Comme tous les ans, même jour même heure, je suis victime de la malédiction du rhume de début de printemps. Ça m’apprendra à mouiller la chemise sur les podiums jusqu’à 6 heures du matin puis sortir découvert dans le froid des aubes printanières. Du coup, j’ai dormi affreusement mal, me levant tous les 30 minutes pour me moucher, et je n’ai pas entendu la sonnerie du portable. Lorsque j’ouvre les yeux, le réveil marque 8 h 46. Je mets un certain temps à réaliser ce qui m’arrive : je dois prendre le train pour Albi dans moins de 20 minutes. J’hésite quelques secondes. Tan pis, j’y vais pas. Je suis malade comme un chien. Je me ferai faire un certificat. Puis la mauvaise conscience me rattrape (salope!). C’est la rentrée après plus d’un mois de grève. Mes étudiantes sont hystériques, à en croire le bombardement mailique dont je suis victime depuis quelques semaines. Il faut que je sois là, que je les rassure. D’ailleurs, j’ai des tonnes de devoirs à la maison à distribuer pour rattraper le temps perdu.
8 h 47 je saute du lit, j’enfile les fringues qui traînent par terre je prends mon sac. Pas le temps de me brosser les dents, ni ça va de soi, de me doucher. Je me sens crade. 8 h 49 ; je suis dans la rue. Je cours. Je réfléchis à la stratégie à adopter. Normalement je vais à pied à la gare, mais aujourd’hui, le métro s’impose : les 5 minutes gagnées seront précieuses. J’ai acheté un carnet hier, donc ça fait quelques secondes de gagnées. Je n’y arriverai jamais. La sortie du metro débouche sur les quais, mais les guichets sont à l’autre bout de la gare. Mais n’y avait-il pas des guichets automatiques dans la station de métro ? Pourvu qu’ils ne soient pas en panne… 8 h 52, je rentre dans la bouche du métro, je dégringole les escaliers et j’arrive juste à temps sur la rame pour bondir dans un wagon. Je souffle un peu. Un état des lieux s’impose. Je suis toujours malade comme un chien, ça le fait pas. Je suis crade. Heureusement, hier je me suis levé tard, douché tard, et couché tôt, donc les fringues ne devraient pas être trop sales. Alors pourquoi le boxer me gratte-t-il autant ? Dégoûté, je me rends compte que j’ai enfilé le boxer du dimanche, celui que je portais en boîte. Beurk. Remarque, ça aurait pu être pire. J’aurais pu mettre le T-shirt, du Dimanche, qui sent bon la clope et l’alcool…
8 h 58, je suis à Matabiau. Les guichets automatiques fonctionnent. Tout roule, c’est un miracle. Le train m’attend sur le quai. Il part, réglé comme une montre suisse, à 9 h 04. Je souffle à nouveau, puis je vais aux toilettes, histoire de me moucher un peu car mon nez coule comme les chutes du Niagara. J’en profite pour essayer de me passer un coup d’eau sur les mains et la figure. Evidemment, c’était trop beau, le robinet ne marche pas. Je me regarde dans la glace, et je remarque ma coiffure sorti-du-lit. Il y a en qui vont bien rigoler en cours. Je me dis que je vais jamais arriver à assurer 5 heures de cours, que ma tête est sur le point d’exploser, que mon nez est devenu la source du Nil, mais je sais très bien, que dès que j’aurais franchi la porte de la classe, l’adrénaline va parcourir mes veines, l’écoulement nasal s’arrêtera, le mal de tête s’envolera et la fatigue disparaîtra. C’est presque comme faire l’amour.
Merci, in-the-stars! c'est réciproque! je joli toujours ton journal, même si c'est pas toujours gai... il faut que tu te changes les idées!
Ormegris, la journée s'est bien passée, je n'ai pas pu en parler : j'ai du arrêter d'écrire pour ne pas rater le train qui me rammenait à Toulouse.
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)
18/04/06 - 19:42
Au fait, je le mets ici mais je pourrais l'écrire pour tous tes posts: tu écris vraiment bien, et c'est très agréable de te lire... :-)
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