Asbel n'aime pas plus la politique
Bon, là, faut être réaliste, et bien évaluer les différentes stratégies de survie qui s'offrent à moi.
Le plan "j'ouvre une maison d'hôtes sur une île isolée de la méditerrané-é-é" ou sa variante "je pars vendre des coquillages sur les plages de Formentera", on va pour l'instant l'écarter. Déjà, bizarrement, mon homme n'est que très moyennement enthousiaste (salaud! brise-rêves!). Et il faudrait de surcroît qu'un jour je me décide à grandir dans ma tête.
Le plan "je quitte ce pays de merde et je rentre en Espagne", ne semble pas très intelligent non plus. Outre les difficultés pratiques que cela engage, mais qui devraient être dépassables avec un peu de volonté, l'idée est bancale à la base. Certes, la France d'aujourd'hui n'a plus grande chose à voir avec celle où j'ai débarqué voilà bientôt 10 ans, et je me suis fait grave rouler sur la marchandise. Bienheureux les jours insouciants de mes 18 ans, de la France de Jospin, et du monde avant le 11 septembre! N'empêche, c'est bien tout l'occident qui semble aujourd'hui pris d'une virulence ultra-réactionnaire, et je ne suis pas loin de penser que le jour où l'Iran et le Paquistan raseront Paris, Londres ou New York de la surface de la terre, on l'aura largement mérité. Bref, rentrer en Espagne ne me met pas à l'abri d'un retour aux affaires de la droite européenne la plus rance et immoral qui soit (si, si, plus que la française ou l'italienne, je vous assure!).
Or si l'exil à l'étranger n'est pas à l'ordre du jour, une dernière possibilité d'évasion s'offre encore à moi. Après un bilan rapide de mon rapport au politique pendant ma courte vie d'adulte, je réalise que j'étais bien plus zen quand je m'en foutais royalement. Ma rencontre décisive avec mon homme, qui m'a ouvert les portes du bonheur, m'a aussi mis en contact permanent avec une actualité que je ne suivais auparavant que d'un oeil distrait. Force est de constater que cela n'a pas contribué à mon apaisement. Une pollution sonore émanant des chaînes d'information que mon homme ingurgite en boucle entrave ma recherche de tranquillité. Si jusqu'à aujourd'hui j'ai respecté amoureusement son addiction, lundi ça va devenir au-dessus de mes forces. Naboléon nous a déjà annoncé son intention de communiquer en permanence avec la nation s'il est élu, et de ne pas se bunkériser à l'Élysée comme ses prédécesseurs. Ne se contentant pas de nous pourrir la vie, il poussera le sadisme jusqu'à remuer le couteau dans la plaie en continuant à nous montrer sa sale tronche de VRP aux infos après les élections. Lundi, il va donc y avoir de fortes chances pour que la télé finisse aux ordures.
PS : en attendant, je suis effectivement allé allumer un cierge à Notre Dame du Taur. J'ai réalisé à posteriori que je l'ai fait devant saint Antoine de Padoue, un franciscain, presque un socialiste donc, et qui de surcroît aime bien les enfants, comme Ségolène. Saint Antoine, tu ne peux donc qu'adhérer à notre cause et utiliser ton pouvoir d'intercession en notre faveur.
04/05/07 - 20:27
Ne jamais quitter le navire quand celui-ci coule !
Bon, je retourne tracter, moi ! ^^
gawoul