Où des impératifs professionnels m'empêchent de profiter pleinement de mes retrouvailles
Quelle est l'obligation d'un jeune homo en retrouvant son homme et son lit après 4 jours dehors et presque 9 heures de train? Vous avez tous deviné, oui. Il doit en en effet se speeder parce qu'il arrive en retard au dîner de rentrée de son équipe de recherche. Funky mon arrivée à Toulouse!
Rasage, habillage et parfumage express et me voici à nouveau dans la rue. Dernière hésitation avant de remonter vers le capitole. Et si j'appelais pour m'excuser? Faut dire que je suis complètement crevé. J'ai dormi à peine 2 heures, enchaînant la soirée de clôture des fêtes de Barcelone et un horrible train de cercanías aux sièges en plastique dur. Note pour moi même : cette fois, c'est vraiment la der des der. Désormais, je hais le train. Et je pèse mes mots. Je dois être dans la phase sadistico-haineuse du processus de rupture affective. Je me surprends en effet à rêver voluptueusement de privatisations et de licenciements de masse. Dans quelques années j'en rirai peut être et me souviendrai avec nostalgie de ces heures à attendre en mangeant les sandwitch déguelasses du bar Terminus.
Je suis donc plus que crevé en rentrant dans le petit resto où on s'est donné rendez-vous. Ma directrice de recherche est de très bonne humeur. Apparament, les dernières feuilles que je lui ai envoyées sont très bien. Ouf. Je me demande si je ne devrais pas l'inviter à ma fête de PACS, celle-là. Je réussis le tour de force de ne pas ouvrir la bouche pendant troute la première moitié du repas. Heureusement, les membres de mon équipe s'avèrent plus pochtrons que prévu, je n'ai donc aucune honte à me resservir du vin à souhaît. Devant, un prof me pond une tirade sur l'enthousiasme de la jeunesse, en particulier en qui concerne la recherche littéraire, et sur son relativisme à lui, issu d'un long parcours qui l'a amené à accorder que très peu d'importance à ses travaux et à la critique en général. S'il savait. C'est pas moi qui va lui en donner, de "l'enthousiasme de la jeunesse en ce qui concerne la recherche". J'argumente vaguement. J'avance qu'il faut bien s'occuper. Et, accessoirement, gagner sa vie, je pense très fort.
Mon Dieu, à 27 ans je dois être aussi désabusé que ce gentil monsieur qui frise la soixantaine. Faudrait peut être que je fasse enfin le bilan sur "mon projet profesionnel", que j'ai soigneusement évité à ce jour.
26/09/06 - 13:19
Même pas eu le temps d'une ch'tite fellation rapidos ? :(
jeuneparisien1978