Où je tente sans succès de profiter du système
Si c'est pas de l'amour ça. Mon homme s'est inscrit en cours de catalan. Deux heures par semaine au Casal Català. Les mauvaises langues rétorqueront qu'il aurait mieux fait d'employer ce temps précieux à apprendre des langues plus parlées, et donc nécessairement plus ouvertes sur le monde (mais c'est quoi une langue ouverte?), comme le chinois ou le japonais. Mais voilà, la famille de son copain n'est ni chinoise ni japonaise, et comme il en a marre de capter que dalle lors de nos repas agités (surtout que ça gueule et ça parle très vite un catalan), il a décidé de prendre les cartes en main.
Hier soir il rentre donc de son cours, et refuse comme d'habitude de me sortir les quelques mots qu'il a appris. Ah la honteuse... Par contre il a rammené une cassette audio de cours, que je suis sensé copier au laboratoire de langues de ma fac. Car vous vous en doutez, on ne dispose plus du matériel nécessaire pour le faire à la maison. Une cassette audio! Manifestement, les enseignants du Casal ont pris quelque retard niveau technologique.
Je me suis rendu aujourd'hui au dit labo, pensant naïvement qu'en 90 minutes (la durée de la cassette) l'affaire serait pliée. Tu rêves mon pauvre, t'es au Mirail! Même en pronnonçant le mot magique, "enseignant", qui d'habitude transforme le regard des interlocuteurs et ouvre toutes les portes, on n'a pas voulu mettre à ma disposition le "matériel" (quel grand mot) pour copier la cassette audio. Première question suspicieuse, qui ne m'étais même pas venue à l'esprit : Le cours à copier tombe-t-il sous le coup d'un copyright? Hum. Ni Puuuuta Idea. Aucune idée. D'un coup j'ai l'impression d'être entrain de faire quelque chose de très mal, et d'utiliser mon statut d'enseignant à des buts personnels hautement condamnables. J'insite malgré tout. Elle prend gentiment la cassette, mais me demande de revenir Lundi avec un "bon de facturation interne" à prendre dans mon département. Génial, je devrai donner des explications à mon secrétariat. Tant qu'on y est, vous ne voulez pas l'avis de mon directeur de labo ou celui du directeur de l'UFR? Arf. Vive le déboisement de la forêt amazonienne...
19/10/06 - 17:29
Vive l'administration française surtout, avec ses méandres, ses paperasses et ses atermoiements sans fin !
fabulous