Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

19/04/2007

19/04/07 - 15:45

Où il est question de foutre, de foutre, de foutre, et un peu de politique





Bienheureux les parisiens qui peuvent se rendre à l'exposition temporaire sur Gengoroh Tagame! J'avais déjà évoqué il y a quelques mois à quel point m'excitaient la curiosité intellectuelle suscitée par les nouveaux mangas gays, loin des niaiseries yaoi. J'étais tombé sur l'oeuvre de Jiraiya au hasard d'une promenade dans le Barri Gòtic barcelonais qui s'était finie à la librairie Antinous, et je fus immédiatement séduit. Comment ne pas tomber sous le charme de ces danseurs-exorcistes traditionnels, de ces lutteurs de sumo, de ces pêcheurs à l'ancienne, de ces kamikazes viriles... et de ces joueurs base-ball (le sport national japonais)?
Malgré le fort exotisme que dégageait l'ensemble et malgré l'emploi systématique de l'hyperbole, lié aux conventions du genre érotique, j'y voyais une certaine forme de vérité totalement absente de nos pompiers, policiers, banquiers, soldats, et autres uniformes qui personnellement ne m'évoquent plus grande chose.

C'est donc avec joie que je compense aujourd'hui ma non-assistance à cet événement parisien par l'achat du gros volume L'imaginaire érotique au Japon. Ce travail d'Agnès Giard (il y a des filles chelous dans ce monde, je vous dit!) ne peut qu'être jouissif pour tous ceux qui comme moi ont vécu les bouleversements de l'adolescence sous influence culturelle nippone. En effet, mon premier contact avec quelque chose de vaguement pornographique fut le Japanime Urotsukidoji, dont la cassette VHS était échangée à tour de bras dans les couloirs du Lycée Français de Barcelone. Il y était question d'un Chôjin gigantesque aux cent mil bites qui allait anéantir l'humanité dans un apocalypse de foutre. On s'étonnera après que je sois devenu pédé!J'ignore d'ailleurs par quel miracle mon école n'est pas devenu un nid de serial killers et autres psychopathes, mais bon, il paraît que le Japon affiche un des taux le plus bas au monde en crimes sexuels et en actes de violence en général..

Je n'ai pas encore feuilleté le chapitre intitulé "l'eau et les tentacules", où je retrouverai assurément ces monstres libidineux qui ont donc perturbé peuplé mon adolescence. Mon attention a été immédiatement et compréhensiblement attirée par Ze dossier phare, illustré par les beaux dessin de Tagame et consacré à la crise de la masculinité. On y apprend sans surprise que la défaite japonaise de 45 face aux américains a été vécu comme une humiliation sans précédents, une sorte de castration symbolique opérée de surcroît par des GI blacks auxquels l'imagination populaire attribuait (quelle surprise!) des membres surdimensionnés, laissant un pays d'eunuques, de salarymen que la surconsommation de saké empêche de bander. Plus intéressant, on apprend aussi que l'armée d'occupation a imposé l'abandon du sous-vêtement traditionnel, le fundoshi, pagne barbare à leur yeux car ne cachant pas le derrière. Le destin réservé à ce curieux habit est révélé en conclusion de l'introduction, par une phrase à la formulation géniale :
"Le Fundoshi est devenu l'étendard des derniers vrais hommes, (qu'on me pardonne de les mettre côte à côte) : les gays et les nationalistes."
Je ne peux que succomber à ce mélange de politique et de sexe, et continuer de me poser les mêmes questions : existe-t-il quelque chose sur ce monde échappant à la lecture érotique? et inversement, existe-t-il quelque chose sur ce monde échappant à la lecture politique?

commentaires

19/04/07 - 17:49

A cette dernière double question, je m'empresse de répondre : OUI, les documentaires animaliers.

19/04/07 - 19:21

Très intéressant tout ça !
Plus une société censure ou interdit les images pornographiques, plus elle devient chargée érotiquement, visiblement. Une sorte de transgression sociétale qui rend le Japon très libidineux aux yeux de certains ailleurs dans le monde...

19/04/07 - 20:52

Vive le fûûûtre !

20/04/07 - 09:10

A cette dernière double question, je m'empresse de répondre : OUI, Dibi himself!

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L'Homo Asbelus
tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
aime la musique :



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