Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

18/02/2007

18/02/07 - 13:08

Où Asbel se sent tout petit face aux allemands


Très ému par La vie des autres. A chaque fois que les yeux de cet agent de la Stasi est allemande s'illuminaient, révélant enfin son individualité, je ne pouvais m'empêcher de verser une larme. Le film me travaille les heures d'après. Une scène m'a marqué particulièrement, niveau politique. Après la chute du mur, les autorités ouvrent les dossiers de la police secrète, et les citoyens sont invités à les consulter, découvrant même s'ils le désirent le nom de l'agent qui les espionnait. Je suis admiratif devant la capacité de ce grand peuple allemand à tourner encore une fois avec courage et lucidité une page sombre de son histoire.
Et je ne peux que comparer avec mon pauvre pays, qui, 30 ans après, peine encore à approuver une loi pour la mémoire historique. Je repense à ce reportage sur Pink TV, au sujet de la persecution des homosexuels sous le franquisme. Un des interviewés explique que dix, quinze ans après la mort du dictateur, il se fait arrêter pour un contrôle d'identité, et il entend, sur la radio de la police, sur le ton de la rigolade, "eh, les gars, faites attention, c'est un pédé". Se renseignant sur l'origine de cette information, il apprend que les dossiers de la police franquiste sont encore utilisés. Il va dès lors bouger mers et montagnes pour accéder au sien et le brûler symboliquement.
Certes, la déconstruction du régime communiste en Allemagne de l'Est se fit sous la protection rassurante de la RFA. Par opposition, pendant la transition démocratique espagnol, l'ombre de l'armée et de la guerre civile s'insinuait partout et la peur était encore bien présente. Mais je me dis que si en 82, les socialistes avaient eu un peu plus de couilles, les franquistes, leurs enfants et leurs petits-enfants ne dirigeraient pas aujourd'hui encore le deuxième parti politique espagnol.

commentaires

18/02/07 - 13:27

Je suis admiratif devant la capacité de ce grand peuple allemand à tourner encore une fois avec courage et lucidité une page sombre de son histoire.

"Mais je me dis que si en 82, les socialistes avaient eu un peu plus de couilles, les franquistes, leurs enfants et leurs petits-enfants ne dirigeraient pas aujourd'hui encore le deuxième parti politique espagnol.


Pas très cohérent tout cela...

Quoi qu'il t'en coûte, c'était le juste prix à payer pour une réconciliation nationale...

18/02/07 - 13:43

En matière de réconciliation nationale, outre la RDA, l'Afrique du Sud, par exemple, a fait bien mieux...

Le problème n'est pas de faire payer les franquistes, je suis pour le pardon, effectivement, pour motif de réconciliation. L'amnistie générale.

Le problème, c'est de refuser de faire la lumière sur le passé, par peur. Tourner la page sans la regarder. Ne pas ouvrir d'enquêtes. Ne pas ouvrir les dossiers. Ne pas dédommager les victimes. Ne pas RECONNAITRE les victimes, ce qui est encore la position officielle du PP aujourd'hui. Les hommages aux victimes, sont d'après eux, des manipulations de gauchistes...

18/02/07 - 16:10

En te lisant, ça me confirme qu'on voit sans doute la grandeur des pays et de leurs peuples, leur avancée, à leur capacité d'auto-critique, de retour critique sur leur histoire, de reconnaissance des torts (en politique intérieure ou extérieure)...

Chaque pays a son histoire, ses difficultés, ses erreurs.
Ce film - comme d'autres précédemment - est un exemple de regrde retrospectif critique mais qui ne sombre pas inutilement dans le noircissement du tableau...

La France se rassure depuis 60 ans en se disant qu'elle a résisté aux Nazis, alors que la grande majorité se taisait (et je ne juge pas cela, je n'aurais pas forcément fait mieux).
La France a énormément de mal à revenir sur son histoire coloniale autrement que par un angélisme malsain d'un côté ou une auto-flagellation inappropriée de l'autre...

18/02/07 - 17:55

>"Quoi qu'il t'en coûte, c'était le juste prix à payer pour une réconciliation nationale..."

C'est faux et partisan. Les bourreaux doivent payer, sinon la société se bâti sur l'injustice et les garde-fous sont moins solides pour empêcher le retour de la barbarie.

18/02/07 - 20:16

Fabulous.

Le travail de démystification de la France résistante a quand même largement été entamé depuis quelques années.

L'histoire coloniale pose encore un certain nombre de problèmes mais ça commence aussi à se faire.

Pas dans le "grand public" à qui on fait ponctuellement semblant de faire découvrir qu'il y a eu des femmes tondues à la libération, des collabos et des massacres coloniaux ainsi que des troupes indigènes...

Mais bon... les choses avancent et la mémoire a besoin de temps pour se mettre en place.

Je coris que la grande différence avec l'Allemagne est comme le souligne asbel le contrepoint moral et vainqueur de la RFA ( même si elle aussi aurait par ailleurs des données mémorielles à réexaminer mais c'est un autre débat)qui permet d'accélerer ce processus là ( au prix peut être de la négation de certaines choses: cf la réflexion qu'apporte un film comme Good Bye Lenin). Ce qui n'est pas le cas de l'Espagne ou de la France.

Après la question de la Justice est bien évidemment fondamentale. Papon vient de crever. Chez lui bien qu'il ait été jugé. Une page se tourne mais elle reste disponible à la lecture et c'est ce qui est important au final.

18/02/07 - 20:22

Malgré tout, je pense sincérement qu'il y a un sérieux et une transparence chez les allemands dont sommes incapables espagnols et français, autruches, et surtout, amateurs de secrets, complots, etc.
Je sais, c'est un peu cliché, mais il y a de ça...

18/02/07 - 20:32

Ce que je crois surtout c'est que les Allemands ont été éduqués et baignés dans la culpabilité et la réflexion mémorielle par rapport au nazisme.
La différence que tu perçois vient à mon avis avant tout de là. Des réflexes mémoriels mieux huilés je dirais, car plus souvent mis à l'épreuve par un travail constant d'explication et de justification.

Chose que Français et Espagnols n'ont pas fait.

Je doute qu'il s'agisse d'une supériorité intellectuelle des peuples du Nord sur ceux du Sud. Mais je ne te prête en aucun cas cette pensée.

18/02/07 - 20:40

La donnée mémorielle en Allemagne c'est aussi accompagnée d'une nécessité ( qui est peut être devenue un réflexe par la suite) de "refroidir" les enjeux historiques.
Refroidir ça veut déjà dire étudier de façon dépassionné ( et l'étude du nazisme en avait besoin) mais aussi dépolitiser les enjeux historiques.
L'effet collatéral de cela( pervers ou pas, c'est selon son point de vue) c'est sans doute une relative "aseptisation" du champ d'expression politique( qui se surajoute à une pratique du politique beaucoup plus tourné vers la négociation ).Du moins dans une situation de consensus comme pouvait l'être la RFA des années 80.

La réunification a peut être bouleversé tout ça en introduisant d'autres enjeux mémoriels. Ceux générées par la fin de la RDA. Manifestement ils sont plutôt bien traités ( par ce réflexe)mais peut être au prix d'un certain nombre d'oublis que l'on retrouvera plus tard, si une société devait être neutre et ne commettre aucune "faute" on perdrait tout sens de la politiqu... Ha mais j'y pense? on y est peut être en plein!

18/02/07 - 21:00

C'est évident que la digestion du nazisme a conditionné les reflexes de l'Allemagne.
Mais comparons avec les autres pays perdants de la 2ème GM. D'accord, l'Autriche, c'est particulier, et l'Italie a pu éviter un travail en profondeur de par les circonstances de son "autolibération" (comme la France d'ailleurs :P )
Mais le Japon? Pourquoi leur perception de la 2ème GM et de leur responsabilité est radicalement différente à celle des allemands? Pourtants leurs destins d'après guerre ne sont pas si différents...

18/02/07 - 21:41

L'Autriche c'est quand même un cas intéressant. Passée pour un pays victime de l'Allemagne lui a permis d'éviter ce travail de culpabilité-mémoire.

Certains pensaient que la poussée de l'extrême droite d'Haider était entre autre lié à cela et au fort conservatisme "traditionnel" en Autriche. C'est aussi comme cela que certains expliquent le fort vote front national en Alsace germanisée par les nazis, région la moins touchée par le chomâge et la pauvreté en France et où le Pen fait des 40% dans certains bleds ruraux!
A voir...

J'ai l'impression qu'en Italie la donnée mémorielle a été d'emblée plus claire. Il y avait les fascistes et les résistants( communistes et démocrates-chrétiens). Et un parti fasciste a continué d'exister après 45.
En plus les Italiens n'ont pas déporté les juifs. Grande nuance. Si quelques uns ( Primo Levi) mais c'était quand les Allemands ont envahi le pays en 43 et ils ont été relativement peu nombreux.
Cela ne veut pas dire que l'Italie n'a pas ces problèmes là, cf. toute la réflexion sur les années de plomb, résultat d'une radicalisation politique qui a toujorus existé en Italie, pays latin de fortes rivalités sociales mais où le cadre "démocratique" est un poil plus ancien qu'en Espagne. Intéressant tout ça...je connais quelqu'un qui s'intéresse beaucoup à ça...

Le Japon c'est chelou et je connais assez mal. Déjà la guerre du pacifique du Japon n'a rien à voir avec la guerre en Europe, je crois qu'une différence fondamentale est là. Ensuite eux, ils sont plutôt dans le blocage mémoriel par rapport aux massacres en Chine notamment. Blocage qui s'expliquent par la continuité d'une vieille rivalité inter-asiatique non exempte de racisme, et peut être aussi par leur statut de victimes pas tout à fait reconnu de la seule utilisation de l'arme nucléaire...à voir aussi....
Peut être que le destin du Japon et de l'Allemagne ne divergent pas trop en apparence mais à mon avis la reconstruction d'une identité nationale a suivi des processus totalement différents ce qui s'explique,à mon avis par les différences fondamentales de sens de la guerre en Europe ( la lutte contre le nazisme) et celle dans le Pacifique ( choc d'impérialisme dnas une lutte à mort...) comme l'ont montré les historiens....

J'ajoute que j'aurais plein de trucs à dire sur l'exemple croate ultra-culpabilisé par l'utopie yougoslave qui a un peu trop eu tendance à victimiser à outrance les Serbes tous victimes ou résistants aux Allemands et à enfoncer des croates tous oustachis.
La guerre de 91 prend largement appui sur les surimpositions et réinterprétations mémorielles. Cas extrême d'une dérive mémorielle: quelques dizaines de milliers de morts ( en dehors du conflit en Bosnie).


Pourquoi suis-je si long?

19/02/07 - 09:20

Manu, c'est toi l'autruche!

(Putain, Basile Boli appelle à voter Sarko...)

20/02/07 - 00:30

N'empêche que les yeux de Ulrich Mühe sont effectivement incroyables... juste là... quand il commence à enfreindre le règlement...tu sens ciller son fond de l'oeil... Merci pour cet avis positif qui ajouté à d'autres de ci de là m'a sorti de mes prépa de cours à la c**! Un beso beso!
ju
(j'y crois pas pour basile boli, c'était mon idole)

20/02/07 - 14:56

Mais t'es à paris alors!!!!!

Ey! je monte le week end du 9 !

On s'appelle !!

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Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




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Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


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