week-end barcelonais
Je ne sais pas vers où va Barcelone mais elle y va, et dans la joie et la bonne humeur.
La mairie socialiste est victime de son propre succès. Si dans les années 80 et même 90 son projet pour la ville était clair, là, elle ne peut que tenter de gérer, impuissante, le parfum de liberté (avec ses débordements) qui s'y respire et qu'elle a elle-même participé à instaurer. Elle classifie et catégorise cette liberté. Zones désignées pour les chanteurs de métro, permis bureaucratiques pour la vente ambulante, distribution rationnelle des spectacles de rue sur les Ramblas, contrats passés avec les squats, limitation des zones de botellón pour tenter de préserver les grandes places, pissotières gratuites pour des hordes de jeunes ivres toute la nuit. Mais rien n'y fait, la liberté se résiste à rentrer dans des cases dans une ville où tout change trop vite. Et cette peur commence à germer dans l'esprit des barcelonais : deviendrons-nous le prochain Amsterdam, ou pire, le Tijuana d'une jeunesse européenne désoeuvrée?
Et un des sommets annuels dans le débordements et l'excès, c'est sans doute la verbena de la Saint-Jean. Pour éviter que la lumière disparaisse et le silence s'installe pendant la nuit la plus courte de l'année, des millions de catalans sortent dans la rue armés de feu et de pétards, disposés à en découdre avec tout ce qui est fragile ici-bas. Beaucoup poussent jusqu'au bord de mer, où sur plusieurs kilomètres de plage, les feus improvisés vaincront jusqu'au petit matin l'obscurité, et l'odeur de poudre envahira l'air. Le prix à payer sera lourd : ce matin nombreux sont ceux qui se sont réveillés à l'hôpital. Ce vieux bourré, par exemple, qui voulait imiter les jeunes et à sauter pied-nus sur le feu, sans réaliser que ces jambes n'ont plus vingt ans. Moi-aussi à 12 ans j'avais fini un 24 juin au petit matin aux urgences, portant dès ce jour, comme tout petit catalan, la marque du feu.
24/06/07 - 22:17
ca me rappelle cette histoire de vieille SDF brûlée vive par des petits cons qui voualaient "la réchauffer", l'an dernier...
enholio