Quel beau coup ont réussi les chaînes télé des autonomies, au milieu des années 80, alors qu'elle venaient à peine d'être crées, en obtenant les droits de diffusion de la plupart des animes japonais! Du coup, dans ce monde globalisé, un dessin animé venant de l'autre bout de la planète a porté un coup plus critique aux théories de la droite chauvine sur l'Espagne une-indivisible-éternelle-et-catholique que toutes les querelles politiciennes....
Quelle clairvoyance aussi d'acheter les droits aux américains et pas aux français. du coup, on a profité des belles chansons japonaises au lieu des niaiseries composées par Dorothée.
J'ai posté le générique de fin, sirupeux à souhait, plus en accord avec un mood nostalgique ah que c'était bien notre enfance (et aussi en clin d'oeil à Andante et Eusebio, et à nos les virées nocturnes et alcoolisées à Minorque. D'ailleurs, pour vous deux, voilà la savoureuse version mexicaine)
J'aurais pu aussi choisir le générique de début, unaniment détesté par tous les parents, puisque dès les trois premiers accords de synthé, on basculait dans un état tel de sur-excitation que même en saupoudrant de coke et d'amphètes le Cola Cao de nos goûters on n'aurait pas atteint. Pas comme la version fade et niaise du club Dorothée.
Le chanteur catalan était d'ailleurs particulièrement bien trouvé. Il réussissait avec brio à imiter l'absence totale de sens du ridicule dont font preuve les japonais quand ils chantent l'enthousiasme remarquable des chanteurs de pop japonaise. Il a donc été repris pour la version espagnole. Mais voilà, le traducteur venait de fumer en lisant le quichotte, ce qui a donné un mélange psychadélique de pop japonaise, tournures ultra archaïques (vamos con afán a buscar con ahinco!) et accent catalan.
Pour finir, site communautaire exige, je viens de me rendre compte que dans la VO, il y avait une image de Bulma travestie en homme (00'38), et une autre de Son Goku travesti en fille (00'41) honteusement enlevée des versions occidentales. L'hétéronormativité est vraiment partout!
Ne jamais faire confiance. L'ennemi guette dans l'ombre. Rester sur ses gardes.
La journée d'aujourd'hui s'annonçait pourtant sans complications. Il faisait beau, le cour s'était bien passé : une journée de plus sur le front, sans qu'on ait à déplorer des pertes. Mais la routine, c'est vraiment le pire ennemi du soldat. Je me disposais à quitter le champ de bataille, quand je suis tombé dans une embuscade. Trop confiant. C'est connu, les accidents, c'est souvent en bout de trajet.
- Tiens, Asbel, c'est justement toi que je cherchais.
La bibliothécaire se tient en face de moi, un gros sourire aux lèvres en guise d'arme offensive et défensive. Elle me cherche, ce qui est rarement bon signe.
- Tu te souviens quand tu faisais les recherches sur l'exil?
L'exil? Moi?
- Tu n'aurais pas pris la liste que j'avais dressée des maîtrise traitant du sujet?
Je sens l'étau se serrer autour de moi. La stratégie de l'ennemi est simple et basique : un document a été égaré, il faut accuser quelqu'un d'autre et, si possible, quelqu'un d'extérieur à son corps professionnel. Je peux apparemment faire figure d'accusé, puisqu'il est vrai qu'il y a six ans (et ce n'est pas une hyperbole) j'ai aidé à ranger des papiers sur l'exil. Et six ans, dans cette dimension parallèle qu'est mon université, c'est comme la semaine dernière dans notre monde. On notera au passage l'habileté rhétorique de cette bibliothécaire qui en une seule phrase a transformé l'aide que je leur avais fournie (acte désintéressé) en une recherche personnelle (acte égoïste et carriériste).
Moins rodé à la stratégie militaire que cette femme à deux ans de la retraite, je me défends piteusement. J'arbore mon plus gros sourire, et je tente une sortie :
- Une liste? Non, ça me dis pas grande chose, peut-être... si tu veux, je peux chercher dans les papiers que j'avais rangé.
Erreur de débutant. Offrir son aide, c'est admettre implicitement que l'on est en tort. J'aurais du me contenter de nier en bloc et la laisser se noyer dans sa merde. Trop tard! désormais, je lui ai donné l'arme pour m'abattre. On croise des gens qu'elle connaît. Elle s'empresse à me présenter, avec une sollicitude trop appuyée pour être innocente.
-Vous connaissez Asbel? c'est un ancien vacataire. Il travaillait sur l'exil (mais je t'ai pourtant expliqué que non, connasse!) et il a pris la liste que j'avais établie.
Salope! Salope!
Voilà comment un conditionnel devient indicatif. Je devrais donner cet exemple en cours de grammaire.
Salope! Salope! Salope!
Tous ces cafés que l'on avait l'habitude de prendre tout en couvrant des livres, toutes ces conversations complices sur Barcelone, toutes ces fois où je t'ai pris fougueusement contre le rayon du fond avec les grands formats, tous cela n'a plus aucune valeur à tes yeux dès qu'il s'agit de sauver ton cul?
Ah!!! Homo Homini lupus!
Elle m'abandonne devant l'armoire aux documents, qui, tel Ripley dans alien, semble avoir été criogénisée il y a six ans : je la retrouve dans le même état que je l'avais laissé, prouvant s'il le fallait encore que le temps dans ma fac est élastique.
Je ne trouverai pas le document égaré, je le sais. Je suis seul devant l'échaffaud, et rien ne semble pouvoir me sauver. Sauf, peut être....
C'était prévisible. Tant que la droite espagnole était occupée à taper sur catalans et basques, elle laissait tranquilles les immigrés. On sentait bien que ça la démangeait, mais elle n'osait pas encore ouvrir la boîte de pandore. Problème, son ancien fond de commerce électoral tourne un peu à vide en ce moment. Les catalans sont certes éminemment antipathiques et méprisables, mais avec leur boboïsation avancée, ils sont peu crédibles comme incarnation de l'antéchrist sur terre. Quant à la question basque, ils ont obtenu satisfaction. Sous la pression de l'opposition et de la rue (et aussi parce que l'ETA a été assez idiote pour ne pas saisir l'opportunité), les négociations avec la bande terroriste ont cessé, la trêve a donc été levée, une centaine de membres de la bande arrêtés et, ultime preuve de fermeté du gouvernement : la semaine dernière les deux derniers partis écran du bras politique de la bande terroriste ont été illégalisés. Mais que demande de plus le peuple?
Mauvaise nouvelle que cette illégalisation pour le Parti Populaire. Que faire désormais? Vers où diriger une campagne qui bat son plein? Je les imagine bien en cellule de crise à la calle Génova, en pleine séance de brainstorming. Aguirre propose de se faire les porte-drapeaux des valeurs familiales, Acebes fustige la laïcisation forcée de la société, mais Rajoy sent bien que ces sujets sont casse-gueule. Et comme l'imagination n'a jamais été la qualité première de la classe politique en général et de la droite espagnole en particulier, le bureau national du PP décide finalement de faire ce qu'on a tous fait quant on ne connaissait pas notre leçon, à savoir tricher et regarder sur la feuille de notre camarade. La droite espagnole reprend donc des thèmes familiers pour quiconque vit de ce côté là des Pyrénées. Il est notamment question d'immigrés qui profitent du système de santé, qui font augmenter les chiffres de la délinquance, et qui font descendre la qualité du service. Ils vont même plus loin : en lieu et place du test de langue, ils proposent un Contrat de bonne conduite. Cerise sur le gâteau, ils enrobent l'ensemble d'un discours mielleux sur le bon vieux temps. Arias Cañete nous livre ainsi cette évocation émouvante des cafés d'antan,
"... avec ces serveurs qu'on avait alors, et à qui l'on demandait un café noisette, du pain grillé, au beurre, ou à la graisse de porc, et des anchois au vinaigre, et ils amenaient le tout avec une efficacité exemplaire..."
et c'est là que j'éclate de rire, et avec moi, je l'espère, tout espagnol doté d'au moins deux neurones.
Efficacité exemplaire!!!!!
On parle bien du même pays? Ce pays qui depuis trente ans fait figure de lanterne rouge dans les classement européens pour la productivité au travail?
Ce pays, où, ne pouvant pas adopter les 35 heures et le "travaillons moins pour travailler tous", on a préféré le "travaillons mal pour travailler tous" (admirablement épaulés par des entreprises qui n'ont pas investi un rond en formation et qui ont abusé au delà de toute limite de l'intérim et des CDD)?
Bref, quand je pense aux serveurs d'antan, le qualificatif "efficacité exemplaire" n'est pas le premier qui me vient à l'esprit. Et c'est là, je pense, que le Parti Populaire fait fausse route. Malgré les relents chauvins que l'on respire de plus en plus dans la péninsule, On reste un peuple ultra-critique, avec une conscience aiguë de nos défauts et nos bassesses, dans lesquels on aime se vautrer allègrement. Et l'inefficacité chronique en fait partie.
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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