Qui a peur des retraitées?
Déjà samedi matin et je n'ai pas corrigé une seule copie. J'appréhende. Quelles surprises me réservent les commentaires d'histoire contemporaine espagnole? Ou plutôt, quelles surprises me réserve la copie de M*, retraitée, ancienne prof d'histoire en secondaire, le cauchemard de n'importe quel jeune enseignant?
Serieuse, motivée, elle est inscrite en DEUG d'espagnol, et préfère passer quelques modules par an pour "faire les choses bien et ne pas bâcler les enseignements". Cette année est consacrée exclusivement aux modules d'histoire, ça devait tomber sur moi. Elle emploie tout le temps libre dont peut disposer un retraité à ingurgiter des ouvrages et a fait plusieurs fois le tour de la maigre bibliographie que j'avais donné en début d'année. Ses questions en cours m'obligent a effectuer des pirouettes dialectiques pour cacher mon ignorance. Ses copies sont un condensé de culture encyclopédique qui défient à chaque paragraphe les connaissances solides mais non exhaustives que j'ai sur le sujet. A quoi je pensais quand je me suis proposé de corriger tout ce qu'elle me rendrait? Je serai ravi, je lui avais dit. Ravi mon cul.
Et les autres étudiants qui continuent de confondre absolutisme et monarchie parlementaire... D'ailleurs, c'est méchant, mais je ne résiste pas à la tentation de livrer un bêtisier hebdomadaire. Le coup de coeur de cette semaine est attribué à cette introduction, pour sa précison conceptuelle et la solidité des connaissances affichées :
"Le XIXème siècle en Espagne est un siècle très compliqué où le pays connaît beaucoup de problèmes et le pouvoir change souvent".
Au moins elle à l'art d'éviter l'erreur et de rester dans le juste.
04/03/06 - 15:07
Hi hi hi, j'aime beaucoup la phrase d'intro :) Merci :)
nico_paris12