Ce que je n'aime pas dans le militantisme
Pas de câlins du Samedi matin au lit aujourd'hui. Mon homme a du se lever tôt (pas moi, évidement) pour amener un fichier d'adhérents à une camarade qui souhaîte se présenter comme candidate aux législatives. Sur ce point, rien à dire. C'était dans le contrat. Je savais en m'engageant que le militantisme allait lui prendre pas mal de temps.
11 h 30, le rendez-vous dure plus que prévu. Ils doivent être entrain de discuter de la stratégie à mettre en place pour être investie candidate. Rien d'extraordinaire, me direz-vous. Mon homme aide la candidate de son courrant à remporter des élections internes. Mais voilà, il s'avère que cette fille est tout ce que mon homme et moi récusons en politique. Arriviste et mondaine. Et ça me troue le cul que pour soutenir une fille que j'estime peu, des moments privilégiés de la vie de couple soient sacrifiés.
Il y a quelque chose qui me dérange profondément dans la façon dont est organisé le militantisme dans le PS. Je comprends la nécessité des courrants de pensée, rien de pire que les partis monolythiques comme le PCF. Les relations intélectuelles, fondées sur des affinités de pensée, devraient être la seule base d'un courrant. Elles laissent souvent la place à des relations de l'ordre de l'affectif, dans le terrain très marécageux qui sépare la camaraderie de l'amitié. Tout est fait pour encourager cette dérive. Les réunions de courrant se tiennent dans des lieux conviviaux, comme des bars, des restos ou les maisons des uns et des autres. A priori, cette convivialité ne devrait pas poser de problème. Cependant, à l'inverse d'un groupe d'amis "normal", un groupe d'amis "politique" a quelque chose de malsain. Il est fondé sur la nécessité, et pas la simple estime. On se retrouve donc en face avec de vrais connards auxquels on ne pourra jamais dire tout le mal que l'on pense d'eux. Et ça, ça me démange. En outre, le groupe est régulièrement mis à l'épreuve par les échéances des élections internes. Une rhétorique très destructive du soutien et de la trahison se développe. Je suppose qu'il est difficile de faire autrement, et le PS doit être un des partis qui gère aux mieux l'équilibre fragile entre autoritarisme et démocratie interne. Mais je sens aussi que ce n'est pas vraiment fait pour moi.
10/06/06 - 12:21
pour avoir été gâté ce matin, je ne peux que compatir...
cyrille-12