Le plaisir de parler en public, qu'ils disent..
Dimanche soir, en me couchant, grosse bouffée de stress. Le lendemain je suis censé présenter, devant une assemblée de spécialistes en poésie, les aspects métriques (domaine sur lequel j'y connais que dalle) de l'oeuvre dramatique de mon auteur.
Arf. Ces questions qui me hantent si souvent ont décidé de faire la teuf toute la nuit dans mon cerveau : Pourquoi quelqu'un comme moi, qui déteste plus que rien au monde la difficulté et les obstacles, se met-il de son propre gré dans des situations où il va être jugé ? Pourquoi recherche-t-il activement la souffrance? Comment un paresseux chronique, un lâche irrécupérable come moi a-t-il fait pour se retrouver si souvent dans d'épreuves pénibles, à passer des concours ardus, à discuter avec des jurys peu aimables?
Je ne veux pas faire carrière. Je ne suis pas comme mon père. J'aurais été tellement heureux à couvrir des livres et à leur coller des côtes dans un petite bibliothèque de quartier...
Réveil très difficile à 7 heures. Dans le métro, je suis obligé de ranger mon I-pod et de dire au revoir à la voix rassurante de Morrissey pour parler à une vague connaissance. Damned.
À 8 h 30, j'ai le privilège douteux d'inaugurer l'année universitaire au département d'espagnol. Et rien n'est encore prêt. Les listes des inscrits dans les groupes ne sont toujours pas disponibles. Les étudiants non plus, remarque : ils ne sont que 7 à être venus. Il y a pas foule pour démarrer l'année, dis-donc!
Je lis les intructions que le responsable d'UE m'a gentiment déposées dans la boîte à lettres. "Diviser la classe dans des groupes de 6 à 7 personnes". Bon les enfants, je sens qu'on va improviser quelque chose à l'arrache, vous êtes d'accord?
Le pire, c'est que je suis un peu entrain de les dépuceler. C'est leur première heure de cours à la fac, ever. Celle qui doit leur laisser un souvenir impérissable. Je ne sais pas si je suis très doué comme dépuceleur, mais j'en voulais pas moi, de cette responsabilité! "Monsieur, ça veut dire quoi Contrôle Continu?" C'est émouvant...
Puis atterrissage dans une autre dimension, dans laquelle on fait des blagues en latin à table. Ils sont funky les spécialistes du Siècle d'Or! J'accroche à une ou deux interventions, et c'est enfin mon tour. Ma main tremble, et mes feuilles avec. J'aurais pas du boire autant de café. Je ne connais rien de plus horrible que les deux ou trois premières phrases d'une présentation orale. Puis, par on ne sait quelle miracle, on arrive à se ressaisir. Je regarde l'auditoire, il a l'air sincèrement interessé. C'est bon, je vais tout déchirer, à présent je le sais.
24/10/06 - 16:38
Jajajaja, ¡¡Viva Lucas Fernández!!
ecué yamba o (visiteur)