Bar - ciel - onde
Peut être que c'est vrai qu'en Espagne il fait toujours beau.
Pourtant, c'était pas gagné quand on s'est arrêté mettre de l'essence à La Jonquera, à peine franchis les Pyrénées. Un petit déluge qui nous oblige à trouver refuge à la cafétéria.
Je suis en voiture avec S, charmante italienne un peu fofolle que j'ai connue sur un site Internet (de covoiturage, gros obsédés). Pendant qu'elle parle, dans une longue logorrhée que je ne ponctue qu'occasionnellement, je me demande, en pensant à Lorenza, si italienne et un peu fofolle n'est pas un pléonasme.
Comme moi, S a quitté depuis bientôt 8 ans l'Italie pour s'installer en France. Elle sort d'une grande école de commerce, a fait son MBA et son chais pluquoi, mais de sensibilité plutôt à gauche, elle refuse des postes dans le privé et préfère un travail moins bien payé mais plus confortable à la SNCF. Elle a besoin de vacances pour sillonner l'Amérique Latine en routarde. Son copain, d'ailleurs, a soudainement lâché son poste dans un cabinet d'audit pour faire la route de la soie en vélo, et passer quelques jours, au passage, dans des montagnes afghanes en guerre.
La crise des cadres, des cols blancs? Je ne peux que penser à C, cette gamine que je connais depuis qu'elle est née, une amie de la famille. Au grand dam de ses parents, elle vient de refuser un poste tout prêt à la City à faire circuler de l'argent, pour aller travailler pour le gouvernement du Mozambique, et l'aider à développer le pays.
Tout espoir n'est pas perdu donc?
Les tunnels de Vallvidriera traversés, nous arrivons sur la Ronda de dalt, qui surplombe Barcelone. Je vois enfin ma mer, ma ville, sous un grand soleil. Je viens de prendre 10 degrés dans la gueule. Je tente de me rappeler qu'est ce qui m'a poussé à partir. Quelle est cette envie qui nous pousse à partir loin des siens? Cette question m'obsède de plus en plus, à mesure que je vois la belle société française s'aigrir, les tensions sociales monter progressivement dans l'hexagone. Rentrer? Peut-être… Un beau Sarko-Le pen au deuxième tour, et comme les rats, je quitte définitivement le bateau qui coule.
31/03/07 - 16:24
Qu'est-ce que tu nous dis là !?
Mais non, la gauche va revenir au pouvoir et tu seras heureux de poursuivre ta vie française...
Remarque, de mon point de vue, c'est vrai qu'il est assez inconcevable de quitter Barcelone !...
fabulous