Asbel n'aime pas ne comprends pas les français
Plus je m'interesse à la politique française, et moins je la comprends, à tel point que je me demande si le comble de la francitude pour un étranger, à savoir, le très respectable général De Gaule, n'a pas fait un tort irréparable à ce pays en instaurant un régime présidentiel avec élection du président au suffrage universel direct, et en ancrant par là durablement dans la conscience des français le mythe ridicule du grand rassemblement derrière un home.
N'ayant jamais vécu d'entre-deux tours, je découvre aujourd'hui l'ampleur de la schizophrénie des français. Il me semble hautement paradoxal que le pays européen avec le clivage gauche/droite le plus virulent, où le mot consensus a disparu de tous les dictionnaires, soit en ce moment-même le théâtre d'appels incantatoires au grand rassemblement, par-delà les clivages, et ce dans les deux camps.
L'Espagne est était un pays de consensus (avant que l'incapacité de la droite à digérer sa défaite de 2004 et son obstination à mener une opposition infecte le fasse voler en éclats), bâti sous le spectre menaçant de la guerre civile. Or même dans un pays à la tradition consensuelle comme le mien, j'imagine mal Felipe, ou Aznar ou Zapatero nous servir un discours où ils se présenteraient en présidents de TOUS les espagnols sans distinction, des espagnols de droite comme des espagnols de gauche, en rassembleurs de tous les camps. J'imagine à quel point se couvrirait de ridicule celui qui tenterait de faire gober à l'opinion publique une niaiserie pareille. Et je ne comprends pas comment Sarkozy peut présenter tout fier à la presse la création d'un "pôle de gauche" (sic) dans son équipe de campagne, sans qu'on lui rit franchement au nez. J'ai l'impression que la France nage dans une joyeuse confusion idéologique que cette élection n'aura sans doute pas aidé à éclaircir.
02/05/07 - 06:26
Et un homme politique ultra-libéral qui cite Jaurès et Blum, c'est aussi tordant, non ?
gawoul