Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

03/05/2006

03/05/06 - 03:27

Où je remue le couteau dans la plaie

A mon arrivée en France, je ne connaissais rien à la politique de ce pays. Je débarquais dans un internat rempli de garçons anormalement politisés, qui m'infligeaient des débats interminables où des noms propres inconnus étaient pronnoncés sans arrêt. La salle télé passait en boucle des émissions ennuyeuses, comme les guignols, qui semblaient ravir mes camarades mais qui ne reussissaient pas à m'arracher le moindre sourire.
Aujourd'hui c'est quand je rentre en Espagne que je me sens complètement perdu. La sonnette d'alarme s'est déclenchée le mois dernier quand je n'ai pas reconnu le ministre d'affaires extérieures espagnol dans les jardins de la préfecture à Toulouse. Du coup, mes séjours sont en grande partie dédiés à l'absorption massive d'information, histoire de rattrapper le retard.
L'actualité politique espagnole est marquée ces derniers temps par le débat autour du référendum sur le nouvel "estatut" catalan, qui reprend dans des termes quasi identiques le débat référendaire de l'année dernière en France. Je m'explique. L'année dernière, le parlement catalan a voté à la quasi unanimité une charte très ambitieuse définissant un nouveau cadre autonomique (seul vote en contre, le parti populaire, marginal ici). Le texte a été ensuite envoyé à Madrid pour son adoption définitive, où il a été l'objet de très vives polémyques et de très dures négociations avant d'aboutir à un texte final largement amputé. C'est ce dernier texte qui nous est soumis à référendum aux citoyens catalans le prochain 18 juin.
Si le débat a un air de déjà vu pour moi, c'est parce qu'il reproduit les étranges alliances observées en France l'année dernière. Ainsi, le OUI est défendu au centre par les socialistes, les communistes-verts(!), et les nationalistes modérés. Ils considèrent que la nouvele charte offre des avancées très significatives par rapport à l'ancienne charte de 1979, avec, enfin, l'apparition du terme nation. Sur les extrèmes, le NON est défendu d'un côté par le Parti Populaire, par centralisme dogmatique et refus de toute évolution autonomique, et de l'autre, comble des paradoxes, par les Nationalistes radicaux qui jugent le texte final insuffisant et les amputations opérées à Madrid inadmissibles.
Un très bel article est apparu il y a quelques jours dans "La Vanguardia", qui aurait pu servir, mutatis mutandi, pour notre débat référendaire français. L'auteur avançait l'idée que les défenseurs du OUI auraient vu leur tâche facilitée si la question avait été posée dans les mêmes termes que sous la république romaine. En effet, sous la république romaine, lorsqu'une loi était soumise au vote, les électeurs pouvaient choisir de répondre par VR (uti rogas"tel que la loi a été énnoncée"), ou par A (Antiquo, c'est à dire, "je préfère ce qu'il y avait avant"). Il me semble que les évènements postérieurs ont prouvé que le Non de gauche avait tort, et que l'on est restés coincés dans cet "antiquo" qu'est l'Europe du traité de Nice. J'espère que l'on ne fera pas la même erreur en Catalogne.

commentaires

03/05/06 - 03:51

N'est ce pas là la logique d'un "héritage" franquiste que le PPE défende le centralisme ?
N'est il pas logique que le PC défende le Oui ?

Historiquement cela s'explique...

Bonne chance à vous... et tous mes voeux acccompagnent le chant de la "nation" catalane...

03/05/06 - 07:24

"Il me semble que les évènements postérieurs ont prouvé que le Non de gauche avait tort"

Pandore, Pandore... :-)

03/05/06 - 07:56

ça m'intéresse cette histoire de VQL ou A. tu as la signification exacte des initiales VQL? J'ai pas trouvé sur le net.

03/05/06 - 13:50

Cizion, j'ai eu du mal à retrouver l'article sur internet, mais j'ai enfin réussi. je te donne l'adresse, mais je ne suis pas sûr que ça marchera sans abonnement : [www]
En fait, les sénateurs romains pouvaient choisir entre VR, "uti rogas", tel que tu le proposes, et A, "antiquo", comme avant.
In-the-stars, la boîte je l'ai ouverte volontairement ;) et un peu provocateur, c'est vrai. N'en conclut pas que je n'ai pas eu de doutes au moment de voter, mais je pense aujourd'hui que c'était le bon choix.
Le marquis, ton analyse est parfaitement juste. Les membres du PP sont les fils biologiques et idéologiques des élites franquistes, et ils sont entrain de nous refaire le coup du complot rouge-séparatiste qui va détruire l'Espagne...

03/05/06 - 17:16

Merde un post intéressant, très intéressant.
La réaction de inzetares, toujours autant argumentée, merci pour ta lumières.
Le référendum est de droite bonapartiste, si la gauche avait des couilles, elle interdirait le référendum et reviendrait enfin au régime parlementaire en sucrant le président de la République.
Quoiqu'on en dise, en France, le référendum est toujours plébiscitaire, jamais les Français ne répondent à la question. A la même question, sous Mitterrand, la droite (tendance RPR) l'aurait rejetée et la gauche approuvée (tendance PS) l'aurait approuvée.

04/05/06 - 03:59

Parfaitement d'accord pour revenir au régime parlementaire, tuer le père, et, au moins, limiter l'usage du référendum, qui a tous les inconvénients que tu avances.
Cependant, pour approuver une constitution ou quelque chose qui lui ressemble (un TCE, ou, là, une charte d'autonomie), la légitimité d'une consulte par référendum semble être nécessaire...

04/05/06 - 14:46

> Stevezissou : Ta gueule, maintenant, d'accord? Tu comprends ça? Tes commentaires sur mes traits d'humour ou mes clins d'oeil, quand je parle à quelqu'un d'autre, tu te les mets bien profond. Tu te prends pour qui, à la fin?

Sinon pour ta culture, même si je n'avais pas envie de parler du fond, je peux répondre à ce que tu dis: "si la gauche avait des couilles, elle interdirait le référendum et reviendrait enfin au régime parlementaire en sucrant le président de la République." : c'est exactement ce que propose le MJS, par exemple.

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Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







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Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

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