Où Asbel constate qu'effectivement, tout fout le camp
Lorsqu'à 19 ans j'ai commencé à fréquenter les rares "hot spot" de la ville rose, une de mes motivations, je l'avoue, était de me procurer ces petits magazines gratuits qui pullulaient à l'époque, avec des dossier chocs du genre "les homos et l'armée", qui étaient à la sociologie et au journalisme ce que Nicolas Hulot est à la politique.Mais bon, on se construit comme on peut, internet n'existait pas et j'avais un besoin rageant de repères, quitte après à les dénigrer, à m'en éloigner. Et j'ai toujours appris davantage en lisant, même les nullités les plus consternantes, que par tout autre moyen.
Je croyais que les nouvelles technologies avaient eu raison de ces sous-produits. A tort : Samedi, je descends aux toilettes du settanta-cinque (en italien of course!), et je tombe sur un nouveau magazine gratuit d'assez belle facture, surtout en comparaison avec les montages grossiers d'antan. L'ensemble est assez arty, avec belles photos, papier cartonné, et tout et tout, et répond au titre sugestif de prends-moi. Mais autant les montages design peuvent me plaire, autant le style d'écriture qui va avec m'insupporte au plus haut point. À mes risques et périls, je feuillette le contenu. Il s'agit d'un spécial dédié à l'analyse de la culture du risque chez les gays. Je lis le portrait de Tristan, jeune séropo, écrit dans un style incompréhensible, avec de vraies pépites dont voici la meilleure :
" Certes, pour ce "sujet de l'inconscient" que nous sommes tous, le risque est le dérivé du fantasme, image ou scénario caché, sorte de vocabulaire interne, privé, qui donne du sens à ce qui apparemment n'en a pas. Il se dessine ainsi, derrière l'aspect solaire (?????) de Tristan, une image en négatif, une pietà, un fils gisant dans les bras maternels, une condensation de son histoire qui lui désigne un destin, dans ce corps à corps de la mère sacrifié et de l'enfant martyr. "
Mouais.
Bah ils sont pas sortis de l'auberge les jeunes ados homos si c'est avec ça qu'ils doivent se construire.
06/02/07 - 16:22
Ma grand-mère estime effectivement que tout fout l'camp.
jeuneparisien1978