Où Asbel se souvient de la première fois qu'il a entendu le mot communisme
C'était en cinquième, en cours d'histoire-géo. Un élève plus intelligent que la moyenne avait du poser une question gênante, ou peut-être avait-elle besoin de s'exprimer sur ce point, je ne m'en souviens plus. Le fait est que la prof avait soudain adopté une attitude solennelle, comme pour signifier que là, c'était plus de la rigolade, qu'elle nous parlait en adultes, en complices presque, car elle se disposait à briser la règle qui veut qu'à l'école, on ne parle pas politique. Elle voulait nous expliquer l'échec de l'idéal communiste, ce qu'elle a fait en ayant recours au lieu commun le plus éculé, à savoir, que dans les sociétés communistes, on pouvait être ingénieur ou caissier, c'était presque pareil niveau salaire, et que celà ne motive pas vraiment les gens au travail.
Longtemps j'y ai cru dur comme fer. Surtout que ce début d'interprétation était efficacement relayé par des parents de centre-centre, à la valeur travail solidement ancrée. Je pense que même pendant mes quelques années vaguement rebelles je continuais à en être intimement persuadé. J'ai du en être persuadé jusqu'à mon entrée dans la vie active, c'est à dire dans le monde de l'enseignement. C'est alors que j'ai compris que l'argent, peut être qu'au fond on s'en fout, et qu'une société peut parfaitement fonctionner en ne lui accordant qu'une importance relative. Il suffit de le remplacer par des valeurs équivalentes comme l'honneur, le prestige, la carrière, tout ce qui peut flatter notre narcissisme, et le tour est joué, le dynamisme assuré.
J'étais vendredi dernier à une AG à la fac, et je tentais de comprendre les tenants et les aboutissements d'un conflit assez complexe. Soudain, je pense à ce film, la Vie des autres, sur l'Allemagne de l'Est, qui me travaille depuis quelques semaines. Et j'identifie les similitudes avec la situation que je vis. Dans les conflits qui traversent le film, le enjeux d'argent sont totalement absents. Ça n'empêche pas tous les personnages d'êtres des carrieristes chevronnés, des ambitieux attestés. Mais voilà, ce qui est proprement insupportable dans cette RDA communiste, outre le régime liberticide, c'est la façon dont ces carrières politiques, artistiques, ou professionnelles, se font et se défont. Les deux fondements d'une belle carrière dans tout système, à savoir, la valeur effective du travail fourni, et le calcul politique d'influences, se trouvent là dans un rapport totalement désequilibré en faveur du deuxième. Pour monter, faut siéger à tel conseil, bloquer telle information, être ami avec un tel, et faire un coup bien fourbe à tel adversaire. Domaines dans lesquelles je ne saurai malheureusement jamais exceller.
C'est sûr qu'il ne faut pas confondre motivation et compétition. Et souvent cette confusion est véhiculée par le sport. Enfin, le sport mal présenté pas les médias, pas seulement les médias.
Le communisme a échoué tout simplement parce que la dictature qu'elle soit du prolétariat, d'un despote éclairé, de droite, de gauche, est un système inefficace qui permet aux élites de ne pas se renouveller.
"J'ai du en être persuadé jusqu'à mon entrée dans la vie active, c'est à dire dans le monde de l'enseignement. C'est alors que j'ai compris que l'argent, peut être qu'au fond on s'en fout, et qu'une société peut parfaitement fonctionner en ne lui accordant qu'une importance relative."
D'autant que les différences sociales ont continué à exister dnas les pays communistes. L'élite sociale a changé mais il y a toujours eu une élite qui ne vivait pas dnas les apparts communautaires, qui roulait en voiture, qui se sentait valorisés culturellement, qui prenait soin de l'éducation de ses enfants etc. etc.
Bref une bourgeoisie.
Si les pays communistes avaient réellement abolis la bourgeoisie ils n'en seraient pas là.
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)
05/03/07 - 18:13
C'est sûr qu'il ne faut pas confondre motivation et compétition. Et souvent cette confusion est véhiculée par le sport. Enfin, le sport mal présenté pas les médias, pas seulement les médias.
joelsud