Qui a peur de la faillite de l'Etat?
Sur une plaquette marron caca, André Viau, préfet de la régon Midi Pyrénées me souhaîte la bienvenue à cette 23 ème édition des journée du patrimoine. Avec un tel hôte, l'après-midi s'annonce sous les meilleurs augures. Il y a intérêt d'ailleurs : j'ai eu le plus grand mal à extraire mon homme de ses dimanches léthargiques.
Dans la rue, un monde fou, dans l'ensemble gai et excité par l'évènement, mis a part tous ces pauvres gamins et préados qui tirent une tronche pas possible et traînent des pieds. Devant chaque hôtel particulier, un guide assaine à une foule studieuse les mêmes renseignements botanico-économiques sur le pastel et la région. On fait donc un coup d'oeil éclair à toutes ses belles demeures et à la petite maison Callas, avant d'arriver à ce qui devrait être le clou du spectacle : la préfecture.
Faut dire qu'il ne se fait pas chier le préfet. Depuis les saisies révolutionnaires (j'adoooore ce mot. C'est tellement exotique pour un non-français ou un non-russe!), il s'est installé dans le palais de l'Archévêque. Mention spéciale aux beaux jardins avec petits pavillons romantiques inachevés permettant de réflechir à l'inévitable écoulement du temps, jardins que j'avais déjà pu visiter à cette occasion. La préfecture a cru bon y organiser des animations un peu kitchos, avec une sorte de village des métiers médiévaux, où se battent en duel des aristocrates tout droit sortis des Trois mousquetaires. L'anachronisme est pardonnable, et l'ensemble est agréable et bon enfant, et plus important, semble plaire beaucoup aux visiteurs. Restent quand même ces gardes à chaque porte, dont l'attirail est un croisement entre les Orcs du Mordor et les gardes egypto-extraterrestres de Stargate. Et les elfes et lutins qui nous ont accueilli. Manifestement, les organisateurs n'ont pas lu les mêmes manuels d'histoire que moi.
Dans la catégorie "je ne me fais pas chier dans la vie", le Recteur et le Général commandant des parachutistes ne sont pas à plaindre non plus. Le premier, je pense, doit avoir un bel appartement de fonction à l'Hotel Lestat, demeure du XVI eme siècle, dont on a ouvert que la cour intérieure. La plaquette distribuée est à l'image des universitaires que le rectorat encadre : chiante et laide. La vulgarisation n'est apparament pas une priorité. la plaquette est constituée d'un long pavé indigeste, qui s'ouvre sur des considérations d'ordre méthodologique dont l'ensemble des mortels s'en branle.
Quant au Général, c'est dans un grand palais Empire qu'il habite. Entrée par la facade Nord, "sévère et martiale" (sic), encadrés par des militaires quelque peu gênés de remplacer le "circulez, s'il vous plaît" par un beau sourire. L'opération de com est savamment orchestrée : la visite débute avec les explications fournies par une charmante militaire d'origine asiatique qui est censée véhiculer, je suppose, l'image d'une armée française jeune et dynamique.
Bref, c'est pas fini que j'en redemande déjà. Je me suis pris une overdose salutaire de salons, luxe et volupté, et l'impression surement fausse mais oh combien rassurante de vivre encore dans le pays de l'opulence.
17/09/06 - 19:37
La vulgarisation a tout de même du bon et les animations permettent aux préados de maintenir dans un semblant de vie les ados qui sans ça se déssèraient sur place à regarder des bâtiments qui ne représentent plus rien pour eux. Et je pense que pendant la visite ils ont dû avoir à peu près les mêmes références que toi, trolls, lutins Mordor et compagnie... même les trois mousquetaires ils ne savent pas ce que c'est. Intermarché: les mousquetaires de la distribution?
Vraiment tout fout le camp. Et ça aussi c'est une méditation profonde sur la fuite du temps...
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