Où je sors le grand jeu
Hier soir, j'offre à mon homme son cadeau d'anniversaire : un repas pour deux chez Michel Sarran, restaurant toulousain étoilé. Un investissement que j'espère fructueux : avec un peu de chance il s'en inspirera à l'avenir pour me faire de bons petits plats.
La réservation est pour 20 h. En rentrant, je me sens immédiatement mal à l'aise, comme un gros plouc à la Cour. Je me sens surtout mal habillé. Pire encore, j'ai l'impression paranoïaque que tout le monde remarque nos piètres efforts vestimentaires. Pour ne pas arranger les choses, les clients sont dans l'ensemble assez décontractés, en opposition à notre maladresse flagrante.
Dans ces occasions, j'en veux à mes parents de ne pas m'avoir transmis leur culture des bonnes manières. Il régnait en Espagne dans les années 80 un souffle de liberté indéniable. Du coup, même dans les milieux un peu conservateurs comme ma famille, circulaient des idées assez babs sur l'éducation des enfants, du genre, la créativité de l'enfant ne doit pas être entravée par le carcan des normes sociales, et son épanouissemnt passe par être à l'écoute de ses désirs et tout le tralala. Résultat, l'Espagne est aujourd'hui un pays d'hystériques. Bon, en fait on a toujours été un pays d'hystériques, mais ces méthodes pédagogiques n'ont pas aidé.
Quant aux resultats sur ma personne, je suis peut être épanoui, mais je ne sais pas me tenir en société. Du coup, le temps que le Gaillac mousseux qu'on nous sert en appéritif fasse son effet, on reste assez tendus. Puis, une fois que les bulles magiques nous ont égayés, c'est la révélation. En rentrant à la maison, dans la chaleur enivrante des nuits d'été, on nage dans un bonheur bon enfant.
11/07/06 - 13:09
j'ai toujours du mal à comprendre que pour aller dans un très bon restaurant il faille s'habiller comme pour aller à un mariage, même si pour beaucoup c'est souvent un repas d'exception...
cyrille-12