornos, qui m'a fait regarder avec envie vers son arme et ses menottes...
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)