Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

10/01/2007

10/01/07 - 12:21

Exorcisme (à nuancer)


Qu'il est facile de taper sur les étudiants! Moi-même je le fais sur ce blog régulièrement. Mais comment s'en passer? Il sont tellement drôles... Il ya celui qui s'est juste trompé de deux millénaires en situant un évènement sur un axe chronnologique. Bouh qu'il est inculte! Il y a l'autre qui est tellement perdu dans la vie que pour les exams de septembre, il a confondu l'heure, le jour, la salle, et même le sujet de l'examen, et m'a pondu une belle traduction... en anglais. C'est les anecdotes qu'on se raconte tous les jours entre nous dans les placards qui nous servent de bureaux. Boudu ce qu'il a baissé le niveau! C'est ça la génération télé-console-Meuseuneuh (dont je ne fais évidemment pas partie, hi hi), que veux-tu? Et c'est tous les jours un petit rituel d'intégration qui nous soude, nous les profs, face à cet autre groupe hostile avec qui nous partageons le même espace.
Bon, c'est vrai, le niveau baisse. Un tiers de mes étudiants en première année ne savaient pas situer le Brésil sur une carte. Si si, je vous assure, je suis vraiment tombé de haut le jour où j'ai corrigé ce QCM de culture G. Le niveau baisse, d'accord, et alors? Qu'est ce qu'on fait nous, à part se plaindre? À part des cours de merde? Déjà étudiant, ma perception aiguë de la nullité des cours que je suivais se traduisait par un séchage systématique de trois quart des enseignements. La deuxième semaine de l'année universitaire j'avais déjà jugé et condamné les profs qui me semblaient incompétents et qui n'allaient plus revoir ma gueule sur leurs bancs. Taper sur les étudiants, c'est se dédouaner de notre responsabilité dans le marasme des facs de lettres françaises, et du fait qu'honnêtement, on s'en fout d'eux. De toutes façon, c'est pas nos activités pédagogiques qui vont assurer notre avancement de carrière! Au contraire, un prof trop consciencieux est plutôt suspect. "Faut que t'apprennes à bâcler tes préparation de cours", me conseillait un prof, quand je me plaignais de la difficulté de concilier recherche et enseignement. Et ben voilà, tout est là.
Pire encore, maintenir une grosse partie de la population universitaire dans l'échec, c'est une façon de s'assurer de ne pas avoir trop de travail. De toute façon ils sont nuls non? À quoi ça sert que je me casse le cul à bien expliquer? Aujourd'hui, je reçois dans mon casier le sujet d'examen d'une UE que j'apprecie particulièrement enseigner. "Finalement, j'ai du choisir moi-même le sujet", peut-on lire sur la note adjointe. Ah, ce beau verbe devoir! Que d'implicite! J'adore la façon qu'on mes collègues de toujours profiter pour montrer à quel point ils travaillent plus que moi! Dis-moi, ça n'a pas été trop dur d'ouvrir un livre et de photocopier un texte, le tout sans rien me dire? En tout cas, le sujet est mauvais. Pas qu'il soit inintéressant, mais il est évident que les étudiants ne vont rien comprendre, et qu'ils vont faire un mauvais commentaire qu'il sera pénible de corriger, mais bon, on pourra à nouveau se plaindre du niveau et de tout le tralala. On a cette détestable habitude d'aller chercher le sujet ou l'exercice piégé, qui va perpétuellement séparer les bons des mauvais et nous affranchir du travail de rendre bons les mauvais. Pourquoi faut-il qu'on "piège" les étudiants?
Au fond, les profs avons les étudiants que nous méritons.

commentaires

10/01/07 - 12:32

Ta morale finale est totalement exacte... J'ai eu vraiment tout type d'étudiant, mais je ne me suis jamais dit que tel ou tel était nul, simplement qu'il n'avait pas d'affinités avec ma matière, le droit... et je sais très bien, du moins je l'ai appris à leur contact, que tout le monde a son don... c'est ce qui rend les gens intéressants !

10/01/07 - 12:50

Je suis d'accord avec une grande partie de ce que tu dis: ils sont nuls ! (vous saviez que la grenouille était un animal unicellulaire tout comme l'amibe?) :o) Pour le reste, faut voir, il y a matière à discuter.

10/01/07 - 12:57

Ton analyse est juste sur l'état des facs et des profs, cependant je n'ai jamais cru à la baisse du niveau des étudiants. C'est simplement que la culture générale ne fait plus partie du bagage intellectuel que l'on demande aux élèves, puis aux étudiants.
Au collège et au lycée, il vaut mieux être un fort en math, que savoir écrire en français ou situer le Brésil sur une carte. C'est une question de coefficients et de bonnes ou mauvaises filières.
De mon point de vue, déjà de mon temps (il y a 15 ans) je constatais que la culture générale était la grande absente de la culture des étudiants qui m'entouraient en fac. Et j'ai été particulièrement effaré quand je me suis retrouvé dans une école de journalisme parisienne avec un niveau de "recrutement" assez élevé. J'étais entouré de spécialistes du sport, de la macro-économie, du chinois, il y avait même une ancienne externe en médecine... Maniant le français avec lourdeur. Alors, le niveau baisse pour ce qui concerne la culture G, mais le niveau des spécialistes n'a jamais été aussi haut.

10/01/07 - 13:01

bon et bèèèèèèèèèèè!
je suis d'accord, les profs sont des cons!

10/01/07 - 13:08

Tout ça c'est de la faute d'Aristote le harder, heureusement que François Sagat le philosophe des Lumières va nous sauver !!!!! :)

10/01/07 - 13:32

Aristote et ses péripatéticiens, ça pourrait faire un bon titre hard, en effet, quoique, c'est pas vraiment bandant :/

Sinon, Stevezissou, t'as probablement raison. Mais en fac de lettres, comment distinguer entre spécialité et culture G ? Même en journalisme, un bon spécialiste devrait avoir son petit bagage non?

10/01/07 - 13:48

D'accord sur une partie des conclusions.

Plus nuancé sur le constat, je suis pas persuadé que le niveau baisse.
C'est plutôt la résultante de l'augmentation des effectifs à la fac qui n'a pas été préparée.
Le problème est celui de l'université et des profs qui s'en foutent. Le problème est l'accès à l'université ( doit-il être restreint) et celui de la grande différence avec les classes prépas ( qui finalement sont, statistiquement si l'on suit les résultats aux concours et aux exams, sont les endroits où l'on prépare le mieux...à l'université...

Problème, problèmes...


Sinon Jean Pierre Vernant est mort et c'est triste.

10/01/07 - 14:09

Mais pourquoi donc ai-je lu Qu'il est facile de se taper ses étudiants! ?

10/01/07 - 14:09

Oui... on pourrait écrire des centaines de pages de constats et nuances..
J'avais pas envie d'être objectif mais de gueuler après une matinée où j'ai du faire cours avec un cahier d'exercices super mal fichu et où j'ai reçu ce sujet de merde qui va faire se planter des étudiants que j'amais bien :(

10/01/07 - 14:15

Monsieur Népomucène, vous n'êtes pas si loin de la réalité :)

10/01/07 - 14:28

"Mais en fac de lettres, comment distinguer entre spécialité et culture G ?" En Khâgne on croise les plus grands ignorants de la Terre. En Lettres échouent les mauvais en math et les pas forcément bon en français.

10/01/07 - 14:28

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOoooooooooooooooooh ? :o)

10/01/07 - 14:33

Je tiens à préciser, Monsieur Népomucène, que votre énoncé était complètement impersonnel (IL est facile de se taper SES étudiants), et qu'en conséquence, ma remarque l'était aussi :)

10/01/07 - 15:07

Certes, certes.

10/01/07 - 16:59

Euh... moi je n'ai pas compris dans le texte de Mr Asbel que le niveau des étudiants baissait effectivement et que notre cher jeune professeur le constatait par lui-même... mais plutôt qu'il dénonçait les méthodes pédagogiques d'une majorité de ses collègues qui aboutissent à un constat de baisse du niveau des étudiants... presque pour les arranger...

Mais mon niveau de compréhension d'un texte a peut-être baissé ^^

10/01/07 - 18:05

Bon, alors, il baisse ou non le niveau des étudiants? Faudrait savoir à la fin! Et la France, elle décline ou pas? Faudrait demander au philosophe des crépuscules qu'est Finkielkraut, lui, la répose, il l'a...


Et, une dernière question: a-t-on les philosophes qu'on mérite? Si la répose est oui on est vraiment des merdes!

10/01/07 - 18:06

Sinon, très bon post de mauvaise humeur Asbel!

10/01/07 - 18:31

c'est pas un peu réac de dire que ça baisse... j'dis ça j'dis rien, mais c'est un discours que je n'ai entendu que chez les vieux cons jusqu'à présent.... niarf...
Moua j'pense qu'il ya simplement depuis toujours des déplacements des sphères de cultures... Pour ma grand mère, ne pas connaitre toutes les plaques minéralogiques est un grave manquement au rudiments culturels... et d'abord, c'est quoi la culture général?
Pourriez vous me dessiner un patatoïde de déclinaison des fondamentaux? moua non....

10/01/07 - 20:53

Personnellement, je les aime bien mes étudiants (à part un ou deux cons évidemment) même si le niveau est parfois pas terrible... Dire que le niveau baisse, ah bon, il faudrait avoir des critères objectifs pour le dire, pour ma part ça fait que trois ans que je donne des cours alors... Pour le reste, il est évident que je viens d'une promo beaucoup plus brillante que celle de tous ses gros nazes (zut, je joue encore au jeu vidéo :))c'est grave docteur...

10/01/07 - 22:59

Selon les autorités compétentes, le niveau baisse... depuis les Babyloniens! ^_^

Plus sérieusement, je pense à peu près comme Stevezissou (comme quoi...): le niveau moyen baisse, ne serait-ce que par l'augmentation des effectifs, mais le niveau des "spécialistes" monte (ou ne baisse pas).

C'est entre autre ce que mon père, aujourd'hui à deux ans de la retraite, m'a dit avoir constaté depuis qu'il enseigne.


Néanmoins, certains de mes ex-collègues trouvaient qu'il y avait vraiment un affaissement depuis 3-5 ans... qui croire? :-\

11/01/07 - 17:02

J'oubliais de préciser que ma grand-mère observe que tout fout l'camp.

11/01/07 - 17:12

En fait fabulous, j'ai pas trop d'idées précises sur l'état des facs. J'ai des impressions qui s'affirment ou qui se défont.Et des bêtes noires.

J'avais l'impression que le niveau avait effectivement un peu baissé,(de nombreuses personnes ici m'ont fait comprendre que non) mais que les profs, derrière leurs plaintes apparentes, s'en accomodaient fort bien, et ne faisaient pas grande chose pour enrayer la tendance, plutôt le contraire.

Sinon Népo, votre grand-mère est d'une grande sagesse.

11/01/07 - 18:31

Je ne vous le fais pas dire !

14/01/07 - 22:01

L'assemblée s'échauffe ! (Lire ici un commentaire passionné.)

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Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
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Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

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