Misères et grandeurs quotidiennes
A chaque fois, je me suis fait prendre. Énervé parce que la machine à Coka ou le distributeur de chocolats m'avait à nouveau piqué un euro, je commence à leur donner quelques coups, légers bien entendu, je n'ai pas envie de me fracturer le poignet, et c'est là que systématiquement, comme par art de magie, apparaît le service technique qui fait sa tournée de remplissage, composé d'un jeune garçon et d'une grande camionneuse qui me dévisage d'abord méchament, puis me fout grave la honte en me grondant en public, et finit par m'annoncer que la prochaine fois qu'elle me voit faire ça elle m'éclate. Et elle en a manifestement les capacités physiques.
Bon, au bout de la énième fois le message commence à passer : En cas de problème, appeler le numéro sur la plaque. Ma chocolatine est restée coincée, j'ai plus un kopeck pour la décoincer, je suis affamé, j'appelle :
- Service technique bonjour?
- Oui, j'appelais parce que ma chocolatine est restée coincée dans votre putain de machine et que je suis vraiment affamé.
- Aucun problème monsieur, demain matin on vous envoie quelqu'un pour arranger ça.
Le monde est un endroit horrible, je pense très fort.
- Demain matin je serai déjà mort d'inanition, mademoiselle.
- Si vous n'êtes pas sur l'Université demain matin, laissez-moi votre adresse et on vous enverra un euro en timbres postaux (véridique!).
J'aurais du fracasser la machine, au moins ça soulage. Je mendie quelques centimes à l'étudiante sur la machine à café (c'est ça d'avoir l'air aussi jeune et pouilleux qu'eux, ils se doutent de rien!) et j'obtiens enfin de quoi soulager mon ventre qui grouille.
Je remonte à mon placard qui fait office de bureau, où j'ai lâchement abandonné une étudiante non-voyante, charmante par ailleurs, à qui je fais passer des examens. Être secrétaire et se faire dicter un texte est incroyablement ennuyeux, j'ai découvert ça hier. Il faut constamment allumer et éteindre sa concentration, et s'adapter au rythme de réflexion de l'étudiant en face, ce qui est très usant à la longue. Au bout d'un moment, lorsqu'elle réfléchit, je profite honteusement de son handicap pour gribouiller des formes sur une feuille de brouillon. Peu à peu, ces formes deviennent de plus en plus obscènes, et à la fin de l'épreuve, j'ai accouché d'un petit kamasutra homo :

25/01/07 - 11:23
C'est pas grave de se faire prendre... si tu aimes ça ^^
gilles (visiteur)