Asbel aime les gens ringards et la vie ringarde
La ringardise, quand vous la choppez, ça ne vous lâche pas, c'est comme les morpions, ça s'accroche.
C'est devenu l'étalon magique pour évaluer, l'échelle de mesure universelle.
On a l'habitude d'entendre que dans notre société, on évalue les gens en fonction de ce qu'ils ont, et non pas de ce qu'ils sont. Foutaises! On les évalue en fonction de ce qu'ils n'ont plus : plus de vieux carcans, plus de vieilles idéologies, plus de vieux schémas amoureux, plus de vieux complexes et de vieux refoulements, plus de kilos. L'impérative libération personnelle et le grand bonheur qui l'accompagne passe par le délestage du navire.
Et tout y passe, la culture, l'amour, et même la politique
Il me semble qu' on devrait mesurer la qualité d'un programme en fonction de sa justice ou au pire, de sa prétendue efficacité. Aujourd'hui on ne regarde que son degré de nouveauté. Ou sa capacité à sembler nouveau, plutôt, car on sait bien, Nihil novi sub sole.
Au PS on a choppé cette saloperie. On est ringards. Toute la gauche l'est, sauf peut-être la LCR : ils sont jeunes et beaux et profitent du jeunisme ambiant pour transformer leur incontestable travail de terrain en fagocitage inéluctable du PCF et de LO.
Pourtant, il y a trois ans, c'était nous qui ringardisions. Ok, c'était facile, on avait Raffarin en face, méprisable à souhait. Ze no needs ze yes : tout est dit. Puis, au lieu de continuer naturellement à mépriser la droite, à se gausser d'elle, à commenter la dernière bourde de Bachelot ou de Douste-Balzy, on s'est mis à en avoir peur. À craindre le danger Sarkozy. Grave erreur stratégique! Il y a une volupté, un incontestable frémissement de plaisir à faire peur et à se faire peur. D'ailleurs, le PCF n'est-il pas mort quand il a perdu cette capacité?
La ringardise, par contre, c'est moins sexy. Ringardisons donc nos adversaires, au lieu de les craindre. Nous avons 5 ans pour les tourner systématiquement en ridicule, et au vu de ce nouveau gouvernement de minables, les occasions ne manqueront pas.
04/06/07 - 18:10
"Grave erreur stratégique! Il y a une volupté, un incontestable frémissement de plaisir à faire peur et à se faire peur." Oui! Absolument...n'a t-on pas dit en 68 "soyons cruels"? La reconquête passera par là: retrouver le goût du sarcasme, avec un peu de sang sous les ongles...Et pour ce qui est de la Ligue, nous ne faisons que récolter les fruits de notre boulot militant (même si tous ne sont plus très jeunes, et pas bien beaux, enfin surtout dans mon cas, disons...)
CSP (visiteur - site web)