Où des lectures motivantes encouragent Asbel à travailler davantage
Hier soir, petit dîner improvisé à la maison avec J, mon ex, et L, son nouveau petit ami, qui viennent d'arriver d'Istanbul où ils travaillent. Bizarre de l'avoir à la maison, lui qui a toujours su recevoir admirablement. On s'engueulait d'ailleurs souvent à ce sujet. Dès que les invités arrivaient, je décapsulait une bière et m'asseyait tranquilement avec eux dans le salon, abandonnant J à la cuisine, super stressé, et m'en voulant à mort. Les choses ont peu changé, il aura remarqué je suppose. Mon homme est resté la moitié de la nuit aux fourneaux, tandis que je descendais, presque à moi tout seul, la bouteille de vin qu'ils avaient amené.
J et L partent relativement tôt. Chouette, je vais lire un peu avant de me coucher. Je jette un coup d'oeil à l'histoire du premier theâtre espagnol qui m'attend sur la table, et une énorme lassitude m'envahit. Je déteste mon travail. Finalement, c'est pas la peine, vaut mieux un peu de détente. J'attrape à tout hasard le cadeau que m'a offert ma soeur à noël, Anagrammes, de Lorrie Moore, que je ne connaissais pas mais qui, d'après les éloges (impartiaux, bien sûr) sur le dos de la couverture, est une figure absolument incontournable de la littérature américaine contemporaine. Bon, on verra bien. J'avance tranquilement parmi des histoires d'amours et désamours, et ma foi, c'est fort plaisant. Chapitre IV, Benna est désormais prof à la fac (tiens donc, ça devient intéressant). Son vacataire lui assène une série de reproches : "Comment peut-elle dire qu'elle commence à penser qu'écrire sur l'art n'est autre chose qu'une masturbation linguïstique tellement intense que le langage lui-même devient aveugle?"
Oui, je me demande, comment peut-elle?
31/01/07 - 13:44
C'est trop cool, la lecture.
jeuneparisien1978