Boudu que ça fatigue de travailler!
Faut dire que j'avais perdu l'habitude, après 10 ans de dolce vita à la fac...
Hier soir, en moitié de semaine, j'étais déjà au bout du rouleau.
3 jours privé des mon minimum syndical de 10 heures de sommeil réparateur, ça te détruit un homme.
Cerise sur le gâteau, ma directrice appelle. C'est pas la fête à la fac, l'inspection risque de mal se passer. Et c'est les thésards qui allons payer : on veut réduire les allocations. Faut donc que je me sorte les doigts du cul et que je la finisse cette thèse de mes couilles.
Résultat, à dix heures à peine je crève simultanément de sommeil ET de stress. Je décide de me coucher, un livre à la main, histoire de me changer les idées.
Je prends machinalement le Qu'est ce qu'un genre littéraire de Schaeffer qui traîne sur la table de nuit. Page 40. Boudu ce que j'avance lentement avec ce bouquin. Pourtant ça me plaît. Enfin, je veux que ça me plaise. Comment puis-je continuer à vivre sans connaître les distinctions génériques du système hégelien? Pour une fois je vais te le finir ce putain d'ouvrage de critique littéraire, même si je dois y passer le reste de ma vie.
Vous l'aurez deviné, le livre finit par faire un vol planné et aterrit à l'autre bout de la chambre. Je me lève, passablement énervé, enfile une caleçon, et me dirige tout droit vers la bibliothèque du salon. Exit les que-tru universitaires. Il me faut un roman, un vrai, un grand. Il me faut partir très loin, et très longtemps. Et il est là, le grand roman, sur les étagères, à m'attendre avec patience. Je l'avais écarté, sciement. Je voulais le ménager. Disposer de longues plages horaires, me plonger totalement, coeur et âme, pendant un été, un voyage, qui sait? Mais là, c'est un cas de vie ou mort, il en va de ma santé mentale..
J'ouvre à la première page.
"Arrivé au terme de ma vie de pécheur...".
Voilà. Ça commence à prendre. Je ne suis plus Asbel, mais Adso de Melk. Je suis en 1327, et la chrétienté se déchire. En m'endormant, Ségolène, les inspecteurs, et les cours du lendemain ne sont que de lointains souvenirs.
Retour sur terre ce matin. En harpantant les couloirs de la fac, je me rends compte d'à quel point les universitaires sommes des êtres chiants et tristes. Comment avons nous réussi à prendre quelque chose d'aussi magique que la littérature et l'histoire et la rendre si indigeste? Je l'avoue, je m'en fous de comprendre la littérature. Je m'en fous de comprendre l'histoire. Je veux qu'on me parle des caravanes arabes, des hérétiques cathares, des empéreurs mongols, des conquistadors espagnols, des légionnaires romains, des pédés grecs, des juifs de Chine, des Chrétiens d'Ethiopie, des musulmans d'Indonésie, des adorateurs du feu perses, du serpent emplumé aztèque, du révolutionnaire russe, de l'anarchiste italien, de l'aristocrate français, des shoguns japonais, des mikados chinois, de l'émeraude Tokapi, de la tombe de Toutankhamon, de la cité interdite, du Harem du sultan, du sans culotte parisien, de l'amiral anglais, du négrier portuguais, du général prussien, de l'or de Tombouctou, des castes Zoulous, des brahmans hindous...
Oui, c'est vrai le nom de la rose se lit sans trop de problème il incite plutôt à se cultiver qu'il ne le nécessite. Par contre je crois que je n'ai pas été très loin dans le pendule de Foucault. D'un autre côté, c'était il y a 7-8 ans, il faudrait replonger dedans...
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
RADIOBLOG
"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
RADIOBLOG
"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)
16/11/06 - 19:33
Ben voila nous y sommes, la métamorphose s'opère et la THESE va enfin se matérialiser !
Il y aura encore quelques retours en arrière mais le processus est bien lancé !
Courage, patience et travail.
ormegris