Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

18/01/2007

18/01/07 - 17:19

Sur l'enseignement d'Aristote, les fous rires, et les prostituées thaïlandaises


Depuis que je suis prof, j'ai eu deux crises de fou rire en cours.
La première, c'était au tout début, et c'était touchant de candeur. j'avais proposé en traduction un extrait des Pájaros de Bangkok, de Vázquez Montalbán, où il est à un moment question d'une prostituée thaïlandaise qui projette des balles de ping pong avec la chatte (je sais, je suis très vicieux dans le choix de mes textes, hé hé). Je choisis donc une étudiante au hasard.
"Pouvez-vous me lire la phrase en espagnol, Mademoiselle?"
Elle commence à lire en voix haute, puis soudain elle devient toute rouge et trébuche sur le mot fatal.
"Euhhh.... por el coññññ.... el cccc.... el cccc...... " Rien à faire. Au début, je suis passablement irrité par tant de pudibonderie. Je lâche séchement :
"Allez, vous pouvez y arriver quand même!!".
Grosse erreur!!! La classe, qui se retenait aux prix de gros efforts de concentration, éclate dans une fou rire général et franc. Je ne tarde pas à les rejoindre, et décide, face à l'impossibilité de finir la lecture de la phrase maudite, de passer à la suivante.

La deuxième crise de fou rire c'était ce matin, et contrairement à l'antérieure, elle m'a laissé un petit arrière-goût amer. Je faisais un nouveau texte de civi XVIII siècle. L'auteur y regrettait l'influence de la vieille méthode d'apprentissage scolastique dans les facs espagnoles, où l'on n'enseignait qu'Aristote et on ignorait toujours Newton. Pour faire passer le message, de temps en temps je change de niveau de langue : "Autrement dit, l'auteur pense qu'il y en a marre de ces vieux profs qui font chier". Petit problème, au premier rang, toujours présent, toujours attentif, un vieux prof du secondaire à la retraite, que je regardais justement quand j'ai lâché le mot vieux. Mon visage se décompose pendant une fraction de seconde, avant de retrouver l'applomb nécessaire pour poursuivre. Trop tard! Les filles derrière ont tout de suite saisi ce qui se passait et sont mortes de rire. Ah, ça, pour ce genre de détails elles sont fortes. Si seulement elles affichaient le même sens de l'observation pour tout! Je tente de continuer malgré tout. " Et quelles méthodes propose l'auteur pour sortir les universités espagnoles de leur retard?? Bah il argumente que de toute façon, ils vont bientôt mourir les vi.. les anci... les universitaires." Je deviens livide en comprenant le sens de ce que j'ai dit. La classe n'arrive plus à se retenir. Je commence à mon tour à rire nerveusement et ne parviens plus à m'arrêter. Tierra trágame. Sol, avale-moi.

commentaires

18/01/07 - 18:06

Seulement deux fous-rire en quatre ans d'exercice?

Moi je dois en être à 4 en 5 mois d'ancienneté!

18/01/07 - 18:10

Heureusement qu'il y a des jeunes profs qui utilisent de nouvelles méthodes racoleuses en proposant des textes sur des putes thaï aux muscles vaginaux surpuissants pour remonter le niveau. Hihihi

18/01/07 - 19:00

ohhf, c'est déjà dépassé tout ça... :-)Mais je serais obligée de m'incliner si tu parvenais à proposer un texte de ce genre en évluation!!!!
Manu c'était quoi les tiens?

18/01/07 - 20:19

T'es pas allé voir le vieux pour t'excuser un peu à la fin? Je l'aurais fait à ta place. :-\

18/01/07 - 20:25

Quelle fut la réaction du vieux prof' du secondaire ?

18/01/07 - 22:07

tiens ca me rappelle la fois ou au lycee mon prof de physique avait marque "erection" au lieu de "reaction" dans une question du genre "apres agitation, que donne l'erection suivante" lors d'un devoir surveille.

J'etais le premier a le remarquer, il m'a fallu 10 minutes pour calmer ce fou rire :)

18/01/07 - 23:16

ooooooouh, pauvre Asbelichou, je compatis, tu as dû cuire sur place pendant de longues minutes...

19/01/07 - 10:43

@ M népo et In-the-stars, qui s'inquiètent : Ne vous inquiétez pas ! Comme à chaque fois, cet adorable retraité est venu discuter et papoter à la fin du cours, commenter certains points, et grignoter un quart d'heure de ma déjà fort courte pause déjeuner

Sinon, érection aoprès agitation, c'est mal trouvé du tout, en effet :)

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tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
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