Bon, je viens juste de planter un entretien d'embauche pour un poste qui m'intéressait. Caca. Ça faisait longtemps que je me plantais pas ainsi, peut-être depuis la prépa, et putain ce que ça fait mal au cul, j'avais oublié. En tout cas, ça a été une piqûre de rappel radicale : moi qui nageais depuis un mois dans une gueule de bois post-soutenance, et blam! L'horreur de la condition humaine m'est à nouveau apparue dans toute la force de son évidence.
Après une analyse rapide des erreurs à ne plus refaire et des conneries débitées, je m'efforce à faire le vide dans mon cerveau (tiens, et si je m'ouvrais une bibine?). Impossible. J'ai beau me dire qu'il ne s'agit que de travail, que ce n'est pas important, que vanitas vanitatum et omnia vanitas, et que de toute façon, je ne peux plus rien y faire, la raison est bien désarmée face au mouvement du coeur.
Car elle est bien ancrée au fond de mon inconscient la culpabilité de l'échec de sa mère la pute. Mais d'où lui vient sa remarquable force de persistance? Je ne dois pas attendre longtemps avant de trouver la réponse : je fais revenir des profondeurs de mes souvenirs cette scène vécue régulièrement pendant toutes mes années de primaire et de collège. Je dois faire signer à mon père un contrôle moins bon que d'habitude. Sur la marge, il y a systématiquement écrit en rouge "quelques étourderies" ou "trop d'étourderies". Mon père n'est pas content. Pourtant, je ne peux vraiment pas dire de mon père qu'il était sévère ou distant, et c'est peut-être cela qui rendait si terribles les moments de mécontentement. J'invoque, en guis de défense, le droit à l'erreur. La réponse est toujours la même : et le chirurgien, dans le bloc opératoire, il a le droit à l'erreur lui? et le pompier dans l'immeuble en feu? et le pilote dans l'avion en vol? Je pourrais rétorquer qu'il amalgame tout et n'importe quoi, mais à l'époque je ne connais pas ce mot, et de toute façon, son habileté rhétorique est largement supérieure à la mienne. Du coup, et pour le restant de ma vie, erreur et échec resteront associés à homicide involontaire. Là, papa, putain t'as fait fort!
Il y en a un, dont je préserverai l'anonymat, qui, depuis un mois, revient ici toutes les 5 minutes : il vient de découvrir les joies et les misère du fonctionnariat et de la recherche universitaire. Pas trop dure la vie à Lasalle?
Sur l'androphobie militante, la politique cassoulet, et les avocats dans le vent
Gros carton hier soir pour l'association Arc-en-ciel : une salle pleine à craquer, les principaux aspirants au fauteuil de maire qui ont répondu présent, et la fierté d'avoir donné le coup d'envoi de la campagne municipale toulousaine sur des questions LGBT.
Toulouse, n'en déplaise à Paco-sisquet, commence timidement à s'éloigner de la Politique-Cassoulet, du moins dans les formes : Cohen, Moudenc et Cie semblaient relativement à l'aise hier, et même passablement formés sur ces problématiques, alors que j'ose à peine imaginer la bonne vieille (et moins vieille) garde des politiciens 100 % Sud-Ouest assistant à une telle réunion. Le choc des civilisations!
J'avoue avoir été assez émoustillé, en syntonie avec l'atmosphère générale, où, malgré des débats sur le fond médiocres, régnait cette excitation propre aux grandes Premières. Avec un zeste de tension. Moudenc craignait de tomber dans un guet-apens gauchiste. Sans aller jusque-là, le terrain, de toute évidence, ne lui était pas favorable, et il a été souvent déstabilisé. Face aux interpellations directes qui n'ont pas manqué, il avait pourtant des cartes à jouer, et il a bien tenté d'en placer quelques unes. Celle d'être un pédé notoire lui-même. Celle de la politesse et du sang froid, face aux agressions trop appuyées. Celle aussi d'un certain courage dont il a fait preuve en acceptant de se déplacer en terrain miné. Celle enfin d'un bilan mitigé mais pas entièrement catastrophique envers les assoces LGBT. Mais le pauvre, il a bien mal commencé. En croyant bien faire, il ouvre sa première intervention par un accord enthousiaste à la création d'une Maison des Homosexualités, "à condition que ça ne devienne pas un outil de prosélytisme". Murmures indignés dans la salle. Chassez le naturel, il revient au galop : voilà un beau relent de la rhétorique Vanesto-Bushienne. C'est bien connu, on ne souhaite le centre que pour pouvoir mieux "convertir" des pauvres ados désorientés à notre "choix de vie"...
Sa bourde, ainsi que son emploi répété du mot "tolérance", moins grave, mais sentant bon la condescendance rance (il a même osé le grotesque "dans mes proches collaborateurs et mes amis il y en a!"), a été la faille dans laquelle les nombreux militants politiques de la salle se sont engouffrés. Dommage! Si étant de gauche, je ne peux que me féliciter de le voir en difficulté, en tant qu'homo, je souhaite par contre que la droite s'empare aussi des dossiers LGBT, et donc que lynchage soit limité...
Mais assez parlé de Moudenc! C'était certes la vedette, puisque la présence de la droite dans ces réunions est pour le moins exceptionnelle, mais les autres rôles étaient aussi savoureux. Après tirage au sort la tête de liste de Lutte Ouvrière a eu le privilège d'ouvrir la réunion. Assez mignonne, un peu timide, elle commence mal aussi (elle s'améliorera par la site), en déballant académiquement la théorie LO : défense des travailleurs, le reste suivra. Une seule grille de lecture, en gros, pour tout expliquer. Hum. En parlant de grilles de lecture uniques, je remarque amèrement l'absence dans la salle des deux-trois associations lesbiennes non-mixtes de la ville. Il y a des filles, mais qui viennent d'autres structures : les associations phares du mouvement féministe-lesbien ne se sont pas déplacées. Assister à un événement organisé par des homosexuels sexistes phallocrates, beurk!
Il y a eu aussi Jean-Luc Forget, candidat Modem, dont j'ai enfin vu le visage. Le brûlot social-libéral à JoffrinLibération a adoré. Je reste plus mitigé. C'était l'avocat classique (je l'imaginait presque au barreau), ce qui veut dire que, niveau forme, ses interventions avaient quelque part de la gueule, tout en frisant dangereusement avec cette affectation un tantinet ridicule des juristes. Ce qui veut dire aussi que, niveau fond, c'était passionnant lorsqu'il parlait de Droit, et ça devenait pompeux et obscur lorsqu'il parlait d'autre chose.
Je passe sur l'"autre liste" de François Simon, dont j'ai du mal à comprendre l'utilité, et à cerner l'espace politique. Je la soupçonne fortement de n'être que l'expression de l'égo de Simon, et lui souhaite en conséquence un bel 1 %.
Myriam Martin de la LCR-Motivé-e-s, est, à son habitude, très bien. Mon homme ne cesse de me répéter, lorsqu'il est question de la LCR, que c'est trop facile, qu'ils ont le beau rôle, que la posture de "perpétuel indigné" c'est la plus confortable. Je ne le pense plus. Être constamment en colère, ce n'est pas confortable, c'est au contraire extrêmement fatiguant. Moi qui n'arrive pas à rester faché 10 minutes d'affilé sans être exténué, je ne peux qu'admirer. Et si vous en doutez encore, regardez les tristes mines des militants de LO ou du PCF, on dirait parfois qu'ils avancent en traînant des pieds... Et c'est non seulement fatiguant, mais c'est aussi ennuyeux. Une question de variation dans l'intensité : on ne peut rester branché en permanence sur une haute intensité émotionnelle, c'est physiquement impossible. Pourtant la LCR s'en sort bien, réussi à garder l'énergie, probablement grâce à quelques salutaires variations dans les différents registres de la contestation.
Reste enfin Pierre Cohen, tête de la liste d'Union de la Gauche. Mon candidat, donc. Actuellement, la position officielle des socialistes (et aussi celle des verts et du PCF) sur les questions LGBT, est, dans l'ensemble, difficile à critiquer. Restait malgré tout à voir comment le candidat faisait siennes les positions du parti, et quelle politique municipale il envisageait pour les mettre en pratique. Restait à convaincre quoi. Et ça a très mal commencé. Il paraît que Cohen a un mal fou à préparer à l'avance ses interventions, et qu'il n'est à l'aise que dans le vif du débat. Au vu de la réunion d'hier soir, je veux bien le croire. J'ai pensé qu'on courrait à la catastrophe, il était brouillon et déballait cet irritant blablatage socialiste qui sonne creux. Puis, miracle, les questions sont arrivées, il était plus décontracté et avait quelques coups à jouer, pouvant mettre en avant sa gestion à Ramonville avec les Pacs en Mairie ou ses déclarations publiques en tant que député, et se permettant même quelques effets de manche au succès assuré, comme l'annonce de l'accès à la place du Capitole pour le village associatif qui clôt la Marche...
À la sortie, tout le monde est content, tout le monde se sourit mais n'en pense pas moins, vite vite, le dernier métro va partir, la réunion a largement débordé les limites annoncées. On arrive heureusement à temps, et on se couche en pensant que, malgré la mesquinerie que l'on y observe souvent, participer à la vie de la cité peut parfois être drôle et excitant.
Le moindre élément sortant de l'ordinaire est susceptible de court-circuiter les connections synaptique, de bloquer les processus neuronaux et d'amener le cerveau au bord du collapse. Ainsi, pour la plupart des français, mon passeport a un effet hypnotique provoquant une régression mentale immédiate : le fait d'avoir deux noms de famille et un seul prénom, s'avère plus difficile à concevoir que les liens entre l'énergie, la matière et le temps en astrophysique (il est vrai que disposer de trois prénoms dont deux parfaitement inutiles est bien plus naturel...). Ça n'a donc pas manqué, hier, lorsque je me suis inscrit à la médiathèque. Pourtant la jeune fille avait l'air intelligente. Malgré cela, en tendant mon passeport, j'ai vu la lumière quitter son regard et un vent de panique la saisir. Je comprendrais encore si le document était écrit dans une obscure langue slave. Or s'agissant d'un passeport européen, tous les titres sont traduits en anglais et français. Il suffit donc de comprendre que sous la ligne "Apellidos/Surname/Nom", on trouvera mon nom de famille, et sous la ligne "Nombre/Given Names/Prénoms", vous avez vu juste, il y aura mon prénom. C'est sans compter sur l'effet inhibitoire de l'inconnu : les déductions les plus simples deviennent alors des équations à 30 inconnues. Habitué à provoquer cet effet, je tente d'aider la malheureuse par un timide "C'est Monsieur C.". Je lis sur son visage un sursaut de fierté. Oui, oui, elle sait bien! Bah non non, elle ne sait pas, et finit prévisiblement par tout inverser. Je souris et préfère me taire plutôt que d'allonger encore les démarches. Je ne devrais pas : pour moins que ça, des pauvres immigrés ont perdu leur retraite ou leur pension de guerre...
Oyez les toulousains! Viendez Lundi soir voir Pierre Cohen, Jean Luc Moudenc, Jean-Luc Forget, François Simon (sisi, il est encore vivant) et Myriam Martin répondre aux questions LGBT. Plus on sera, moins ils oseront "oublier" promesses et engagements, comme Douste-Blazy il y a 7 ans.
J'allais pondre un post en expliquant à quel point j'étais déconnecté de l'actualité politique, et que dans mes nuits de noctambule, je me shootais désormais aux documentaires de faits divers, tel Faites rentrer l'accusé, absolument captivant malgré le ton moralisant, où il est question de femmes qui tuent et désossent leur meilleure amie puis font bouillir la tête, et de couples d'amant-maîtresse qui suppriment le tiers gênant au petit feu, en l'empoisonnant lentement.
Puis ce "matin", au réveil, une petite grosse secousse m'attendait. L'actualité politique retrouve enfin ce goût excitant, surprenant et inquiétant des meilleurs moments : Cette nuit, Mariano Rajoy, candidat de la droite espagnole (PP) aux élections générales du prochain 9 mars, a annoncé en réunion interne, devant le bureau national, que le Maire de Madrid, Alberto Ruiz Gallardón, ne serait pas sur les listes. Ça ne vous dit probablement rien, mais c'est une page de l'histoire de l'Espagne qui s'écrit. D'un côté, et à court terme, la nouvelle me réjouit. Après la mise au placard ou la démission d'éléments modérés de la droite, comme le président du PP catalan, Josep Piqué, et du PP baléares Jaume Matas, l'exclusion du centriste Gallardón, surtout après son éclatante victoire aux municipales l'année dernière, avec 56 % des suffrages, prive la droite espagnole du réservoir de voix au centre, et semble lui ôter tout espoir de victoire dans 7 semaines.
Mais la nouvelle est, au fond, plutôt inquiétante. Sans fauteuil de député, Gallardón, jusqu'hier un des héritiers présumés de Rajoy, n'a aucune chance de récupérer les cendres du PP en cas de grosse défaite le 9 mars, et de nettoyer ce parti de son héritage franco-opusdéiste. C'est sa rivale historique, la très stupide Esperanza Aguirre (une Morano à l'espagnole), présidente de la communauté de Madrid et représentante du secteur hard, qui exultait hier soir. Comble de la jouissance, elle a pu assister en direct, entourée de ses proches, à l'annonce de Rajoy, et à l'effondrement de Gallardón : une scène savoureuse du spectacle politique, comme on les aime, grandeur et chute etc., et pas cet ennuyeux clip de K-maro qu'est devenue la politique française...
Et non, ce n'est pas la wii, mais un scanner, car oui, j'ai attendu 2008 pour me doter de ce sympathique appareil. Du coup, j'ouvre un nouveau blog (sans fermer celui-ci, qui est moribond, mais qui tel le phénix renaîtra un jour de ses cendre, enfin, j'espère).
Mes amis l'avaient bien compris : comme bonne résolution pour 2008, j'ai décidé de régresser allègrement et de pas toucher un livre (enfin, peut-être quelques uns, mais des faciles, avec des images et tout, et que j'ai vraiment envie de lire). Du coup, le jour de ma soutenance de thèse, en décembre dernier, j'ai reçu en cadeau le kit complet de la régression, une jolie sacoche Mario & Yoshi et une Wii avec les lapins encore plus crétins, le tout sous les yeux consternés de ma mère qui se demandait si son refus catégorique de m'acheter la NES ou la Super NES quand j'étais gamin n'a pas été contreproductif.
Puis vacances à Barcelone, d'où je rentre avec quelques jeux en plus pour mener à bien mon projet pour l'année. Hier soir, c'était le tour de Resident Evil 4. Mon homme dort tranquillement, j'ai le salon pour moi. J'éteins donc les lumières, je m'installe sur le canapé, et je me prépare à flipper ma race. Et il faut dire que j'ai flippé ma race. Ouverture sur une séquence d'animation avec le résumé des épisodes précédents, puis changement d'ambiance : exit Raccon city, son manoir et son complexe militaro-industriel. Là on est dans un "coin perdu d'Europe", plus concrètement en Espagne, si j'en crois à l'uniforme des deux policiers qui m'accompagnent dans ce 4 x 4. Bien réussi l'uniforme, c'est exactement ça. Puis un des deux flics se tourne vers moi et, dans un anglais avec un léger accent chicano mais parfaitement fluide, il commence à me narguer. Un flic espagnol parlant couramment anglais, et puis quoi d'autre !? Bon, on va mettre ça sur le compte de la licence poétique...
La voiture de police me dépose après avoir traversé un pont en bois et cordes (je sais, 4 x 4, pont en bois, willing suspension of disbelief), dans un paysage directement emprunté à Evil Dead, une forêt d'érables en automne, un sentier, une cabane en bois au bout, avec son porche et sa rocking chair, on respire vraiment l'air méditerranéen. Si je me souviens bien du film de Sam Raimi, le pont derrière moi ne va pas tenir longtemps, et je resterai coincé de ce côté du Styx, sans d'autre issue que plonger dans les gorges de l'enfer. C'est parti! je me familiarise avec les commandes, et j'avance vers la cabane. À l'intérieur m'attend un vrai hillbilly sorti tout droit de Délivrance. Le genre de truc qui me fout vraiment les jetons, parce que les égouts citadins des autres volets de la saga, pfff, chuis un urbain moi, je passe mes nuits dans les bas fonds, mais les crétins endogames du bout du monde, ça, ça me hérisse les poils.
Je tends à ce charmant monsieur la photo de la fille du président des États-Unis qui a été kidnappée et que je suis venu chercher dans ce coin perdu d'Espagne (willing suspension of disbelief, oui, ou alors un coup de l'ETA, le service de com du Parti Populaire explore cette piste). En guise réponse, il va chercher une hache à bois du côte de la cheminée puis se lance sur moi en criant avec un accent mexicain atroce un truc du genre "pinche cabrón, te voy hacer callar para siempre". Pinche cabrón! Si je n'étais pas trop occupé à trembler pendant que je me souviens que les zombies, les balles dans l'estomac ça les arrête pas vraiment, et que tiens, avec une balle entre les yeux tu rigoleras moins, raclure hispanique, je trouverais la scène hilarante. Un zombie qui parle en mexicain! C'est un peu comme si vous regardiez un film d'épouvante en québécois, ou en belge. Le bruit a alerté d'autres crétins endogames à l'extérieur. Une vieille pick-up Ford F-Série (typical spanish aussi) démarre, précipite la voiture des flics dans le ravin, fait exploser le pont, et me prive de toute solution de repli en cas de pépin.
Ils veulent la guerre? Ben ils vont l'avoir!
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)