Je ne suis pas un héros
Janvier 1939, tout près de la frontière française. Rafael Sánchez Mazas, ancien numéro deux de la phalange, a réussi à tromper la surveillance de ses gardiens et s'enfuit dans les bois, traqué par les bribes de l'Armée Républicaine qui se console de la défaite et de l'exode qui commence en fusillant à tour de bras les derniers prisonniers fascistes.
Dans sa fuite, Mazas tombe nez à nez avec un très jeune soldat républicain qui finalement lui sourit et le laisse filer. Pour le romancier Javier Cercas, qui s'est inspiré de ce fait réel dans Soldados de Salamina, ce jeune soldat est l'archétype du Héros des temps modernes. Celui qui fait instinctivement ce qui est juste, au bon moment.
De toute évidence, moi, je ne suis pas un héros. J'ai beau proner les valeurs démocratiques, devant les gens de droite j'ai le plus grand mal à rester serein. Hier soir, repas convivial au Cornet à fondues. Sarkozy est nommé, et blam, voilà que je réussis à te gâcher l'ambiance en un clin d'oeil. Je me demande si je suis vraiment capable d'avoir de amis de droite.
En 1935, les intellectuels phalangistes et communistes discutaient encore fraternellement sur les terrasses et les bistrots de Barcelone et de Madrid. Quelques mois après, il se fusillaient les uns les autres. Si ça venait à se reproduire, est-ce que je bougerait mon cul pour tenter de sauver mes amis emprisonnés? Et si c'était l'inverse?
Et enfin, la seule question vraiment importante, car la politique fiction, finalement, on s'en branle un peu : comment est-ce-qu'elle fait l'adorable Claire Fischer pour épouser un républicain (outre le fait qu'il soit carrément sexy)?
06/12/06 - 13:12
le livre est un délice
le film est pas mal non plus...
pour le reste un peu de diplomatie (de tps en tps)
zelgadis