Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

05/11/2006

05/11/06 - 21:20

Qui a peur de l'éducation bourgeoise?


Je suis lessivé.
Ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est usant la campagne, surtout pour un citadin pur jus comme moi.
Faut dire que ça valait le coup. Force est de contater que vous avez un beau pays les français.
Cette fois, c'était la Corrèze. Plus concrètement, Meyssac, où un ami organisait un gros week end de jeux au coin du feu, ballades, et bouffe à gogo.
Et non, on n'a pas croisé Chichi et Bernadette. Ni Flamby d'ailleurs.
Ce n'est pas faute de parisiens en quête de racines, pourtant. Il y avait plus de voitures immatriculées 75 que de locaux.
Une de ces familles de la capitale m'a rappelé l'abyme qui sépare l'éducation bourgeoise française de celle que j'ai reçu. On faisait le tour de la belle église de Collonges-la-rouge, quand j'entends la petite voix d'une fillette de trois ans :
- Maman, Maman, elle est jolie l'église! Est-ce qu'on visitera l'église? Je VEUX visiter l'église !!
Boudu con. Je suis épaté. Les souvenirs de toutes les prommenades cultureuses et de toutes les expos que mes parents m'obligeaient à faire font surface d'un coup. Ce que j'ai pu détester ça! Au musée Picasso, ma soeur et moi on avait même un coin à nous où on attendait plus ou moins sagement que nos parent aient fini. Et cette gamine de trois ans affiche un enthousiasme à la limite du suspect pour les traits délicats des bas-reliefs du tympan roman!
La mère, cependant, n'as pas l'air plus surprise que ça. Elle répond, d'un ton lapidaire :
- On ne dit pas "je veux", chérie !!
Auto-correction immédiate de la petite fille :
- Je voudrais visiter l'église.. on peut ?
(re)Boudu con. Difficile de refroidir davantage les ardeurs et la soif de culture de la gamine. Et pourtant, cette future bourgeoise aura probablement fini A la recherche du temps perdu à 18 ans. Déjà qu'elle manie les modes verbaux avec une aisance insolente. Je me console en me disant qu'à force de conditionnels, et ce depuis son plus tendre âge, elle va cumuler plus de névroses que tous les gaïens réunis.


commentaires

05/11/06 - 21:55

On n'est pas sérieux quand on a trois ans. Elle aura le temps de se rebeller la gamine ou pas. Dans l'eglise elle aime peut etre les images ou ce beau monsieur presque nu qui lui ouvre les bras.
Sur la dextérité de la petite à utiliser la modalisation, ça elle oubliera vite: le bourgeois une fois grand est autorisé à dire "je veux" et à n'obéir qu'à ses appétits et à sa volonté. Il ne se reprendra plus et ne se corrigera plus: il sera sûr de son bon droit, de son autorité, de la légitimité de ses désirs. Un bourgeois névrosé est un bobo. Le bourgeois vieille France ne se pose pas de question existentielle. Il n'a que des certitudes. C'est pas comme ça en Catalogne?

06/11/06 - 11:34

Je doute que la bourgeoisie vieille France soit exemptée de névroses. Freud a quand même fait fortune sur eux..

Quant à l'Espagne, du moins dans le Nord, une grande partie des formules de politesse s'est perdue. Et je dis ça sans jugement de valeurs. Après la chute du franquisme, la société a très vite bougé, et une des révolutions a été la fin d'une sorte de respect craintif envers les "don", les "caciques" et autres patriarches. D'où une disparition rapide de toutes les marques grammaticales de déférence, dont la plus spectaculaire est sans doute le tutoiement généralisé...

06/11/06 - 14:50

j'ai bien eu la surprise un jour d'entendre dans un magasin une jeune fille (13-14 ans) dire vous à sa mère. Au fil de la conversation cette dernière refuse d'acheter ce que voulait la jeune fille. Dans un grand élan, elle renifle un bon coup et lâche :

"ho mère, vos êtes vache...."

06/11/06 - 17:47

Vouvoyer sa mère, c'est fort ça! En Espagne ça fait vraiment Castille profonde

07/11/06 - 00:08

Mais enfin, apprendre à un enfant qu'on ne dit pas "je veux" mais "je voudrais", c'est tout simplement l'éduquer, non ?
Qu'est-ce que c'est que ce délire sur le maniement "bourgeois" des modes verbaux ! Le contrôle du caractère égoïste et impérieux du désir serait l'apanage des bourgeois, et donc vaguement suspect de je ne sais quelle coercition regrettable ?

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qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




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Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


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