Le clan, en un seul point.

Nuestras vidas son los ríos
que van a dar en la mar,
que es el morir
Bachelard avait raison, les images les plus évocatrices puisent leur force poétique dans un des quatre éléments, et il y en a toujours un qui nous parle davantage. Dans mon cas, comme pour Gael Morel, c'est sans doute l'eau.
L'eau du petit ruisseau, tout près de la source, sur les rives duquel Hicham et Olivier filent le parfait amour, le premier, le plus fort.
L'eau de l'écluse, dans laquelle Olivier et son frère jettent les cendres de leur mère, pour qu'elle rejoigne enfin la méditerrané-é-e.
Et entre le ruisseau et l'écluse, les eaux du lac, omniprésent.
Les eaux du lac dont Olivier fixe avec persistance la surface, comme pour en percer le secret, pour découvrir ce que cachent les profondeurs.
Les eaux dormantes et boueuses du lac, verdâtres comme les murs de l'appartement familial.
Peut-être qu'elle est là l'erreur d'Hicham. Aimer trop près du lac. Rien d'étonnant par ailleurs, après tout, n'est t-il pas un ami de la famille? Olivier et Hicham se rencontrent donc sur les digues, et baisent dans les cabanons à la plage (Arf. Je ne m'en remettrai pas de cette scène).
Pourtant ils tentent bien de s'en éloigner. Ils feront du parapente, il s'envoleront dans les cieux. L'image est un peu vieillote, mais habilement exploitée. Dans le centre de parapente, Olivier a peur. Le moniteur le rassure : "c'est toujours comme ça, la première fois, mais ton copain là, il est doué" (au vu du corps de Salim Kechiouche, je veux bien le croire). Il poursuit. "Je parie que tu vas adorer, que tu reviendras, et c'est moi qui t'offrira ton deuxième vol". Petit coquin va!
Dernière scène, tout dernier plan : du haut de la montagne, Olivier fixe une dernière fois le lac, avant de se retourner vers le moniteur qui l'appelle, et qui nous fait comprendre que ce n'est pas en parapente qu'il va lui faire découvrir à notre héros le septième ciel.
28/03/07 - 18:31
Vous faites un bon critique cinéma, Mr Asbel !
(bon, plutôt dans Têtu que dans Le Monde, mais c'est accessoire...)
fabulous