Où Asbel se sent tout petit face aux allemands
Très ému par La vie des autres. A chaque fois que les yeux de cet agent de la Stasi est allemande s'illuminaient, révélant enfin son individualité, je ne pouvais m'empêcher de verser une larme. Le film me travaille les heures d'après. Une scène m'a marqué particulièrement, niveau politique. Après la chute du mur, les autorités ouvrent les dossiers de la police secrète, et les citoyens sont invités à les consulter, découvrant même s'ils le désirent le nom de l'agent qui les espionnait. Je suis admiratif devant la capacité de ce grand peuple allemand à tourner encore une fois avec courage et lucidité une page sombre de son histoire.
Et je ne peux que comparer avec mon pauvre pays, qui, 30 ans après, peine encore à approuver une loi pour la mémoire historique. Je repense à ce reportage sur Pink TV, au sujet de la persecution des homosexuels sous le franquisme. Un des interviewés explique que dix, quinze ans après la mort du dictateur, il se fait arrêter pour un contrôle d'identité, et il entend, sur la radio de la police, sur le ton de la rigolade, "eh, les gars, faites attention, c'est un pédé". Se renseignant sur l'origine de cette information, il apprend que les dossiers de la police franquiste sont encore utilisés. Il va dès lors bouger mers et montagnes pour accéder au sien et le brûler symboliquement.
Certes, la déconstruction du régime communiste en Allemagne de l'Est se fit sous la protection rassurante de la RFA. Par opposition, pendant la transition démocratique espagnol, l'ombre de l'armée et de la guerre civile s'insinuait partout et la peur était encore bien présente. Mais je me dis que si en 82, les socialistes avaient eu un peu plus de couilles, les franquistes, leurs enfants et leurs petits-enfants ne dirigeraient pas aujourd'hui encore le deuxième parti politique espagnol.
18/02/07 - 13:27
Je suis admiratif devant la capacité de ce grand peuple allemand à tourner encore une fois avec courage et lucidité une page sombre de son histoire.
"Mais je me dis que si en 82, les socialistes avaient eu un peu plus de couilles, les franquistes, leurs enfants et leurs petits-enfants ne dirigeraient pas aujourd'hui encore le deuxième parti politique espagnol.
Pas très cohérent tout cela...
Quoi qu'il t'en coûte, c'était le juste prix à payer pour une réconciliation nationale...
napinapo