Sous la cagoule, le militant
Petite séquence de clips ce matin en me réveillant. Une affreuse reprise électro de Pink Floyd retient mon attention. Le clip me fait penser inévitablement à celui de Brûle, qui m'avait déjà troublé en son jour. Souvenez-vous! Les rappeurs trés énervés de Sniper, attirail paramilitaire et torche à la main, semblent amener tous les enfants de la té-ci vers une glorieuse révolution, une apothéose de feu et de sang qui purifiera notre société injuste. La marche s'arrête devant une mairie ou un autre symbole de cette république qui abandonne ses enfants, et le chanteur sort sa carte d'électeur. Ça y est, je me dis, il va la déchirer, le geste typiquement anarchiste de refus du vote, compris comme la légitimation de l'ordre établi. Bah en fait non :
"Mais c'qui est malheureux c'qu'on brûle le peu qu'on a,
quand il suffirait d'aller voter pour incendier ces connards",
nous assène un peu naïvement le même chanteur qui quelques secondes auparavant avait l'air vraiment méchant. Aïe les lendemains qui déchantent! C'est ça les dangers de pratiquer le grand écart entre l'incitation à la violence révolutionnaire et la volonté de participer à la vie citoyenne.
Même constat pour la reprise de Pink Floyd. Le clip commence de façon presque identique, avec des ados qui se retrouvent à la sortie du bahut, et qui ont l'air aussi vraiiiiiiment vénères. Distribution est faite de barres métalliques et de grosses briques, puis ils partent tous dans des directions différentes, pour, de toute évidence, aller casser de la propriété publique et privée. Et qu'est ce qu''ils sont cool ces casseurs! C'est des Yamakasy, ce qui signifie qu'au lieu de se déplacer comme tout le monde en marchant, il sautent d'étage en étage à base de sauts périlleux et autres figures acrobatiques. C'est pratique pour rentrer chez les gens, et ils s'en privent pas. Et une fois à l'intérieur, qu'est-ce-qu'ils font? Taggent-ils les murs de slogans révolutionnaires? Fracassent-ils la télévision, outil d'abrutissement des masses? Brûlent-ils les symboles d'appatenance à la classe des oppresseurs? Que chi! Ils se contentent de remplacer les ampoules traditionnelles par des économiseurs d'énergie, de baisser le thermostat et de débrancher les appareils électro ménagers. En fait, c'était la section choc des partisans Nicolas Hulot!
Révolution ou réforme? Alors que la question semble disparue du débat politique, c'est la culture populaire qui la reprend, sous une forme plus simple : faut-il tout casser? Et la réponse n'est pas celle que l'on imaginait!
23/01/07 - 13:43
Ca prouve bien qu'on a réussi à insuffler la peur et le dégout de l'acte révolutionnaire aux gens!
C'est le triomphe de l'absence de volonté et de la cuculterie républicaine façon "Education civique en 4e"
manu (visiteur - site web)