Texte?
Elle chante le nom qu'elle aime bien,
qui est long et beau,
qui dit seulement :
Méditerra-né-é-e

29/03/2006

29/03/06 - 18:30

En costume, on se sent le Roi du monde

Tu m'etonnes que les hommes d'affaire occupés et que les politiciens enfilent tous les jours un costume. Aujourd'hui, réception du Roi oblige, je sors mon deux pièces. Dans la rue, je me sens le plus beau, le plus puissant, prêt à écraser sur mon passage ces minables mortels qui me gênent. Il faut dire que l'effet est d'autant plus grand que je m'endimanche rarement. À ce jour, je crois que c'est la quatrième fois. Avant il y a eu le mariage de mes cousins, dont le souvenir le plus fort est le bruit de mes chaussures et des talons de ma soeur sur l'escalier monumental de la cathédrâle de Gerone. Il y a eu aussi en Décembre l'entretien pour un poste de PRAG à l'IUT d'Infocom. Putain, j'avais sorti le grand jeu pour ce poste, et les salauds ils m'ont classé second derrière un gars de la maison. C'est dans ces occasions que l'on regrette de ne pas avoir quelques bases en magie noire.
De fil en aiguille je me retrouve devant le palais de la préfecture. J'hésite une dernière fois, puis je rentre avec l'air le plus décidé que je réussi à afficher. A l'intérieur je scrute désespérément à la recherche d'un visage connu. Finalement, dans les jardins, je rencontre quelques profs de l'UFR d'espagnol. Apparament on est pas trop nombreux à être venus, ce qui est compréhensible quand on sait que la plupart des profs sont les enfants des exilés républicains de la guerre civile. Monique, une catalane très sympa, est du même avis que moi. "Je suis républicaine, et de gauche, mais quand même, c'est con de rater ça." On rentre boire du champagne. En fait c'est du cava, du mousseux catalan. A Noël, la situation politique en Espagne était tellement tendue que quelques illuminés avaientt proposé de boycotter les produits catalans, vins mousseux en tête, mais apparament la maison royale n'est pas tombée dans ces enfantillages.
Derrière moi, des vieux exilés républicains sont venus avec leurs médailles de 1939. Il faut pas oublier que Toulouse était le siège du gouvernement républicain en exil. Les journalistes se jettent sur eux comme des sang sues. Les vieux semblent heureux de raconter leurs histoires de guéguerres. On leur propose de serrer la main au Roi. Ah, ils la veulent les journaliste leur photo. Je lis déjà les légendes dans les journaux de demain : "Un Roi consensuel qui réussit 70 ans plus tard à réunifier les deux Espagnes".
Applaudissements. Le couple royal rentre dans le salon, suivi de Douste Blazy, Moudenc, et Moratinos, le ministre d'affaires étrangères espagnol. Sur le coup je ne reconnaîs pas ce dernier. Ce n'est qu'un peu plus tard, alors qu'il s'approche pour nous glisser quelques mots, que j'interrogerai ma voisine sur l'identité de cette personnalité. La honte. Définitivement, ça fait trop longtemps que j'habite en France.
Le discours est débité à une vitesse incroyable. Cinq minutes grand maximum. Une allusion à ces "combattants-qui-ont-du-fuir-à-la-fin-de-notre-guerre-mais-qui-resteront-toujours-espagnols" produit visiblement de l'effet sur les vieux républicains endurcis qui cinq minutes plus tôt voulaient aller afficher leur républicanisme à la face du Roi. A la fin du discours, c'est les premiers à aller serrer la main de Sa Majesté, qui se promenne dans le salon tel les anciens rois taumaturges guérissant les malades par simple imposition des mains.
Je me laisse moi aussi bénir, on ne sait jamais, puis je rentre enfin à la maison, préssé d'enlever ces chaussures qui sont entrain de me torturer.


commentaires

31/03/06 - 12:46

tiens, à propos de la réception, j'ai trouvé ça : [www]@2-3214,36-756187@51-756294,0.html

01/04/06 - 02:33

Et beh! 11 000 espagnols à toulouse! je savais qu'on était nombreux, mais pas autant!
Sinon, merci pour le lien! quand j'ai vu les journalistes, je m'attendais exactement à ce type d'article!

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L'Homo Asbelus
tient son nom de :



Asbel, prince impérial de Péjite,
qui le lui gentiment prêté. Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte. Ça aurait pu être aussi :




L'Homo Asbelus
a son Oueb-univers :







L'Homo Asbelus
aime les statistiques :




Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :


Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :

L'Homo Asbelus
aime la musique :



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