Muchos años después, frente al pelotón de fusilamiento...
Bien des années plus tard, je n'ai pas de glace à me souvenir, ni de péloton à défier, mais je relis avidement les Cent ans de solitude, et je me souviens.
C'était quand déjà? Je devais avoir 13 ans, j'étais en 4ème, j'avais fièrement rendu une fiche de lecture à une prof remplaçante. C'est que le petit Asbel ne lisait plus des livres pour enfants et tenait à le montrer! Elle a du bien rigoler la prof, car à 13 ans on n'a pas froid aux yeux, et je m'étais improvisé critique littéraire, en expliquant que le livre était mal écrit car avec tous ces générations d'Aurelianos et Arcadios, à la fin on perdait le fil.
Bref, je n'avais rien compris au livre, ni à sa portée. Mais peut-on dire pour autant que j'en ai rien tiré? J'en doute. En le relisant aujourd'hui, 15 ans plus tard, je réalise à quel point j'en gardait un souvenir assez fidèle, et à quel point les histoires magiques de Macondo ont façonné mon imaginaire d'adolescent.
Toutes les scènes érotiques en particulier (non, pas toutes, le premier inceste entre Amaranta et son neveu a subi la loi impitoyable du sur-moi) m'avaient suffisament marqué à l'époque pour qu'elles restent gravées dans le partie la plus dure de mon cerveau. Surtout cette jeune fille, prostituée, dont le lit a vu passer en une nuit tellement d'hommes que la sueur dégouline sur les draps et qui préfigure déjà des fantasmes à venir.
À la même époque, un autre livre que je n'ai évidemment pas compris non plus participait aussi à fixer mon imaginaire érotique. De La Peste de Camus, j'en garde qu'une seul souvenir, mon premier émoi homosexuel : deux hommes, deux docteurs épuisés, quittent Oran quelques heures et dans une crique reculée et déserte se déshabillent et profitent d'un évocateur bain de nuit dans la Méditerrané-é-e...
15/03/07 - 12:31
L'enseignante a peut-être plus souri que rigolé. L'éducation sert à développer l'esprit critique. Une info intéressante pour interpréter tes rêves : le fait de se souvenir du bouquin. Tiens, j'avais oublié cette scène de Camus.
joelsud