Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

14/04/2006

14/04/06 - 15:03

Chroniques d'une fuite en avant collective.

Je travaille dans une dimension parallèle, et la porte intergalactique qui donne accès à ce monde hors normes est la grande arche de l’Université.
Hier encore, cette réalité m’est apparue dans toute sa vérité. J’étais parti pour passer une matinée studieuse à la maison de la recherche, que j’imaginais rouverte suite à la supposée détente dans le conflit. Naïveté quand tu nous tiens ! Les portes de la MDR étaient barricadées de haut en bas. En même temps, je ne peux pas en vouloir aux étudiants, car c’est l’esprit borné de certains profs qui nous a conduit à cette situation désastreuse. De tout temps, on a réussi à négocier pendant les grèves que l’on épargne la MDR pour pouvoir poursuivre l’activité de recherche et maintenir les cours de Master et de concours. Evidemment, le comité anti grève a profité de cette faille pour commencer à tenir des cours de première et de deuxième année, et ce malgré l’interdiction formelle de la Présidence de l’Université, qui considère que ce genre d’attitudes ne peut mener qu’à un réchauffement des esprits. Resultat : quand le comité de lutte l’a appris, il nous a enlevé, assez légitimement, notre dernier refuge.
Bref, je me préparais à repartir travailler à la maison, quand j’aperçois dans le grand patio une longue colonne formée par le personnel qui investit lentement un amphi. Je décide, sous les pressions d’un groupe de collègues que je viens de croiser, de m’investir u peu dans la vie de mon établissement en participant à une AG qui s’annonce tendue. D’entrée de jeu, la couleur est annoncée. Les anti grève, qui ont senti le vent de l’opinion tourner parmi le personnel, ouvrent grand leur gueule d’habitude silencieuse. Ils veulent voter le déblocage tout de suite. J’étais venu voter le déblocage aussi, mais je désenchante vite. Putain ce qu’ils sont cons ! Ils savent très bien qu’une AG du personnel, à la différence des AG étudiantes, dure rarement plus de deux heures. La moindre des politesses c’est d’avoir entendu tous les points du jour à traiter.
Les arguments se succèdent d’un côté comme de l’autre. Point fort des partisans de la poursuite de la mobilisation, plusieurs étudiants de notre fac ont été arrêtés de manière manifestement arbitraire. L’Humanité a publié une pétition de soutien qui a été tourné au ridicule par a plupart des faiseurs d’opinion. Pourtant, il me semble évident que, vu les directives du ministère de l’intérieur et du garde des sceaux de faire du chiffre, vite et mal, de nombreux manifestants ont été étiquetés casseurs de façon un peu prématurée. Le symbole à la fac est cet étudiant accusé de banditisme pour avoir deux autocollants anti CPE sur sa plaque d’immatriculation…
Mais le principe de réalité s’impose quand même. La fac est au bord du gouffre. Deux semaines supplémentaires de blocage, et le semestre ne pourra pas être sauvé. 500 mil euros de dégâts. Outre les étudiants qui ont occupé les lieux, il y a les cambrioleurs qui, déjà auparavant visitaient régulièrement cette fac au dispositif de sécurité plus que défaillant, et qui ce sont servi allègrement pendant ces derniers jours. Je suis aussi particulièrement touché par les difficultés financières de la librairie du Campus, qui a du licencier la moitié de ses employés, et par celles des presses universitaires, dont le personnel au statut précaire a également été remercié.
J’hésite jusqu’au dernier moment. La vieille salope derrière moi, qui n’arrête pas de se plaindre, est vraiment trop conne pour que je vote comme elle. Finalement, je fais preuve d’un courage inouï et je m’abstiens. Le personnel vote la fin de la grève et la reprises toutes les activités universitaires, y compris les activités pédagogiques, à compter de demain. Ils rêvent, les pauvres. La présidence a d’ailleurs bien fait comprendre qu’à cause des dégradations, les conditions de sécurité n’étaient pas réunies, et que la reprise se ferait de façon progressive. Reste à savoir ce que voteront les étudiants, qui sont entrain de tenir leur AG dans le jardin. Et là….
On part avec des collègues s’acheter à manger (les petits restos autour de la fac ne semblent pas sinistrés, heureusement…), puis on retourne écouter un peu ce qui se passe du côté des djeuns. La première intervention que j’entends me fait vraiment peur. En gros, et enrobé d’une rhétorique bien plus élégante que la mienne, l’ultra gauchiste qui parle déclare que tous les moyens sont bons pour poursuivre la grève, que le débat sur le blocage est d’emblée stérile et qu’il ne devrait pas avoir lieu, et que vu que plein d’étudiants sont venus que pour voter le déblocage, on devrait repousser ce vote sine die. Au fur et à mesure que je décode ce message simple, camouflé sous des tournures bien plus savantes, je prends peur pour la suite des évènements, d’autant plus que mon entourage ne semble pas précisément choqué. (Est ce qu’ils ont compris, déjà ?). Je suis obligé de partir pour retrouver une énième AG, celle du département d’Espagnol qui se réunit pour voir comment on peut sauver le semestre. A la fin de la réunion, on apprendra que les étudiant ont reconduit le blocage, et que la fac fonce de plus en plus vite contre un mur.

commentaires

10/05/06 - 12:38

C'est ça, adhere au ps et cours voter pour les deblocages, cretin.

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L'Homo Asbelus
tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
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