Mon homme me vantait dernièrement les mérites de la biennale de danse à Lyon. D'après ce que j'en ai compris, le festival est un succès incontestable, aussi bien au niveau de sa projection internationale que de ses retombées locales, faisant intervenir tous les acteurs de la ville dans une construction collective qui vient soigner à sa petite échelle les déchirements du lien social (c'est d'ailleurs la première fois que je lui entends, en parlant de Barre, quelque chose qui pourrait ressembler de loin à l'éloge d'un homme politique de droite). Mon homme finit son panégyrique sur une note provocatrice : "C'est quand même autre chose comme fête que vos défilés paléocatholiques du KKK!". Pffff, petit con va.
Au risque de subir le courroux des plus ardents défenseurs de la laïcité républicaine, si je devais choisir, je garderais sans hésiter les fêtes traditionnelles à l'espagnole, avec tous leurs cortèges de saints, de monstres, de bruits et de lumières. Je redescends d'ailleurs demain à Barcelone pour assister aux festivités de La Mercè, que je n'ai raté auparavant qu'en deux occasion : lors de mon année à Paris, car les cours avaient eu l'indélicatesse de débuter le 10 septembre, et l'année dernière, car un bon ami m'avait fait clairement comprendre que si je ratais encore une fois sa fête d'anniversaire il m'en voudrait éternellement. Outre ces rares exceptions, j'ai mis un point d'honneur à participer tous les ans à ce grand rassemblement citadin, souvent mal compris de ce côté des pyrénées.
En effet, loin d'être une célébration à la gloire de la religion, ou, certains diraient, un inadmissible débordement du catholicisme sur la place publique, La Mercé est bel et bien une célébration à la gloire de la cité. Et Barcelone étant une ville onaniste s'il en est, elle se devait d'organiser des fêtes à la mesure de son égo. Pendant que les cathos iront faire leur messe solennelle devant l'image de la Mare de Deu de la Mercé, des parents montreront à des gamins émerveillés un défilé saugrenu de géants et decapgrossos, les ados et préados danseront sous le feu que crachent les troupes de diables et l'adulescent que je suis ira bouger son cul sur Asian Dub Foundation, Juan Atkins et les autres groupes du BAM. Enfin, de toutes les innombrables traditions que ces quatres jours mettront en scène (parmi lesquelles, avouons-le, la moitié sont indéscriptiblement chiantes...) la plus belle est sans doute celle des castellers. Dans une allégorie vivante de la société et des liens qui la structurent, des dizaines d'hommes et femmes, de tout âge et de tout horizon, se dressent les uns sur les autres pour essayer de dépasser, enfin, cette limite aujourd'hui infranchissable de dix étages.
Bref, en résumé, vive la République, vive la laïcité, et tout ce qui va avec, mais ils ont quand même merdé en faisant décliner la fête populaire, formidable outil de cohésion sociale.
C'est vrai que pour ce qui est des fêtes traditionnelles et populaires, la France a beaucoup perdu... comme tous les Etats modernes d'ailleurs. C'est dommage et on est obligés d'essayer de faire prendre des fêtes construites de toutes pièces dans des villes qui manquent de cohésion et qui ne sont pas assez intégrées.
Bien d'accord pour les fêtes d'origine religieuse - bien qu'agnostique, la visite des églises reste pour moi une source inépuisable de plaisir.
RonanS (visiteur)
20/09/06 - 16:31
T'inquiète pas Asbel, un jour l'Espagne aussi deviendra un pays civilisé et abandonnera ces traditions kitch d'un autre âge... Mais bon, je peux tout à fait concevoir ton attachement nostalgique à l'Espagne éternelle. Pauvre vieux va!
amazigh (visiteur)
20/09/06 - 17:23
My quiche> c'est évidemment impossible et pas souhaîtable de revenir sur les fêtes religieuses en France. Faut remplacer par des fêtes laïques, et, si possible, et un peu moins chiantes que le 14 juillet par exemple.
A toulouse, ce qui il y a actuellement de plus ressemblant à une fête citadine, de conscience de ville, de lieu de vie commun, c'est les victoires du Stade (mais c'est mal parti cette année) ou les anniversaires de la mort de Nougaro. C'est un peu limite quand même.
Amazigh> Ce n'est que par volonté politique républicaine que la France a abandonné ces festivités particularistes, pas par "modernité" :P.
C'est quand les mairies ont décidé d'arrêter de les financer...
Oui c'est vrai que les toulousains (et comme bcp d'autres villes) n'ont pas de grandes fêtes qui visent tout le monde ... C'est dommage mais on fait très bien ça. On a la fête de la musique si, mais à mes yeux c'est plus un rassemblement de personnes qui veulent se bourrer la gueule dans les rues de Toulouse !
jeff (visiteur)
20/09/06 - 18:53
Moi je propose la Fête du Slip:
C'est Laïque, ouvert à tous, toutes confessions, toutes origines, tout le monde pourrait exposer et partager sa sexualité, pour la faire découvrir aux autres.
Sinon la Fête de la Musique fut une bonne initiative, non?
Y'a la Fête de la Bière aussi, je sais plus où, et on pourrait faire la Fête du Vin et du Champagne, c'est quand même un patrimoine culturel Français important!
Ok pour la fête du slip! mais je suppose que tu propose ça dans un cadre national, le slip concernant l'ensemble des français...
Faudra creuser davantage pour des fêtes plus individualisées pour chaque ville..
En plus des différences (culturelles, historiques, sociales...) entre les 2 villes (BCN et TLS), il y a surtout une différence politique considérable. Barcelone s'affiche clairement comme un capitale européenne et la municipalité supporte activement toutes les manifestations (même les plus festives et arrosées comme la mercé). La mairie toulousaine a également beaucoup d'ambition mais cela passe par une approche plus bourgeoise et "so french". Pour faire court, disont qu'ils préfèrent mettre l'accent sur des manifestations comme "piano aux jacobins" (ce qui n'enlève rien aux qualités de cette manifestation). A moyens diiférents, résultats différents...
PS: Snif... moi aussi je devais aller à la mercé mais je peux pas... suis dégouté...
ouais, bah, c'est parcequ'il ya pas assez d'identité culturelle dans vos patelins...
Ici, à ploucland, ya une fete de la galette et 10 festnoz par jours...
et avec ça les fetes historiques, les bigoudins qui defilent 5 jours sur 7 , le bignou a tirelarigot, les chants de marins...
c'est la fete du slip tout les jours!!
Breizhou (visiteur)
21/09/06 - 17:42
XDDD Il faut plus de sardanne et musique traditionnelle catalane!!!! (ne croyez pas, c'est une invention du XX siècle, mais les nationalsites catalans croyent que ça vien de plus de 1000 ans)...
Les JERC – Barcelona proposen una renovació del model actual de Festa Major PDF Imprimir a/e
dijous, 21 setembre de 2006
Les JERC-Barcelona hem constatat, un any més, la deriva comercial de la Festa Major, així com el seu desarrelament progressiu de les tradicions i cultura catalana, de les quals Barcelona, com a capital del País, n’hauria de ser el màxim exponent.
Creiem que aquest fet és fruit de l’esgotament del model de ciutat del PSC, que aplica el mateix format fallit del Fòrum a les Festes de la Ciutat, basat en grans esdeveniments recoberts d’un suposat disseny cosmopolita, però que en realitat reflecteixen un provincianisme molt allunyat de la riquesa de la ciutat de Barcelona. Evidentment dintre d’una Festa Major d’una ciutat rica i variada com Barcelona hi ha d’haver lloc per tot tipus d’actes, activitats i estils musicals, el que no pot ser és que al final la gran damnificada sigui sempre la cultura catalana en detriment de l’espanyola (només cal observar l’escassa presència de grups que actuen en la nostra llengua).
Creiem fermament que resulta possible combinar la modernitat i les noves expressions culturals de la nostra ciutat amb les activitats d’arrel més tradicional, utilitzant com a fil d’unió de les dues realitats la llengua pròpia del País, com a eina d’integració de tots aquells nous catalans que han fet de Barcelona la seva llar.
La única forma d’aconseguir tots aquets objectius és ampliant la presència de d’independentisme d’esquerres a l’Ajuntament, ja que només així es pot garantir un govern realment catalanista, progressista i proper a la ciutat.
Per tot això les JERC Barcelona demanem:
Que el PSC abandoni el seu fals cosmopolitisme i demostri el seu suposat catalanisme, no només amb paraules, sinó en la gestió diària de la ciutat, per tal que aquesta pugui exercir sense complexos com a capital d’un País i no com la capital d’una Autonomia.
Que en el procés d’elaboració de la Festa Major s’hi introdueixin canals de participació directa de la ciutadania, les associacions de veïns, les entitats juvenils, i tota la rica xarxa associativa de la que disposa la ciutat, amb l’objectiu de reformular l’actual model i fer-lo més proper als barcelonins i barcelonines.
Que la Festa Major de la capital de Catalunya serveixi com altaveu i plataforma per als grups musicals i la cultura catalana, ja que són els que més dificultats troben a l’hora de fer arribar les seves creacions al mercat. La Festa hauria de prestar especial atenció a tots aquells joves artistes i creadors de la ciutat enfront de les grans estrelles mediàtiques, ja que és una excel·lent ocasió per donar-los a conèixer.
Que s’aposti per descentralitzar les activitats de la Festa Major, acostant-les a la realitat de cada barri i fugint del format “macroconcert” on l’únic que es busca és reunir el màxim de nombre de gent sense cap altre criteri que l’estrictament comercial.
Eloy (visiteur)
22/09/06 - 01:31
o_O!!!!!!!
Flipo!
Y que opinas tú, porque dejas ir este texto así, sin presentación...
Qué quieres que opine...hombre, por favor!! Que son unos oportunistas y unos mentirosos!!Que siempre están a la vanguardia, del nacionalismo claro, y que no saben de música. No calificaría nunca a Juan Atkins o Tote King de "grans estrelles mediàtiques", porque son gente de los circuitos independientes y underground, y cuya popularidad es auténtica, merecida e internacional.
Además, lo del apoyo a la música/cultura en catalán me parece perfecto, pero siempre que sea buena música en catalán, no per se.
Es la historia de siempre: si hablas castellano, eres cultura catalana también? Yo siempre defenderé que sí.
Saludios y perdona por la diatriba
Eluá (visiteur)
22/09/06 - 11:39
pffffff le tier monde.......
Breizhou (visiteur)
22/09/06 - 13:05
Dixit le breton qui ne sait même pas écrire tiers :P
Y Eloy, al contrario, gracias por el texto de JERC, me reí un buen rato!
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
RADIOBLOG
"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
RADIOBLOG
"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)
20/09/06 - 15:14
Bah y'a la Gay Pride maintenant!
Faudrait un char de gays chrétiens, musulmans, et tout ça... ça aiderait ptêt les croyants homos à mieux s'assumer?
mickych