Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

23/01/2007

23/01/07 - 13:21

Sous la cagoule, le militant


Petite séquence de clips ce matin en me réveillant. Une affreuse reprise électro de Pink Floyd retient mon attention. Le clip me fait penser inévitablement à celui de Brûle, qui m'avait déjà troublé en son jour. Souvenez-vous! Les rappeurs trés énervés de Sniper, attirail paramilitaire et torche à la main, semblent amener tous les enfants de la té-ci vers une glorieuse révolution, une apothéose de feu et de sang qui purifiera notre société injuste. La marche s'arrête devant une mairie ou un autre symbole de cette république qui abandonne ses enfants, et le chanteur sort sa carte d'électeur. Ça y est, je me dis, il va la déchirer, le geste typiquement anarchiste de refus du vote, compris comme la légitimation de l'ordre établi. Bah en fait non :
"Mais c'qui est malheureux c'qu'on brûle le peu qu'on a,
quand il suffirait d'aller voter pour incendier ces connards",
nous assène un peu naïvement le même chanteur qui quelques secondes auparavant avait l'air vraiment méchant. Aïe les lendemains qui déchantent! C'est ça les dangers de pratiquer le grand écart entre l'incitation à la violence révolutionnaire et la volonté de participer à la vie citoyenne.
Même constat pour la reprise de Pink Floyd. Le clip commence de façon presque identique, avec des ados qui se retrouvent à la sortie du bahut, et qui ont l'air aussi vraiiiiiiment vénères. Distribution est faite de barres métalliques et de grosses briques, puis ils partent tous dans des directions différentes, pour, de toute évidence, aller casser de la propriété publique et privée. Et qu'est ce qu''ils sont cool ces casseurs! C'est des Yamakasy, ce qui signifie qu'au lieu de se déplacer comme tout le monde en marchant, il sautent d'étage en étage à base de sauts périlleux et autres figures acrobatiques. C'est pratique pour rentrer chez les gens, et ils s'en privent pas. Et une fois à l'intérieur, qu'est-ce-qu'ils font? Taggent-ils les murs de slogans révolutionnaires? Fracassent-ils la télévision, outil d'abrutissement des masses? Brûlent-ils les symboles d'appatenance à la classe des oppresseurs? Que chi! Ils se contentent de remplacer les ampoules traditionnelles par des économiseurs d'énergie, de baisser le thermostat et de débrancher les appareils électro ménagers. En fait, c'était la section choc des partisans Nicolas Hulot!


Révolution ou réforme? Alors que la question semble disparue du débat politique, c'est la culture populaire qui la reprend, sous une forme plus simple : faut-il tout casser? Et la réponse n'est pas celle que l'on imaginait!

commentaires

23/01/07 - 13:43

Ca prouve bien qu'on a réussi à insuffler la peur et le dégout de l'acte révolutionnaire aux gens!

C'est le triomphe de l'absence de volonté et de la cuculterie républicaine façon "Education civique en 4e"

23/01/07 - 13:50

Cqui signifie qu'o paourra ENFIN faire avancer les choses sans qu'une bande de mystiques de la destruction et de nihilistes nous cassent les couilles :P

23/01/07 - 13:52

bien vu

23/01/07 - 15:32

De la connerie!

La République et la gauche ont fait leurs plus grandes avancées par avec toujours une dose de violence et d'hors la loi!
C'est idiot de penser que seul le vote démocratique peut changer les choses!

Je me répète peut être mais rien ne m'emmerde plus que cette vision diabolisée du fait révolutionnaire! La révolution, c'est la violence et la violence c'est forcément le sang!

Déjà 1) ce n'est pas forcément vrai cf mai 68 ( mais était-ce vraiment une révolution?)
2)de la gauche molle à l'extrême droite, personne ne remet en question par exemple un évènement comme la libération de la France en 44 qui est une forme, une forme seulement, d'acte révolutionnaire. Et si on peut regretter et se scandaliser des dérives style "femmes tondues" personne n'ira se plaindre qu'on ait fusillé quelques pourritures de collabos (certes pour la forme et en intégrant des Papons à l'ordre gaullisto-républicain)!

La révolution c'est pas forcément la mystique de la destruction, tu fréquentes trop les excités de l'Aget je pense asbel!

Mais je crois que je me suis encore enflammé sérieusement sur ce qui n'était qu'une boutade étant donné que je viens à peine de remarquer le :p à la fin de ta phrase!

:p aussi donc!

23/01/07 - 16:04

- La libération de la France en 44 me semble difficilement s'incrire dans ce que j'entends par violence révolutionnaire.

- je ne diabolise pas, ni me scandalise pas devant les violences de populations laissées pour compte qui ne font qu'exprimer son ras-le-bol dans des situations où les autorités étaient incapables de s'adapter aux nouvelles exigences. Mais force est de constater, que les révolutions de 1789 ou 1848 en France, que celle de 1868 en Espagne ont ouvert des périodes troubles et n'ont pas aboutit à grande chose, parce qu'entre autres, il est très difficile de désarmer le peuple quand il est armé.
La troisième république est par contre arrivée par les urnes, et a malgré ses défauts signé des avancées significatives en France. La seconde république espgnole, arrivée aussi par les urnes, aurait pu peut être faire de même si elle n'avait pas été prise dans les convulsions de sa triste époque.
- les révolutions du XIX doivent beaucoup à la "mystique destructrice", à des populations qui n'ont plus rien à perdre et qui répondent rarement à une idéologie précise. C'est les mouvements ouvriers et leur formation politique qui ont paradoxalement calmé le jeu à partir de 1900, les violences devenant structurées, calculées. En ESpagne c'est évident. Mais sa disparition aujourd'hui laisse les banlieues à nouveau dans un vide idéologique. Le clip de Sniper est intéressant à cet égard par toutes les contradictions qu'il montre. et pareil pour les émeutes de l'année dernière...

23/01/07 - 16:07

moi ce qui me dérange avec le mauvais clip de cette mauvaise reprise, c'est que les paroles ont beau être les mêmes, le message est plus du tout le même... dans les 70's, ok, on sort, ou on entre dans une révolution de mours (c'est selon); il est de bon ton de revendiquer un détachement des anciennes valeurs sclérosées de la société qui nous a précédé. "we don't need no education, neither a though control".

ici le message ets plus simple, mais bien en adéquation avec l'esprit simpliste et simplet de notre génération et de celle qui suit (je parle de ma génération, celle de 2000-2005): l'adolescent est roi, il ne veut pas apprendre, l'école c'est pas cool et les parents ca sert à rien. laissez-nous en paix, faire nos trucs de petits cons sans mesure, et être les rois d'un monde médiocre et tourné vers la facilité.

je ne me souviens plus très bien, mais je crois que le clip se termine par une phrase, un détournement du début du refrain, qui résume bien les faits.

23/01/07 - 16:08

Finalement, je me rends compte que le point essentiel c'est peut être cette histoire de peuple armé. C'est les milices qui font échouer les révolutions, et les processus de paix actuellement. Donne un fusil à un jeune con, il ne se sentira plus, et il ne voudra surtout pas abandonner ce pouvoir...

23/01/07 - 16:10

par contre asbel, tu y est pas, pour le côté yamakasi, c'est parce que ca marchait bien dans le clip de notre très cher ami david ghetto. ya pas de message, à part "achetez mon disque"

23/01/07 - 16:18

Pour les yamakasi, c'est sur que ça ne sert qu'à donner l'air plus cooooool à l'ensemble.
Pour l'inerprétation du clip, je suppose que c'est un mix de nos deux visions. C'est sûr qu'il y a un aspect "glorification de l'adolescence" et de ses jeux, de son insouciance. Les méchants, c'est les adultes, il y a qu'à voir les regards qu'ils se croisent. Mais c'est récupéré dans une sorte de trip écolo bon enfant. En gros, ça affirme tout et son contraire...

23/01/07 - 17:32

Le clip de Kenny Arkana est aussi du même type... C'est juste que la jeunesse est souvent révoltée et non révolutionnaire. D ans la révolution, il y a une volonté, un sens, une direction...

23/01/07 - 19:39

D'accord sur l'ensemble et sur la IIIe république, mais à mon avis tu fragmentes un peu trop par évènement.
La IIIe apparaît par les urnes ( grâce à un concours de circconstances, il s'en est fallu d'une voix) mais tu oublies tout de même l'épisode de la Commune de Paris. Et, à bien des égards, la IIIe République se construit contre les ouvriers en révolte mais quelque part aussi prend en compte leur situation. Sans la Commune pas de prise en compte de la question sociale qui court en France depuis 1789. Et sans la Commune peut être que la république n'aurait pas été votée dix ans plus tard.
Mais faut pas rêver non plus; la IIIe République c'est plus un régime pour les petits paysans tranquilles que pour les ouvriers. En gros jusqu'au front Populaire et notamment dans les années 20, les ouvriers en prennent plein la gueule. Certes, ils se sont assagis, certes ils ont intégré la "légalité" républicaine grâce à l'école mais aussi grâce aux coups de triques qu'on leur a foutu sur la gueule avant la guerre de 14 avec la répression des mouvements syndicalistes et la prise de timides mesures sociales ( par rapport à l'Angleterre et à l'Allemagne, la France est en retard à ce niveau là, retard qui est aussi du à la sous-syndicalisation française mais passons...)mais c'est pas folichon. C'est uniquement le Front Populaire - et le gros travail de "légalisation" effectué par le PC et la CGT qui intègre définitivement le monde ouvrier urbain à la République. Avant c'est pas évident.

Je n'ai pas le même raisonnement que toi, je me situe dans une sorte de dialectique où se répondent et dialogue révolte ( souvent violente) et réformisme d'Etat.

Ce qui est sans doute vrai pour l'Espagne dont je connais très mal l'Histoire au XIXe siècle ne l'est pas pour la France à mon avis. Dès les origines du régime républicain en 1792 il y a une opposition entre les "sociaux" et les modérés.Opposition que l'on retrouve tout au long du XIXe. EN 1848 et en 1870.
Là où je ne suis également pas d'accord avec toi c'est quand tu parles de mystique destructrice. C'est un jugement que je considère comme éminent orienté intellectuellement et très connoté. Non, ce n'est pas la mystique destructrice qui meut les ouvriers parisiens en 48 et en 70, c'est l'idée d'une république sociale. La Sociale. C'est une autre idée de la République ( peut être même la seule assez solide politiquement en 1870)que celle des bourgeois éclairés, mais c'est une idée républicaine quand même ( le consensus républicain vient de là ). Mais la radicalisation qui peut, certes, amener l'idéologie destructrice ( on brûle Paris pour ne pas le livrer aux Versaillais) vient souvent de la répression contre le peuple dont les classes bourgeoises se méfient. Elles mêmes maitresses du discours elles ont tout intérêt à mettre en évidence la "violence incontrolable "du peuple et son immaturité politique.

Dire que la IIIE république a réglé tous les problèmes ouvriers à mon avis c'est aussi faire une erreur d'interprétation donc. C'est nier l'idée de rapport de force et de poids que fait peser le monde ouvrier et populaire ( dans une acception très large, y'a aussi une évolution de la société en parallèle) sur la vie politique. Et que le seul moyen qu'on eut pendant longtemps les classes populaires de se faire entendre ( même au delà de la guerre de 14) ça a été de gueuler violemment.
1936 et les occupations d'usine, c'est illégal. Les grèves sauvages sont illégales. C'est une forme de violence. Et pourtant c'est ça qui a poussé le gouvernement BLum à prendre des mesures fortes même pas prévues dans son programme au départ.

La dialectique est évidente et presque trop simpliste mais elle est très vérifiable.
Mais pour cela il faut un gouvernement quis ache tempérer cette violence et sache aussi déplaire aux "autres". Donc quelque part, un gouvernement qui, bien que dépositaire des commadnes de l'Etat et donc de la sécurité publique et de l'ordre social, sache où est son camp et où sont les électeurs.

Un peu long désolé

23/01/07 - 19:59

Euh juste pour rappeler qu'il y a eu :
la révolution nationale de Pétain (enconre des réminiscences sur ce site),
la révolution ultra-libérale de Margaret Thatcher (présente sur ce site).
Et que "la cagoule" était le nom d'une faction d'extrême droite dans les années 30 en France. Voir ici : http://

Donc, il faut y regarder de près ceux qui parlent de révolution ou de cagoule, ils peuvent être aussi d'extrême droite.

24/01/07 - 10:27

Incroyable cette discussion, vraiment et merci pour la précision joel sud. On dirait besancenot contre ségo, c'est parfait (voire les caricatures des guignols)... Incroyable aussi le procès fait à cette chanson qui pour une fois construisait quelque chose, notamment une appartenance citoyenne et qui, désolé ne s'adresse pas spécifiquement aux adolescents (autre a priori mes quatrième écoutent du rap, le rap est une musique d'adolescents -manu- , ou encore le rap se résume à la débilité de la lecture d'inholio, lecture contredite par dixaines de titres). C'est sur, j'aimerai bien que tous les artistes soient des marx ou des trotsky, ou que toutes les femmes soient des simone de beavoir mais c'est pas le cas, alors me branler la nouille sur des rappeurs qui font avec leurs moyens (intellectuels) et leurs idées, non merci... Après vous viendrez faire des discours sur les quartiers etc

Faisons la révolution, oui, enfin sur nos blogs pcq après faut pas déconner. Parler de naiveté pour les gens qui critiquent la notion même de révolution, c'est gonflé, puisque l'approche contraire est tout aussi naïve et conne. On en reste aux querelles de chapelles, ambiance branlette (x2 donc) entre les vrais et les faux de gauche. bref, pour marx, la révolution n'était pas un fait mais un horizon théorique, qui par définition, en composant avec le réel, se vidait d'une part de sa substance, ce qui la rend tout à la fois possible mais limité dans son application.
Quant à la révolution en 1944, je crois que là manu, tu vides la notion même de toute substance à partir du moment où il n'y a pas eu tour complet mais restauration d'un ordre passé.
Bref, c'est long et décousu, un peu en colère (notamment à cause des discours à la con sur le rap, toujours méprisants, critiques et qui en servent en définitive qu'à nous conforter dans notre bonne conscience et éventuellement dans notre qualité intellectuelle).
Acte révolutionnaire d'adolescent: allez tous vous foutre par Sarko, ça lui fera sans doute plaisir.

24/01/07 - 11:31

Mon post était volontairement neutre et donc ambigu.

Il y avait un seul jugment de valeur : la naïveté de la phrase entre guillements. Et c'est naïf de faire croire aux gens "qu'il suffit de voter" pour que tout s'arrange.

Je ne critique pas la démarche de la chanson de Rap, qui au moins me semble sincère (par rapport à la reprise électro, dont je doute fort de l'honnêteté)

Je pointe d'abord une surprise, un décalage avec mes attentes (et donc je pense avec celles de tous les publics), du à un déclage entre le ton révolutionnaire du clip, et son message citoyen in fine. Du aussi à un certain nombre de contradictions. En gros, le clip dit de tout bruler mais de pas bruler aussi. Mais ça fait longtemps que j'ai compris que la cohérence et la solidité ne sont pas vraiment des qualités du discours politique, en tout cas beaucoup moins que la construction identitaire.

La reprise de Pink Floyd était simplement ridicule. Tu ne mets pas en scène des casseurs puis tu les fait baisser les thermostats des maisons à moins d'être dans un film de miyazaky. La le déclalage est trop grand pour être vraiment sincère.

24/01/07 - 11:42

Un bel enflammage du Pibe!

D'accord avec toi sur l'horizon théorique de la révolution selon Marx qui se vide de sa substance en s'appliquant.
Ce dont beaucoup de révolutionnaires devraient avoir conscience pour ne pas virer totalitaire.

Ensuite je dis pas que la libération est une révolution, ej dis qu'il y a une forme, voire même une fonction révolutionnaire dans la libération; et le retour à l'ordre ancien pas complètement puisqu'on est pas revenu à la IIIe république et qu'on a changé, épuré, un certain nombre de choses.

Ensuite moi je parlais pas de la chansonq ue j'ai pas entendu, ni vu, mais du débat intellectuel posé par Asbel sur réforme et révolution que nous avons en permanence.

Je suis pas un adorateur du fait révolutionnaire, je n'ai pas de vision naive, j'essaye d'avoir une lecture historique qui dépasse l'alternative réforme/révolution largement stérile selon moi et passablement orientée politiquement.

24/01/07 - 12:00

D'accord : ))

24/01/07 - 18:38

M'est revenu la phrase d'un professeur d'écologie dont j'ai oublié le nom qui disait : "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Je ne sais pas si l'écologie des peuples (ou des nations) existe.

24/01/07 - 19:05

C'est pas Lavoisier qui a dit ça plutôt?

25/01/07 - 13:23

Oui, la paternité de la formule revient à Lavoisier. Mais ce prof d'Ecologie a repris la formule pour l'appliquer dans son domaine de recherche. Je ne me souviens plus de son nom, faut dire que ça remonte à ma jeunesse estudiantine. Pourtant je me rappelle que je l'ai redécouverte avec un cours de "Théorie des organisations" en doctorat. Je revois la tête du prof qui nous parlait de l'écologie des entreprises, théorie développée dans un journal de management de l'UCLA. Je me souviens l'endroit où était rangé la revue. Bref, je me rappelle de tous les détails inutiles mais pas du tout du nom du gars, saleté de mémoire ! M'énerve vegra mon cerveau !

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Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


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