Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

08/10/2007

08/10/07 - 17:15

Mode misanthrope [on]



Voilà, c'est fait, je suis inscrit sur les listes électorales pour les municipales toulousaines.
Paradoxalement, je décide de participer à la vie citoyenne française à un moment de ma vie où je ne cesse de caresser l'idée d'un retour à Barcelone.
Outre les raisons objectives de cette nouvelle lubie (au bout de presque 10 ans, je commence à me sentir à l'étroit à Toulouse, mais je n'ai aucune envie d'aller vivre à Paris), une raison plus profonde m'est apparue.

J'ai peur de devenir un vieil émigré aigri.

Je ne les comprenais avant, les vieux exilés républicains et les moins vieux, et même les carrément jeunes embauchés par Airbus, qui tout en habitant Toulouse, continuaient à vivre espagnol, manger espagnol, sortir espagnol et penser espagnol. La nostalgie, très peu pour moi.

Maeren affirmait, il y a quelques jours, qu'il ne se sentait pas citoyen du monde, ni même européen, qu'il était simplement français, que la culture française avait imprimé sa marque indélébile sur tous ses schémas de pensée. Je tente le même exercice d'introspection, mais en vain. Je n'arrive pas à définir quels sont mes schémas du monde, ni ma représentation du réel, tellement elle est fluctuante. Impossible donc d'établir s'ils sont plutôt franco-compatibles ou hispano-compatibles. Déjà faudrait pouvoir la définir, l'isoler, cette culture française ou espagnole pour savoir si je m'y reconnais. Mais intuitivement, j'arrive à cette conclusion : au-delà de la reconnaissance ou de l'identification, concepts très souvent répétés mais qui continuent à m'être étrangers, je réalise que je suis infiniment plus indulgent avec ce qui relève de l'hispanité.

C'est peut-être ça, le sentiment national, l'indulgence, au sens où malgré tous ses défauts, on sera toujours indulgents avec sa famille, parce que quelque part, c'est aussi être indulgent avec soi-même.
Les espagnols sont hystériques, polytoxicomanes, jemenfoutistes, et ont une facilité impressionnante pour se disputer entre eux et même pour s'entre-tuer sauvagement. Difficile de s'identifier. Mais j'ai grandi dedans, je sais gérer. Ces défauts, je les vois, je peux les analyser rationnellement, mais ils me touchent à peine. Au pire je pique une colère qui sera vite oubliée. Je suis indulgent.

Or si le sentiment national relève des relations familiales, la vie à l'étranger, comme le posait la très belle métaphore de Satrapi, relève elle de la relation amoureuse. Avec tous ses stades : découverte, drague, passion, épanouissement, phase un peu plan-plan pépère, et enfin, irritation permanente. Les défauts qui au début faisaient les charmes de l'autre finissent par devenir insupportables. Rien de très grave, pourtant, mais la vie commune finit par leur octroyer des dimensions exagérées.

J'en suis pas à ce stade mais.... Il faut dire qu'il y a un peu de laisser aller dans l'air ces derniers temps, ce pays ne fait plus grande chose pour me séduire. Je subis le débordement dégoulinant de patriotisme depuis les présidentielles jusqu'à la coupe du monde de rugby comme une agression sans cesse renouvelée. Je n'y peux rien, c'est mes réflexes pavlov de catalan : impossible d'imaginer à Barcelone un tel étalement de drapeaux espagnols (déjà il faudrait que l'Espagne gagne quelque chose, et comme ça ne risque pas d'arriver...).

Le problème, au fond, c'est la possibilité de désolidarisation, bien plus difficile dans sa terre natale : dès que ça tourne mal, on peut toujours se dire, cela ne me concerne pas, je ne suis pas français. Mais si ça ne me concerne pas, qu'est-ce que je fous ici?

commentaires

08/10/07 - 17:51

Avant que Napi ne le fasse: c'est misanthrope.

08/10/07 - 17:53

Problèmatique de l'expatriation. Intéressant pour le lecteur, mais difficile à comprendre, finalement, tant qu'on est pas à cette place, je crois...

Cependant, je ne peux que comprendre qu'un retour en tes terres barcelonaises commence à prendre l'avantage dans tes projections d'avenir... Déjà parce que j'admire le peu (ou le "clichesque", disons) que je connais de cette ville. Mais aussi parce qu'un retour aux sources, quand celles-ci semblent si attrayantes culturellement et sociologiquement, me parait inévitable tôt ou tard...
Je comprends aussi que l'excitation patriotique actuelle renforce par moments un certain malaise, ou du moins décalage.
Par contre, il me semble que les comportements patriotiques exacerbés de supporters enivrés (au sens propre comme au figuré) sont aussi légions sur la Rambla (tu t'en étais d'ailleurs fait toi-même écho ici...).

08/10/07 - 18:12

Merci l'avocat, et comme j'assume, j'efface même pas ton com.

Sinon, Fabulous, il est vrai que sur les Ramblas sont fêtées en grande pompe les victoires du Barça. Est-ce un débordement patriotique? les racines sont en tout cas les mêmes, et c'est tout aussi débile, mais malgré tout, la violence institutionnelle n'est pas la même...

08/10/07 - 19:48

Je suis de plus en plus agaçé par les cortèges klaxonnant des soirs de matches de coupe avec drapeaux au vent,
j'ai été énervé par la proposition de Ségolène de mettre un drapeau dans chaque salon,
le post de Maeren m'a pas mal surpris,
la culture et les "valeurs" françaises n'ont d'intérêt et d'originalité que dans les relations qu'elles ont nouées avec les voisins, proches géographiquement ou lointains; c'est ce qui leur donne du sens.
L'isthme français est et a toujours été, avant tout, un lieu de passages et de mélanges.
Je ne comprends pas bien ce retour du brave soldat Chauvin, qu'on flaire un peu partout.

08/10/07 - 20:31

Faut arrêter les introspections superfétatoires là... :)

Et puis t'es qu'un "pervers"... T'inscrire pour les municipales... Etait-ce bien nécessaire ? Comme si la cause n'était pas déjà entendue pour Toulouse... ;)

09/10/07 - 11:04

J'ai cru que Dorant parlait de Napo... ^^

09/10/07 - 13:30

Buenas Asbel!

¿Cómo va la vida de casado? jejeje. Vuelvo a escribir en mi blog. Si te apetece entrar, estás invitado.

Saludos

Ecue

09/10/07 - 17:24

MDRRR Fabulous (mais chut hein... ;)))

12/10/07 - 18:41

totalment d'acord. I jo només porto tres anys vivint a mèxic! S'ha de dir que Mèxic té defectes més irritants que França (bueno, no sé...). Però tal qual, el que abans em semblava divertit em comença a tocar la moral. El que abans em semblava que aviat passaria, ara em sembla complicat de canviar. Falses ilusions de canvi, moviment. No faig més que recordar la cara i les paraules de la tia dels sansalvador chinchilla, la piluca, que després de 30 anys o més de viure aquí, tenia un discurs absolutament dessolidaritzat, com dius tu: exilée aigrie.
MMMMMUUUUUUAAAA!!!!! La sister!

17/10/07 - 15:49

Gordaaaaaaaaa!

bueno, ja en parlarem llavors.
Ens veiem d'aquí 30 anys, quan el dos serem dos vells amargats :P

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Asbel, prince impérial de Péjite,
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Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


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