Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

06/11/2006

06/11/06 - 13:36

Feuilleton familial (II)


Texte?
J'en ai la confirmation définitive. Les histoires gay, c'est pas du côté des labels Rainbow, de Pink TV ou des amourettes de Brian, Justin et la bande de Pittsburg qu'ils faut les chercher, mais chez les auteurs de BD. Exit le petit minet qui tombe amoureux de son camarade de classe ou le célibataire endurci qui combat sa sollitude en enchaînant les plan culs mais qui cache un coeur gros comme ça. La BD sort des sentiers battus et offre une vision de la "question homosexuelle" bien plus personnelle.
Je viens de finir l'autobiographie Fun Home, lecture qui m'a passablement troublé.
Si j'avais lu ça il y a quelques années, j'aurais été remué pour de vrai.
Les coïncidences avec ma propre vie sont pour le moins surprenantes. Fun home raconte la façon dont Allison, alors qu'elle commence la fac, loin du foyer familial, découvre son homosexualité ainsi que celle de son père, puis reconstruit son enfance à la lumière de cette nouvelle donne.
Comme Alison, la représentation que je me faisait de ma famille a basculé soudainement à 19 ans, et j'ai du entamer un travail d'archéologue pour attribuer un sens nouveau à une série d'évènements de mon histoire familiale qui jusque là semblaient anodins.
A commencer par l'entourage de mon père, qui devient immédiatement suspect. Comme Alison, les "amis" de mon père ont pris une autre dimension. Ces même amis dont on s'était déjà méfié instinctivement à l'adolescence, dont on saisissait inexplicablement le danger qu'ils représentaient.
Souvenir personnel : ma mère est au lit, avec de la fièvre. On apprendra quelque jours plus tard qu'il s'agit d'une fièvre rare qu'elle a choppée au Maroc. Pour l'instant, ça n'a l'air que d'une petite grippe. En sanglots, elle tente de convaincre mon père d'annuler son week end en voilier avec son ami. Mon père ne fléchit pas.
Comme Alison, il ne s'agit que de conjectures. Cet "ami", je pense, n'était qu'un amour platonique. Mais le doute persiste.
Quelques séquences de la BD semblent directement tirées de mon expérience personnelle. Lorsqu'elle rentre pour noël, la narratrice fait une virée en voiture avec son père. La question est timidement évoquée, mais la honte réciproque coupe de façon abrupte cet échange de confessions intimes. Un été, j'étais aussi rentré de Gérone en voiture avec mon père. Il pleuvait (ça ne s'invente pas!). C'est la première fois qu'il m'a parlé de son amant. Pendant cinq minutes, grand maximum.
Dernier point commun, et pas des moindres, avec Alison : alors que nous deux avons réussi, comme on dit, à "s'assumer", à se contruire une identité homosexuelle relativement peu problématique, qui ne mérite finalement que peu d'attention, l'histoire de nos pères continue de se dresser comme un interrogant perpétuel, un sujet que l'on ne finira jamais de creuser.

commentaires

06/11/06 - 15:07

"The Truman-Andreu's Show"....
Tu es filmé mon petit... ce monde n'existe que pour/par toi...

06/11/06 - 17:48

Aaaaarghhh! je le savais! et t'y as participé activement, salaud!

06/11/06 - 18:09

tu crois que j'ai vécu deux ans avec toi juste pour le plaisir??
heureusement que j'etais payé... arf...

06/11/06 - 19:38

tu veux faire croire ça à qui?! tu pairais pour passer à la télé, toi!

06/11/06 - 20:01

hé ho! j'etais en photo dans ouest France MOUA !!! ça c'est la classe !!

07/11/06 - 14:22

avec la petite différence que le père d'allison se suicide après avoir été condamné pour détournement de mineurs... enfin c'est pour faire pleurer les chaumières comme on dit.

07/11/06 - 15:10

Rhaaaaaa! fallait pas le diiiiiiiire!
C'est si bien ammené dans la BD!
Par contre, relis-là : il n'est jamais condamné pour détournement, mais seulement pour avoir offert une bière à un gars de 18 ans..
IL se suicide (et c'est même pas sûr) 6 ans après, lorsque sa femme lui demande le divorce.

07/11/06 - 20:08

superbe cette BD, elle était en feuilletons dans Libé cet été. Je n'ai jamais acheté libé avec autant de plaisir!
Ce qui est magnifique c'est aussi de sentir le personnage découvrir l'étendue de sa liberté en dehors du cocon familial, la voir lire toute la littérature lesbienne, voir ses rapports décalés avec la communauté.
Quant au retour vers le père. J'ai le sentiment que parler cul avec ses géniteurs, d'adulte à adulte, est aussi très compliqué en dehors même de la "question homosexuelle". Enfin, c'est mon sentiment...

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L'Homo Asbelus
tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
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