Où une cérémonie réussit à m'émouvoir.
Ce matin, au monument aux morts de Toulouse, pour la première fois, un acte officiel rendait hommage aux 100 000 déportés homosexuels de la deuxième guerre mondiale. Mon homme me tire donc violemment de ma grasse matinée et m'oblige à faire acte de présence. En y allant, je me prépare intérieurement à me faire chier à mort. Des discours interminables où toute les institutions essaient de se voler la vedette, c'est pas précisément mon idéal de Samedi matin. Puis j'arrive, comme toujours légèrement en retard, et je me sens immédiatement écrasé par l'ambiance solennelle qui règne dans l'Assamblée. Je jette un premier coup d'oeil et reconnais en première file Léon guy, président de l'association des déportés de France, et camarade de notre section. Les rares fois où je les ai entendus parler, lui et un autre résistant de la section, de cette "saloperie de guerre", j'ai failli chialer. Je comprends à ce moment que la cérémonie risque d'être psychologiquement éprouvante.
Avec lui, l'ensemble des institutions de la Région et des partis de gauche (La mairie UMP a juste envoyé un pauvre conseiller municipal suppléant). Leurs discours, loin de sonner creux et hypocrites comme je le craignais, sont courts, sobres, et émouvants. Derrière les politiciens, une myriade de représentants d'associations gays, tous en deuil, sauf l'inmanquable représentant d'Act up, qui me fait sourire avec son vieux T-Shirt colère=action datant probablement des combats de la première heure.
C'est au président d' Oubliés de la Mémoire que revient l'honneur de clore les tours de parole. Son discours est le plus dur. Il rend hommage à Pierre Seel et nous lit des fragments entiers de ses mémoires de déporté. Arrive le passage où l'auteur raconte comment il a vu un de ses anciens amants se faire dévorer vivant par les chiens des SS en guise d'execution sommaire. Bouf ! Prends toi ça dans la gueule! Loli, une autre camarade de section, dont le fils à peine pubère vient de sortir du placard, a du mal a cacher l'émotion. J'imagine pas ce que ça doit être pour une mère d'imaginer ce genre d'atrocités.
La torture s'achève enfin, avec le dépôt de gerbes et la minute de silence et le chant des partisans. N'oublions jamais!
17/06/06 - 19:06
N'oublions jamais ce que l'extrémisme a fait, fait et fera encore...
loracle