Persepolis, ou l'arbitraire dans ma vie
Petit frémissement mondain ce soir à Toulouse. C’était l’avant-première de Persepolis au Gaumont, et dans cette petite ville rose, c’est un micro-évènement. A la fin du film, qui ma foi, était assez bien, Marjane Satrapi reste dans la salle pour le tour de question canonique. Sa personnalité est assez haute en couleur pour susciter quelques échanges intéressants, même si on n’arrive pas à éviter les sempiternelles questions sur les sources d’inspiration, la technique utilisée, et je ne sais quelles autres banalités. Beaucoup tournent autour du débat interculturel, une déclinaison intellectualisée de cette question toute simple : est ce qu’elle préfère la France ou l’Iran ? C’est alors que Satrapi balance une réponse qui me scotche tant elle fait écho à mes propres sentiments.
« Voilà, l’Iran, c’est comme ma mère, elle peut être hystérique, castratrice, mais c’est ma mère, et elle m’accompagnera toute ma vie. Elle marquera à jamais mon existence. La France, par contre, c’est comme ma femme. J’habite avec elle, maintenant, j’y suis plus ou moins heureuse, mais le lien qui m’y rattache n’a rien d’absolu, il est réversible, je peux changer de femme »
C’est ce manque d’absolu, la contingence indépassable de ma vie en France qui m’avait frappé assez douloureusement pendant la campagne présidentielle. Je ne suis pas français. Pour la première fois, cette vérité s’impose, et pour la première fois, je réalise que, qui sait, mon avenir n’est peut-être pas dans ce pays. Et on sait à quel point ça surprend la première fois que, dans une relation amoureuse, on se met à envisager une fin éventuelle. Peut-être qu’on ne vieillira pas ensemble. Peut-être que ce n’est pas l’homme de ma vie.
Si demain, ou dans un an, ou dans dix ans, je rentre, ou je pars découvrir d’autres horizons, ça me fera une belle histoire, une histoire assez longue quand même, une histoire qui m’aura marqué certainement, mais une simple histoire malgré tout, un épisode de ma vie parmi tant d’autres.
13/06/07 - 01:00
Tu n'es pas Français ?
Mince alors, c'est balot parce qu'il parait que ça redevient à la mode...
Enfin, juste en France...
theopiscence