Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

19/11/2006

19/11/06 - 17:39

Qui a peur de ses concitoyens?


Alors que j'amène mon père, en week ens sur Toulouse, faire un tour à l'expo Absolumental des Abattoirs (Musée qui cela dit en passant, est entrain de me réconcilier avec l'Art ultra contemporain), un vigile du musée nous entend parler catalan et s'approche visiblement ému.

On commence à bavarder avec lui, plus pour se montrer polis que par réelle envie. Il est espagnol, d'Albacete. Il nous décline avec fierté le fond du musée, riche en pièces d'art ibérique contemporain. Puis commence la vieille ranguaine que je ne connaîs que trop bien. Ça fait 30 ans qu'il vit en France et il ne supporte plus. Fort heureusement, le week-end il peut répartir se ressourcer à Lloret, sinon il en crêverait. Pour appuyer ses propos, il sort son portefeuilles et exhibe ses pièces d'identité délicatement entourées d'un ruban jaune et rouge (Arf), ainsi que ses cartes bancaires espagnoles, car tout son salaire est consciencieusement renvoyé vers la péninsule : il ne veut laisser un seul centime de ce côté-ci des Pyrénnées après sa mort.

Je me rappelle d'un coup pourquoi je décline poliment mais systématiquement les nombreuses invitations que m'envoient le consulat, la Casa de España ou l'Institut Cervantès. Je ne me sens vraiment pas à l'aise parmi ce groupe de pleurnichards nostalgiques que l'on appelle ex-pats, toutes nationalités et toutes catégories sociales confondues.

Existe-t-il un vice plus unanimement partagé que celui de critiquer ses voisins?

Un Français, fraîchement rencontré à une soirée, apprend que je suis espagnol. Vous pouvez être sûrs qu'une fois sur deux, il va m'expliquer en détail son voyage en Espagne, les emmerdes qu'il a eues, à quel point on n'est vraiment pas aimables chez nous, et qu'est ce qu'on crie fort, et qu'est ce qu'elle est grasse notre bouffe et qu'on ne sait pas cuisiner. J'acquiesse poliment, alors que j'aimerais lui fouttre mon poing sur la gueule.

Je rentre en Espagne, et je croise des voisins dans l'ascenseur. Au lieu de me parler de la pluie et du beau temps, il s'interessent à ma vie de gavatxo, et finissent par me demander d'où m'est venue cette idée saugrenue de me casser à l'étranger alors que l'on vit quand même dans le meilleur endroit de cette planète, et par s'inquiéter sur la qualité de la bouffe, parce que c'est bien connu, la cuisine française, c'est dégueulasse. J'acquiesse poliment, alors que j'aimerais leur fouttre mon poing sur la gueule.

Du coup, dès que je pars loin, j'évite soigneusement de croiser un concitoyen. Le choc n'en est que plus brutal quand je remonte dans l'avion et que je subis les conversations de mes voisins, faisant le bilan de leur affreux voyage. "Quelle déception, Istamboul! Moi qui m'attendais à une Vienne, ou à un Versailles!" Et mon poing sur ta gueule, connasse, il va te décevoir?

commentaires

19/11/06 - 17:54

En réponse à al question-titre, je répondrais: MOI. Surtout en ce moment d'ailleurs... Putain, réveillez-vous!

19/11/06 - 17:55

Tiens, ça me rappelle une citation de Beaudelaire... :p

19/11/06 - 17:58

Ah bas les pleurnichards! :)

19/11/06 - 18:22

Hola Asbel,
comme espagnol qui habite en France et qui s'est bien melé parmi les français (je suis fier de dire que tous mes amis ici sont français), je voudrais dire quelques mots en defense de cet espagnol dont tu parles.
Je suis tout à fait d'accord avec toi que de qu'on habite dans un autre pays que le notre le mieux est d'aprendre la langue, la culture et aprendre aimer ce qu'il y a de bien dans ton pays d'accueil (parce qu'il y en a, bien sure).
Mais je comprends aussi la situation de ceux qui ont etait oubligé de quitter son pays par des raisons soit politiques soit econimiques, et qui sont partis dans des conditions beaucoup moins bonnes que les tiennes et le miennes. Toi et moi, nous avons eu la chance de avoir eu une education et aussi des envies qui nous ont invité a avoir envie de faire parti de celui notre deuxième pays. Mais je suis sure qu'il a 30 ans les jeunes n'ont pas ete dans ces memes conditions, et alors, n'ont pas pu s'integrer comme nous.
Je ne aurrai le courage de judger leur situation, mais de les inviter a comprendre ce pays, ces gens, ces bonnes choses, et aussi ses mauvaises...nul pays est parfait, mais nul pays est imparfait.

Adeu, el teu amic, Spintack

19/11/06 - 18:50

Je viens de corriger quelques passages qui après coup me semblaient un peu durs. (ce n'est pas la faute du pauvre monsieur s'il est né à Albacete, par exemple)

Je comprends évidemment la nostalgie de l'émigré obligé de quitter son pays. Elle me touche souvent. Quoi de plus émouvant que les poèmes des exilés républicains sachant qu'ils ne retrouveront jamais leur terre?

Puis il y a les nouveaux expats. Plus ils sont jeunes (et ce monsieur n'avait pas plus de 50 ans...), et plus j'ai du mal avec le discours nostalgico-nombrislistes... Le summum étant évidement ces jeunes Erasmus incapables d'oublier une seule seconde leurs villes, et qui se plaignent sans arrêt lorsqu'on les entend parler!

19/11/06 - 19:04

Je passe...de vez en cuando...sans signer, mais aujourd'hui je me suis dit que j'allais laisser un mot : parce que moi aussi, vivant la moitié de l'année à l'étranger, j'ai des problèmes avec les expat et avec d'une manière générale le fait de retrouver ses compatriotes à l'étranger....même sans qu'ils aient ce si bô statut qui permet à Madame de jouer au golf ou au tennis tous les jours... Je déteste les "réunions" "soirées" entre Français, ou plus précisément (parce que quand même j'ai des amis Français ici), je déteste le moment où quelqu'un va dire "ah parce que c'est sûr, chez nous, c'est pas comme ça ; ah parce que c'est sûr, pfou, les Argentins sont comme ci, les Argentins sont comme ça, ils me saoûlent, c'est le genre de chose qui pourrait pas passer chez nous." Eh beh. Retournez-y, alors, c'est ce que j'ai envie de dire à chaque fois. Et surtout, n'allez pas dans un autre pays, parce que vous risqueriez d'avoir encore plus de mal, l'Argentine présentant de fortes similitudes avec l'europe. Personne ne nous oblige à être là! En général c'est quand même un choix d'être venu jusque ici... Et puis accepter que "c'est pas pareil", ça fait aussi partie de la découverte d'un pays, apprendre d'autres codes, d'autres normes, une autre temporalité. C'est une question de curiosité, je crois. Ou alors c'est mon boulot de chercheuse (tu trouves, toi, dis-moi, cher A**?? jejeje) qui me déforme ; c'est vrai que les géographes ont jamais le regard tranquille... Enfin bref, au fond, ya que les femmes d'expat, qui elles, ont pas choisi d'être là, qui auraient le droit, à mes yeux, de se plaindre. Mais je sais pas, j'ai pas pu recueillir leur témoignage, elles étaient toutes en train de faire un double de badmington sur la pelouse de leur immense jardin...
Che, me voy, me esperan para tomar un maaaate !!! Tradición del domingo a la tarde, antes de la milonga!
Un abraaaazote.
Ju, en exil et contente de l'être!

19/11/06 - 19:11

Putain, dire qu'il y en a qui se plaigne d'être en Argentine... On croit rêver!

19/11/06 - 19:26

Ju!!!!!!!!!!!
Ça me fait trop plaisir de te voir par là!
Un abrazooooo!
Et bonne chance avec les franchutes d'Argentine :P !!

20/11/06 - 09:03

Quel coup de gueule !!!

tu sais que sur le coup je te rejoins :

quand je suis en Espagne, je fais tout pour ne pas être "reconnu" en tant que français...

22/11/06 - 21:40

putain les boules! le soleil de novembre, des copains autour d'un mate, un paseito junto al Rio, qué envidia!!!

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L'Homo Asbelus
tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
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