Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

05/05/2006

05/05/06 - 07:30

Sur les difficultés d'avoir un père pédé, les méfaits de la modernité, et les guerres médiques

Alors que le soleil se lève derrière la coline du Tibidabo, je me demande où commencer le récit de ma soirée. Sans doute, le meilleur début est mon arrivée chez mon père et son "ami" dans leur appart flambant neuf Brian-Kenny-style dans un ancien immeuble Art nouveau renové. Je suis invité à dinner. Au menu, botifarra amb seques. Entre un père pédé, et un fils pédé, ça fait longtemps qu'une gêne s'est installé. La semaine dernière, au détour d'une conversation, ma soeur a laissé tomber que notre père comptait se marier avec son copain. J'attends pendant tout le repas la confidence, mais elle n'arrive pas. Je fais donc semblant de ne rien savoir. Je suis sécrètement jaloux de la relation privilégiée de ma soeur avec mon père. Depuis que j'ai 18 ans, ma vie ressemble à une mauvaise comédie des moeurs modernes, alors que pendant mon enfance, on aurait dit un remake cucu de la petite maison dans la prairie.
23 heures, rendez-vous avec Quique devant le Burger King des Ramblas. Quique, à mon plus grand bonheur, viens de grossir depuis quelques jours les chiffres astronomiques du chômages des jeunes en Espagne. C'est donc le seul ami qui est disponible en semaine. Pas de drame pourtant. Quand je compare l'optimisme je-m'en-foutiste des jeunes espagnols, malgré leurs salaires de misère, avec le dramatisme permanent français, je me dis que dans la vie, tout est question de perception des réalités. Faut dire malgré tout qu'en Espagne, la solidarité familiale remplace souvent les carences de l'Etat, ce qui rend plus vivable la situation.
On boit tous les deux en tête à tête. Puis on boit. Puis on boit. On change de bar. On boit encore. On change de bar. On cherche des vendeurs clandestins de bierre. Introuvables. Mairie de merde qui essaie de donner une image asseptisée de notre belle ville méditerranéenne. Il paraît que le dernier arrêté municipal interdit d'étendre le linge sur les balcons. Et puis quoi encore. Européisation de merde.
Puis c'est l'heure d'aller en boîte. On rentre au MOOG, et on monte directement au premier étage, la meilleure salle disco-putassier de Barcelone. Je suis rassuré : au moins, ils ont toujours pas de doseurs sur les bouteilles, et la teneur en alcool des verres est plus que généreuse. Quique commence à être sentimental. Eh oui, ça fait plus de dix ans qu'on est de bons amis. Bien sûr que je me souviens de ce voyage de classe à Paris, en première, et des parties de Poker dans leur chambre de Formule 1!! Le regard de Quique commence à lorgner sur deux belles filles qui dansent a côté. Je le préviens, elles sont lesbiennes. D'ailleurs, la moitié de la salle, dont le DJ, est homo. C'est ça qui est bien dans les boîtes hétéro-branchées de cette ville, on peut toujours se demander si le mec qui danse à côté en est ou pas. Je me souviens d'une nuit mémorable au Nitsa club. Je ne sait quel DJ de Detroit était aux platines, qui ravissait mes amis, moi je n'avais de yeux que pour le mec à côté, avec qui j'a finalement passé une nuit innoubliable.
Finalement, les filles, n'étaient pas si lesbiennes que ça. Elles tombent sous le charme d'un bel argentin qui les drague. Comme toutes les espagnoles, elles ne savent pas résister à la tchatche argentine, ainsi qu'à leur délicieux accent italianisant.
Le DJ finit la session sur une reprise Spain-is-different-Flamenco de hang up, enchaînnée avec gimme gimme gimme. El tiempo pasa. Tan lento. Puis les lumières s'allument.
Je rentre, et je rédige mon post. Dans quelques heures à peine, ma mère va me réveiller pour aller voir l'expo de l'année de Barcelone, les trésors de la Perse antique. J'espère ne pas vomir devant les bas reliefs du palais de Darius du Louvre ou les bracelets à motifs du British Museum.

commentaires

05/05/06 - 13:30

*-( J'ai mal à la tête.....

05/05/06 - 18:51

Toi, quand tu fais la fête, c'est pas à moitié!

06/05/06 - 13:20

ouais tu fais vraiment la fete !!

06/05/06 - 17:46

NITSA club - NITSA club - NITSA club - NITSA club - NITSA club - NITSA club - NITSA club ! ...

06/05/06 - 20:25

MOOG club-MOOG club - MOOG club-MOOG club - MOOG club - MOOG club - MOOG club - MOOG club - MOOG club - MOOG club - MOOG club!

07/05/06 - 03:31

Mais c'est vrai que c'est pire qu'une moissonneuse-batteuse les Argentins avec les Espagnoles ! Pfff, deux Jo Jo et emballé c'est pesé (oui, je suis jaloux).

07/05/06 - 19:16

beh c'est sur que le cliché de l'intello-tchatcheur-séducteur à deux balles se vérifie souvent...

30/10/06 - 04:03

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L'Homo Asbelus
tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
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