Où je comprends que Venise ne sera plus jamais la ville des amoureux
Je ne m'habituerai jamais aux formulaires administratifs français. je n'ai jamais compris l'intérêt de certaines pièces jointes (mais qu'est-ce donc un fiche d'Etat Civil?) ou de certaines catégories improbables à cocher (Mme, Mlle, nom de jeune fille, ces archaïsmes ont disparus en Espagne à l'aube du XXème siècle!). Mais c'est bien la case "situation familiale" qui produit sur moi l'impression d'étrangeté la plus forte.
Au cours de ma relation avec Jérôme, jamais je n'aurai réussi à cocher la case "Pacsé" de façon naturelle et spontannée, à la façon dont je note ma date de naissance. L'effet est d'autant plus fort aujourd'hui, que j'ai rompu avec jérôme en janvier 2005. Mais aux yeux de l'administration, je suis toujours Pacsé avec lui, on reste couverts par nos mutuelles respectives, et on peut toujours faire jouer nos points pour les mutations. Pas pour longtemps. La procédure de dépacsage est engagée. Et depuis que je l'ai engagée, cette formalité administrative n'arrête pas de faire remonter à la surface les souvenirs de ma rupture réelle.
Je me souviens particulièrement de ce week end à Venise, surréaliste. On fêtait nos cinq ans de vie commune. Quelques jours avant, j'avais trompé pour la première fois Jérôme. J'avais découvert à nouveau à quel point baiser peut faire du bien, à quel point ça peut te faire sentir vivant. Avant de passer à l'acte, je croyais naïvement que je réussirais à baisouiller de temps en temps à droite à gauche, et à rester dans ma confortable relation de couple. Je savais, ou je me doutais plutôt à l'époque, que les nuits de beuverie où mon copain rentrait à de heures pas possibles s'étaient probablement finies dans quelque salle sombre que la morale repprouve.
Le week end à Venise fut donc surréaliste. J'avais déjà décidé que je quittais Jérôme, et je me retrouvais dans la ville romantique par excellence. Heureusement, je suis doté d'une impressionante capacité à m'évader du monde réel. Je me suis plongé dans la lecture du guide historique et dans la contemplation des Titien, des Tintoret et des Tieppolo qui ornent les palais, les eglises, et les maisons de Charité de cette ville surprenante.
Du coup, aujourd'hui mon homme refuse catégoriquement de passer un week end en amoureux là-bas, de peur que je le quitte au retour!
27/04/06 - 13:07
Pourquoi ? tu lui a raconté cette visite ! C'est ton jardin discret !
ormegris