Week end chez les sociotraîtres
Ce week end, je n'ai pas eu droit au câlin du samedi matin : à 10 heures, Az devait rejoindre les camarades du PS en queue du cortège. Je l'accompagne résigné, et je commence à défiler, pour la première fois de ma vie, sous le signe de la rose. Mon homme me colle quelques signes ostensibles d'appartenance politique. A ma tête, il a du sentir immédiatement que je suis gêné, car il les enlève aussitôt et les remplace par un discret "non au CPE". Il est marrant lui. Certains camarades appréhendent de trop s'afficher PS à cause de l'ambiance droitière de leur boîte. Moi c'est plutôt le contraire. Juste derrière nous défile le cortège de mes collègues de l'Université, que je devrais quand même aller saluer. Et je m'imagine mal serrer la main de mon directeur d'UFR, syndicaliste hardcore de chez Sud, avec une grosse rose sur ma veste. Pareil pour la moitié des profs d'espagnol. A la dernière manif, un directeur de labo m'a même vendu "révolution internationale", l'organe officiel d'un groupuscule ultraminoritaire trostkyste.
Mes amis appelent. Après les railleries habituelles, (bouh, sociotraître, bourgeois!!!) il finissent par me rejoindre. On se sent assez euphoriques. Finalement ils sont comme moi. Difficile de se faire une opinion stable dans cette vaste famille de la gauche. Nos convictions changent avec le vent qui tourne...
14 heures, la manif se désagrège petit à petit. On a rendez vous avec Az et une dizaine de camarades chez N* pour partir en week end à la campagne, à Banières de Bigorre (Ouiiiiiii, comme la mamie de Bayrou). Je pourrai enfin observer longuement et attentivement l'animal socialiste.
Finalement, aucune révélation spectaculaire, les habitudes du socialiste en groupe ne sont guère différentes des pratiques habituelles des autres milieux que j'ai pu fréquenter.
Comme tout le monde, le socialiste boit énormément en soirée. Le socialiste médit énormément des camarades absents, surtout s'ils appartiennent à d'autres courrants. Le socialiste jargonne énormément, surtout en économie (putain, j'ai rien pigé du week end).
Mais l'impression générale est positive. Le week end chez les sociotraîtres était génial, il faisait beau, je rentre avec un grand sourire...
20/03/06 - 13:38
Houlala Révolution internationale, c'est pas des trotskystes, si tu leur dis ça, ils se jettent par la fenêtre.
Comité central (visiteur - site web)