Les têtes couronnées et moi
En ouvrant aujourd'hui ma boîte à lettres, je tombe sur une grosse enveloppe assez classe. Sous un blason espagnol en relief, je lis le nom du destinataire : Sr Don Abel. Apparament c'est bien à moi qu'elle s'adresse, mais c'est la première fois que je vois ce Don, titre très peu catalan, antéposé à mon prénom. Je m'empresse d'ouvrir, avec une légère appréhension. Et si c'était l'armée? Le sevice militaire obligatoire a été supprimé en 2000, mais on ne sait jamais, mes anciens courriers avec l'armée étaient source de grand stress.
Heureusement, rien de tout celà. Je suis invité à la réception qu'offre au consulat Sa Majesté Don Juan Carlos de Borbón y Borbón, que Dieu le garde. Que faire? Ma conscience politique m'exige d'afficher le peu d'estime que j'ai pour l'institution monarchique en déclinant l'invitation, mais la folle qui sommeille en moi est irresistiblement attirée par les paillettes. Un détail m'arrête. L'invitation semble individuelle. Vraissemblablement, je ne pourrai pas être accompagné par une cavalière, et n'en parlons pas par un cavalier. Dans ces conditions, je risque de me faire chier à souhaît.
J'appelle le consulat pour confirmer. "Es a proposito de la recepción de Su Majestad". En prononçant ces derniers mots, je me sens ridiculement déférent, mais employer un simple "el Rey" me semblait d'une désinvolture indécente (que voulez-vous, j'ai malgré moi interiorisé le respect aux autorités véhiculé par mon éducation bourgeoise). Leur réponse est tranchante, je ne peux y aller que seul. Et merde. Si j'y réfléchis calmement, ce n'est pas raisonnable d'aller me faire chier pendant des heures pour rendre homage à une institution que je méprise. Et cependant....
20/03/06 - 16:36
cependant il ne faut pas oublier son attitude parfaite lors de la tentative de coup d'état en 1981. Si l'Espagne a bien réussi sa transition démocratique après les années de franquisme, c'est grâce à son courage et sa détermination !
anaximandre