Revenir à londres, après 10 ans, c'est un curieux exercice de nostalgie. Londres, mon amour d'ado, mon premier amour.
"Que cansat estic de tu, trista i disortada terra, i com m'agradaria allunyar-me nord enllà", écrivait Salvador Espriu après la guerre civile. Comme je suis las de toi, pays triste et abîmé, et comme j'aimerais m'éloigner, là bas, vers le Nord.
De sa Barcelone natale, Asbel adolescent rêvait de grandes capitales européennes. Paris, Londres, Berlin ont été mes premiers voyages, puis, ce fut un virage à 180 degrés, vers les rivages familiers mais toujours surprenants de la Méditerranée.
Saint Jacques de Compostelle attitude
Revenir à Londres, c'est un exercice de nostalgie, et comme tout retour, il impose la même question : est-ce qu'on y va pour découvrir des nouveaux lieux ou dans une sorte de pélérinage pour rendre hommage aux endroits qui nous ont marqué? À mesure que les souvenirs de mes étés londoniens refaisaient surface, toutes ces heures passées chez les disquaires et les librairies d'occasion, le besoin devenait pressant de vérifier si cette petite boutique de Notting Hill existait encore. Pari risque, mais pari gagnant.
Qui a dit que l'URSS était homophobe?
Revenir à Londres, 10 ans après, c'est enfin pouvoir mettre les pieds dans ces endroits où auparavant il m'était inconcevable de pénétrer. Avec mon homme, et ma soeur, j'arpente la nuit de la capitale, et je m'attaque au gay London. Vauxhall est quelque peu décevant. Mais ce toponyme, comme tous les toponymes anglais, est tellement évocateur et chargé d'intertextualité (Ah, Morrissey!) que la réalité ne pouvait que décevoir. Le Soho est à ma grande surprise assez plaisant. Pardonnez-moi la tautologie, mais les pédés anglais sont vraiment anglais, et ça me change un peu de l'internationale pédée. Soderich est positivement charmant, malgré les mises en garde de la Lonely Planet qui risque de finir un jour à la poubelle.
No comment. Ah, si, vous avez pas vues celles sur les déco de noël...
Revenir à Londres, c'est enfin pouvoir confirmer que J avait bouffé des champignons le jour où il a tenté de me convaincre des bienfaits de la privatisation des transports en Angleterre, en jurant sur la tête de tous ses ancêtres jusqu'à la 50 ème génération qu'ils étainet moins chers qu'en France. Mais trêve de coup bas dans ces jours de fête.
"Nous ne revenons pas à la maison pour noël car nous n'en sommes jamais partis"
Félicitations! Jamais dans ta putain de vie tu n'auras de maison! Flyer de l'association V comme Logement.
Cette année, sous le bonheur des retrouvailles, une légère morosité règne chez mes cousins et amis. Ça y est, on a fini les études, et maintenant? De toute évidence, les 3 ou 4 % de croissance annuelle en Espagne des dernières années n'a pas touché les 25-35 ans. C'est la tranche des "mileuristas", les diplômés et travailleurs qualifiés qui gagnent moins de mil euros, et dont l'espoir d'accéder au logement s'effrite. Pas étonnant quand cette croissance est due quasi exclusivement au tourisme, à l'immobilier, à la banque et à l'agriculture (en exploitant bien sûr les clandestins), et que l'on cumule en même temps les taux de productivité au travail et d'investissement en recherche les plus faibles de l'Union Européenne.
Le 24 au soir, petit tour de table des cousins pour se mettre au jour des nouveautés. Alors en Cracovie, pas trop froid? Toulouse, oui, je te conseille vraiment, si tu veux je te loge pendant que tu cherches quelque chose… Paris, oui, moi j'ai jamais réussi à m'adapter, donc je te comprend parfaitement. Ah bon, t'as trouvé un job à Mexico? Tu pars quand? Moi aussi je peux te loger!
Et c'est les oncles et les tantes qui se résignent à voir partir leurs enfants chéris de plus en plus loin. Au moins ils ne les auront pas dans leurs pattes à la maison jusqu'à 32 ans, la moyenne d'âge des espagnols qui quittent le foyer familial.
Aujourd'hui, vers 18h 30, petit café entre potes pour décompresser et fuir ces fêtes de famille qui n'en finissent pas : le catalan qui a instauré la tradition du repas de la Saint Etienne était un vrai sadique. A a ramené des amis à elle, qui travaillent tous désormais de l'autre côté des Pyrénées. Toulouse et Nice.
Du coup, quand j'entends parler en France de fuite des cerveaux, je rigole un bon coup.
Et quand je lis des articles sur le miracle espagnol, je suis carrément mort de rire. La croissance non répartie, qui en veut?
Où Asbel constate que la jeunesse d'aujourd'hui, c'est rien que des petits joueurs*
Il est 6 heures du matin passées, et je rentre de bringue avec ma soeur. Elle vient d'arriver du Mexique, et on a enchaîné bière sur bière et bar sur bar toute la nuit en nous mettant au courrant de nos vies respectives ces derniers mois, et en faisant un point sur l'état des relations familiales. Il est 6 heures du matin passées, et je ne rêve que d'un lit douillet sur lequel m'effondrer et contempler le plafond tourner pendant un moment. Je fais tourner la clé dans la serrure, j'ouvre la porte, et Tachán Tachán, surprise : la télé est à fond, toutes les lumières sont allumées. Première hypothèse que je formule dans ma tête : ma mère s'est endormi en regardant la télé. Mais y a personne sur le canapé. Puis c'est un "hola gordoooooooos" enjoué qui arrive du bureau, et ma mère qui apparaît en exultant de façon presque indécente vu notre état de décomposition avancé à nous. Elle voulait aller se coucher, mais elle a accroché sur le cercle des poètes disparus à la télé, et là elle surfait. Faut arrêter les amphètes et la coco, maman, c'est pas bon à ton âge!
*et souhaîte sincèrement à tout le monde un joyeux noël!
Dans une scène onirique du Charme discret de la bourgeoisie, Fernando Rey, qui joue l'ambassadeur d'un obscur pays de l'Amérique Latine, assiste à une grande réception très chic où il se fait importuner par un général avec cette politesse hostile tellement française. "Il paraît que votre pays est très corrompu?""Oh vous savez, il ne faut pas écouter tout ce qu'on dit, on a mis en marche un grand plan national, blablabla" Le général insiste. Fernando Rey, excédé, sort un pistolet et le descend au beau milieu de l'assemblée. Du Buñuel tout craché.
Hier, congelé sur un quai à Narbonne, j'attends impatient ma correspondance, qui a déjà du retard. A côté, une Bobo ennuyée cherche de la conversation. Heureusement, elle préfère la femme à sa droite à moi :
- Alors comme ça, vous êtes espagnole?
- Non, je suis vénézuelienne… (Sans blague? Très physionomiste la Bobo!)
- Oh? Justement ils en parlaient hier aux infos !
- Manifestement gênée Ah bon?
- Si si, ils parlaient, de votre président, vous savez, ce… euhhh… Chavez!
- Et ils en disaient quoi?
Roulement de tambours dans ma tête. Il y a quand même 60 % de chances pour que cette vénézuelienne vénère son Président, et 40 % pour qu'elle le haïsse. Consciente du terrain glissant où elle s'aventure, la bobo va exceptionnellement se montrer un peu habile :
- Oh, ils parlaient du pays, en général…
Mais pas pour longtemps, faut pas lui en demander trop :
- Il paraît qu'il y a du pétrole, c'est ça, du pétrole.Et avec une lueur dans ses yeux, laissant transpirer son écrasant sentiment de supériorité, mais aussi 80 % de pauvres, c'est un pays très pauvre, non?
Comment peut-on rester parfaitement poli et faire à ce point preuve d'une absence totale de tact?
Une deuxième scène de film me vient à l'esprit. Dans Baisers volés, la magnifique Fabienne Tabard apprend la vie au jeune Antoine Doinel :
- Un homme rentre par mégarde dans une chambre où une femme s'habille. En refermant la porte il s'excuse : "Pardon Madame". Il agit avec politesse. Un autre homme fait de même mais s'excuse ains "Pardon Monsieur". Il agit avec tact.
Viteuh viteuuuuuuh !
Rhaaaaa, h-3 avant l'heure du départ et encore trop de choses à faire...
Faut rationnaliser, hiérarchiser, garder la tête froide, sinon, c'est la cata assurée.
Aller retirer la carte bleue, c'est fait. L'actuelle rendait l'âme en janvier, heureusement que je m'en suis aperçu! J'aurais eu l'air malin, à Barcelone, le jour de l'an, à 00 h 01, sans pouvoir retirer.
Les foies gras pour Kwik, achetés. Il m'appelle hier à la dernière minute pour me passer une commande, le con. Tu comprends, Asbel, ceux que j'ai descendus la dernière fois de Toulouse ont fait fureur à la maison, mes parents en redemandent pour le repas du 31. Hum. Je sens qu'il y a un créneau import/export à creuser par là.
Faut faire les sacs là, et je sens que je vais être chargé comme un mulet. Déjà il y a les paquets de copies, 160 en tout, je vais m'amuser ces vacances. Surtout que j'ai commencé à corriger : Le Père Noël ne vas pas être gentil avec tout le monde, je vous le dit.
Et il y a les cadeaux pour la famille aussi. Cette année, c'est tournée générale de livres, la maison invite. Lundi, ma soeur m'envoie un mail desespérée. Elle perd son français. Elle a répondu à une invitation pour un festival à Angers, et le soir, en se couchant, elle réalise qu'elle a écrit "il hi avait". 10 ans d'école risquent de partir en fumée. Heureusement, super frangin est là pour une intervention d'urgence. Je l'ai gâtée. Parmi tous les livres offerts, une seule méchanceté, De l'Art d'avoir toujours raison. Faut dire que quand elle s'y met, c'est une vraie petite talibanne ma soeur. Pour mon père, c'est livres aussi. A quoi bon se prendre vraiment la tête? Il ouvrira son cadeau, fera son immuable tête de merci-beaucoup-mon-chéri et le gardera sur une étagère. Et pour ma mère, vous l'aurez deviné, livres aussi. Gros livre, je veux dire, avec dessins et photos et tout et tout sur la route de Tombouctou. Parce que le français de ma mère, c'est pas tellement ça.
Et les affaires de la thèse! le pire c'est que je ne rigole qu'à moitié, mais faut être réaliste, le scénario le plus probable c'est celui-ci :
Dans tous les cas,
JOYEUX NOËL À TOUT LE MONDE,
ET À BIENTÔT LES TOULOUSAINS !!!
Où Asbel est victime d'obscures manoeuvres destabilisatrices
La rédaction a reçu ce hier soir un courrier signé contenant une caricature grossière dont l'intention coupable ne fait aucun doute. Certains invoquent une grande ressemblance. Notre homme persiste aussi à défendre cette affirmation saugrenue et l'a même prouvé de façon fort significative par un grand éclat de rire en tombant sur le document en question.
Nous nous laisserons néanmoins pas impressionner par le nombre de ces déclarations, car "cent fous mis en un tas ne font pas encore un homme raisonnable". Nous avons en effet entière confiance dans la Vérité, qui finira par s'imposer d'elle-même par la force de son évidence, corrigeant et écrasant ces malheureuses erreurs de jugement.
I. De temps en temps, mon homme, dans un sursaut d'amour propre, tente de se rébeller contre mon impitoyable tyrannie dans le choix des films. Heureusement, il se plante systématiquement. Après m'avoir traîné voir Indigènes, il m'inflige cette fois Mauvaise Foi. Terrassé par les remords, je doute qu'il ose défier mon autorité de si tôt.
II. Roschdy Zem, je veux toujours ta bite.
III. Ce n'est pas parce qu'un film est vrai, qu'il est bon. OK, les discussions entre Clara et Ismael (comme le frère d'Isaac oui, il est fort en symbolisme le scénariste), je les ai eues mil fois moi aussi, et alors? Dans le même registre, ce n'est pas parce qu'un film est nécessaire et idéologiquement juste qu'il est bon.
IV. La comédie mélodramatique est vraiment un sous genre insipide. Faut pas trop rire, parce que c'est sérieux le sujet, quand même, mais léger en même temps, parce qu'il faut pas ennuyer le spectateur vous comprenez? Heureusement, le bonnes vieilles recettes comiques marchent toujours. Il me suffit de voir un handicapé se viander pour enfin rire un peu.
Ce matin, en passant récupérer un papier à la DPE, je m'attarde sur les jolis détails qui donnent une touche personnelle à chaque bureau du personnel administratif. Quelle différence avec nos tristes placards d'enseignants, où on nous parque par demi-douzaines! heureusement quand Ségolène sera élue, l'état dotera chaque enseignant d'un superbe bureau avec un ordi dernier modèle pour passer toute la journée sur internet et jouer à Civ IV comme un malade pouvoir assurer les 35 heures de présence.
Parmi tous ces bureaux avec les photos des enfants, les dessins naïfs, et les posters de voyages, il y en a un qui se la joue plus intello. Sur un tableau blanc, des citations d'auteurs célèbres, véhiculant une philosophie de vie "Hakuna-Matata" ou sa variante antérieure, "il en faut peu pour être heureeeeuuuuh". Parmi celles-ci, une citation de Nietzche que je ne connaissais pas : "Le bonheur, quel qu’il soit, apporte air, lumière et liberté de mouvement". Ah, Nietzche, quel exemple de vie remplie de paix et de bonheur, d'une Hakuna-Matata attitude! Et c'est encore les parallèles qui se croisent, Euclide qui se retourne dans sa tombe. Juxtaposer Nietzche à Giraudoux et autres niaiseries est une menace grave à la continuité de notre espace-temps. je vous aurai averti!
Notre effort constant pour faire éclater la vérité, aussi cachée et aussi protégée qu'elle soit, ne doit pas nous faite tomber dans la presse voyeuriste et dans le sous-journalisme des paparazzi.
Nous n'avons donc pas peur de nous aliéner des lecteurs en combattant les rumeurs infondées, et en proclamant haut et fort :
Autrefois, en lisant des critiques de cinéma, la métaphore me semblait douteuse, un insupportable tic de journaliste.
"Hitchcock joue avec les attentes de son public comme sur une partition musicale"
N'importe nawak, l'autre, y en a marre des raccourcis mécanicistes!
Puis en fait si.
Le public, c'est une partition.
Ce matin, en plein devoir sur table, j'appuie sur un bouton :
"Il vous reste 30 minutes"
Et c'est une avalanche parfaitement réglée de Pfffff rhaaaaa smurfff et hi hi hi his.
J'appuie sur un deuxième bouton :
"Il vous reste 15 minutes"
Rires histériques et regards implorants.
And last but not least :
"Il vous reste 5 minutes"
Et là pas un bruit, que des stylos et des plumes entrain de gratter sur du papier.
PS : D'un coup j'ai un doute affreux sur la façon d'accorder le verbe rester. Si quelqu'un peut m'éclairer...
Il y a deux semaines, le Nouvel Obs faisait son numéro de faux-indigné en parlant des "plus de 800 georgiens" que ces barbares de russes venaient d'accompagner à la frontière. Ah vraiment ce Poutine ne connait pas ce qu'est un État de Droit à l'occidentale! Simultanément, le ministre de l'intérieur français affichait en souriant les bons résultats de l'année : quelques 25 000 expulsions. Parfois illégales d'après la loi française, toujours illégitimes d'après la conscience morale. Mais quand on sait que le garde des sceaux se torche avec la constitution, et que le président de l'UMP, d'après ses propres déclarations, fait de même avec les défenseurs des droits de l'homme, que faut-il espérer?
En attendant, allez faire un tour sur le site Pour Karim, adolescent homo qui a fui sa famille en Algérie, aujourd'hui intégré dans son lycée de Bordeaux, mais qui risque néanmoins l'expulsion.
PS: Je sais que les gaïens sont largement au courrant, donc aux quelques autres lecteurs de mon entourage : une p'tite signature serait sympa! Ah, et aux quelques amis de droite : je suis passablement remonté, évitons les discussions politiques pendant la campagne!
L'hiver, c'est la saison des teufs chez les gens, et cette fois, c'était E et L qui recevaient. Dans le salon, un gros sapin tout beau, des loupiottes bleues qui m'ont inévitablement fait penser à ce post de Pascal, (tout comme la déco noël de la ville de Toulouse) et plein de bonne choses à manger et à boire. Pas de crêche, mais peu importe, je serai le Dernier des Mohicans.
L'ambiance aidant (même si j'ai raté le Last Christmas de Wham qui ouvrait la soirée), je me prépare psychologiquement au véritable marathon que sont les fêtes en Catalogne : 3 jours, quatre maison, cinq repas, et litteralement d'incomptables oncles, tantes, cousins et cousins éloignés à mettre au jour de me vie depuis l'année dernière.
Dans la chambre au bout du couloir, il y a un monde fou. Serait-ce un chill-out? Je m'approche. Je La vois enfin. Au milieu de l'assamblée extatique, Elle est là, et nous submerge de sa lumière et de sa vérité. Hier soir j'ai reçu la Bonne Nouvelle. Hier soir j'ai connu le messWii. Il n'y a de Dieu que jeu et Nintendo est son prophète.
J'adore le mépris tellement affecté qu'affiche Raskolnikov en qualifiant mes posts de lettres anonymes. J'adore parce que du coup, j'ai l'impression de faire un voyage dans le temps et me retrouver dans quelque cour européenne du XVIIIe ou du début XIXe, entrain d'imprimer illégalement quelque poésie satirique pour faire tomber un personnage influent. Malheureusement, l'illusion est de courte durée. Je ne suis pas un conspirateur romantique, et ma cible n'est pas un illustre aristocrate, mais un petit écrivaillon, qui tire on ne sait quelle fierté de signer dans la blogosphère avec son Nom et Prénom, au milieu de tous ces affreux pseudos.
Dossier de candidatures oblige, hier c'était séance de rasage, toilettage, et coupage de cheveux, histoire d'obtenir à la fin de la journée une belle photo qui fasse bien pro pour le CV. Chez le coiffeur, je m'amuse comme une petit fou. Déjà un apprenti assez bien foutu n'arrête pas de me mater, et je dois avouer que la réciproque est vraie aussi. À cela il faut rajouter tout ce poupounnage autour de ma personne, toutes ces attentions délicates dont je suis l'objet. Je me demande pourquoi j'ai détesté si longtemps d'aller chez le coiffeur.
D'ailleurs longtemps je n'y suis même pas allé. La première fois où j'y suis retourné c'était il y a trois ans, en Tunisie. Pourquoi là-bas? Je pourrais avancer qu'il faisait très chaud, qu'on n'était pas très loin du désert, et que les cheveux mi-longs n'étaient pas vraiment pratiques. Ça ne serait qu'à moitié vrai. En fait, ça me faisait triper de faire un voyage dans le temps, et de rentrer chez un barbier à l'ancienne, avec le vieux mobilier, débarassé de tous ces gadjets pseudomédicaux qui décorent aujourd'hui les salons de coiffure. J'ai patiemment attendu la bonne occasion, et le jour où j'ai apperçu un superbe bogoss derrière une vitrine, je n'ai pas hésité. Rhaaaa, le pied! Dommage qu'une fois les cheveux coupés, il se soit arrêté, ait enfilé une djellaba, et soit parti faire la prière. La barbe, c'est donc son apprenti de 13 ou 14 ans qui me l'a faite. Au couteau et au fil de fer, la classe. Quand il a fini, il s'est défait en éloges, ce petit lèche-cul. Vous êtes vraiment très beau, monsieur, comme ça. Très très beau. Tu métonnes, j'ai du payer quatre ou cinq fois le prix d'un local, et eux ont du bien se payer ma tête après mon départ. Peu importe. ça fait longtemps que j'ai appris à ne pas laisser ces détails me gâcher les vacances.
Fort de mon expérience tunisienne, l'été suivant j'ai retenté le coup en Algéria. Les résultats ont été pour le moins surprenants (attention, la photo s'autodétruira pour ne laisser aucune trace durable de cet épisode) :
Tous les ans, c'est la même affiche, et tous les ans, ça me surprend à nouveau.
La cinémathèque de Toulouse et l'école d'audiovisuels organisent une grande rencontre internationale où les étudiants des facs de cinéma des cinq continents passent leurs courtmétrages.
Comme c'est à Toulouse, et que la ville rose c'est le Sud, l'Espagne, Olé olé caramba viva la fiesta, ils ont décidé d'apeller l'évènement la Corrida audiovisuelle. Jusque là ça me va, j'adhère.
Le problème, c'est que corrida, tout seul, sans son complément de nom de toros, signifie en espagnol moderne éjaculation. Du coup, à chaque fois que je vois leur affiche, j'imagine inévitablement un énorme phallus entrain de cracher sur l'écran des litres et des litres d'images cinématographiques.
Un étudiant pas vraiment dégourdi. Du genre celui qui vient rarement en cours, et quand il est là, il fuit systématiquement le regard de l'enseignant. Toujours les yeux dans ses basquets et son jogging d'un goût plus que douteux (et ringard surtout). Toujous dans son monde, protégé par ses grosses lunettes. Et ses copies, en sont le reflet scrupuleux : une écriture incompréhensible, quelques bonnes idées, noyées dans un océan d'incohérences qu'il ne fait pas l'effort de développer.
Bah hier, place Capitole, ce vrai geek était assis sur la terrasse du Mac Do avec une bombasse black sortie tout droit d'un clip Rn'B sur MTV. La géométrie euclidienne c'est de l'arnaque. Les parallèles se croisent bien avant l'infini. Les dimensions de l'univers se confondent. Si ça continue, on va tout droit à la rupture de l'espace temps, je vous aurai averti.
Raskolnikov n'habite pas à Saint Petersbourg, mais au fin fond de la province française.
Raskolnikov n'est pas un étudiant misérable, mais un marginal orgueilleux, comme notre société, hélas, en produit trop.
Raskolnikov rêve de revanche.
Raskolnikov ne rêve pas de tuer une petite vieille avare, non, mais des racailles. Le faible se retourne contre plus faible que soi, dure loi de la nature.
Raskolnikov ressent le besoin de parer son vil ressentiment des plus hautes justifications métaphysiques....
Putain je ne pensais pas être aussi visionnaire avec le surnom que je lui avais attribué!
La première fois que j'ai été abordé par des témoins de Jéhova, je devais avoir 15 ans. Une femme m'acoste dans la rue, un gros sourire aux lèvres. Ça vous intéresse l'art, la philosophie, l'état du monde? A l'époque, je dois avouer que l'accroche a fonctionné à merveille, la bonne femme a toute mon attention. J'ai un magazine, ici, gratuit, pour des gens sensibles (sic) comme vous. Puis elle termine sur la phrase canonique J'aimerai bien vous recontacter pour pouvoir échanger vos impressions.
Bel exercice de targeting. Scannage rapide des indices vestimentaux et comportomentaux (à l'époque jétais un grungy piteux). Adaptation du discours à son public. Une vraie pro.
Hier matin, l'interphone sonne. Oui, c'est pour une campagne, j'aurais aimé parler avec vous. Encore ces p*** de quemandeurs de soi-disant associations de quartier! Je descends assez énervé, avec l'envie de faire un mini scandale. Coup d'oeil rapide en leur ouvrant la porte. De toute évidence, il ne s'agit pas de mecs de cité, ou alors ça fait trop longtemps que je ne regarde pas MTV. C'est pour une campagne MONDIALE, me disent-ils avec une fierté palpable. Waaaou. Ils me tendent des revues dont le look ultra ringard m'est désormais familier, mais surprise, c'est écrit en arabe. Hum. Bravo pour le scannage de boîte aux lettres, mais le pour scannage d'indices physiques, vous repiquez en Septembre.
En fermant la porte, je suis un peu déçu qu'ils ne m'aient pas adressé la parole directement en arabe. Tout fout le camp. La dernière fois, dans mon ancienne adresse, j'avais eu l'honneur de recevoir deux argentins spécialement envoyés pour pouvoir me convertir dans ma langue maternelle. Ça m'avait d'ailleurs rendu passablement parano, du genre, et s'il s'agit vraiment de fous et qu'ils me surveillent?
L'information est tombée comme un coup de tonnerre...
Je suis sur le point de raccrocher. J'ai enfin passé ces coups de fils sérieux, et prouvé que je suis pour de vrai une grande personne, et pas un gamin attardé. Et en tant que grande personne, faut que je regarde l'avenir, c'est ce qu'on m'a toujours dit. Il faut que je commence à préparer l'après-thèse. Et il y a ces postes d'enseignants titulaires d'espagnol dans le supérieur qui me font vraiment saliver.
Pendant quinze minutes, j'ai tenté de baratiner le DRH. J'ai préparé mes questions, demandé une description du profil et des competences souhaîtées, des tâches administratives à remplir, des réseaux à afficher.
Je suis donc sur le point de raccrocher. Et puis je tente, je me lance.
- Et il s'agit d'une création de poste?
- Non, en fait c'est un poste vacant depuis une mutation.
Caca. Il reste une dernière chance. D'un ton faussement innocent :
- Et depuis la rentrée, il est resté innocupé?
- Non, en fait il y a un enseignant du secondaire en déttachement.
Silence gêné.
- Mais vous savez, le recrutement reste com-plè-te-ment ouvert.
Mais bien sûr. Et le cul de la marmotte il est ouvert?
Du coup, je me demande si j'ai vraiment envie de participer à nouveau à leur petite comédie. J'en ai eu ma dose l'année dernière. Envoyer les dossiers, lettres de motivations lêchées et CV en béton, être selectionné, préparer les présentations power point pour les entretiens d'embauche, le tout pour t'expliquer à la fin que, vous comprenez, votre candidature est d'une remarquable qualité, mais l'autre candidat fait déjà partie de la maison. Fuck you i won't do what you tell me !
Sinon, si quelqu'un s'y connaît un peu en magie noire et en voudou, et qu'il est disponible autour de janvier/février, qu'il me contacte par messagerie...
N'en pouvant plus de chercher pendant des heures des bons plans sur des sites internet (des sites de covoiturage, bande d'obsédés!), et vouant à la RENFE et à la SNCF une haine infinie, surtout lorsqu'elles sont incapables de collaborer, je tente ma dernière chance sur la blogosphère :
Cherche quelqu'un avec voiture faisant le trajet Toulouse-Barcelone le 21, 22 ou 23 décembre. Si par un miraculeux hasard, vous passez donc le noël en Catalogne, n'hésitez pas à me contacter par messagerie.
Où asbel prend de gros risques pour faire éclater la vérité.
La rédaction de l'Asbel blog a reçu ce matin du mercredi 13 décembre 2006 un enregistrement par caméra cachée qu'après moultes débats déontologiques, elle a décidé de rendre public. Étant donné les dangers encourus par l'auteur du document, il est évident que la rédaction refuse de révéler sa source, qui a expressément demandé par courriel à rester anonyme. La vidéo est accablante pour les hautes sphères du pouvoir public, dont le peuple a le droit de connaître les pratiques. À bas Sarkozy!
J'arrive bientôt au terme de la rejouissante enquête de Guillaume de Baskerville et Adso de Melk, qui à mon plus grand bonheur m'a accompagné ce dernier mois.
Or bonheur non partagé n'est qu'à moitié réjouissant. Hier soir donc, en rentrant du boulot, je m'arrête au Virgin Grosseboutique, non pas pour acheter le dernier Sfar mais pour offrir à mon homme le DVD du Nom de la Rose.
Après le dîner, je lance le film excité comme une pucelle. C'etait sans compter sur l'impressionnante faculté de mon homme à s'endormir pendant les films. Il est capable se suivre attentivement l'interview interminable d'un sombre élu ou d'un obscur spécialiste en politique, ça oui, mais un film, même le plus haletant, l'entraîne inévitablement dans les bras de Morphée. Mi gozo en un pozo.
J'arrête le visionnage passablement énervé et je le laisse à son I:Télé adorée. Avant d'éteindre, j'ai un flash. Salvatore, le bossu difforme e hideux, hérétique dolcinien, vient de faire son apparition. Il y a quinze ans, j'étais en quatrième, et cette même scène avait provoqué l'hilarité générale dans ma classe. 30 visages de prépubères écervelés s'étaient tournés simultanément vers moi, et en jouant sur les sonorités de mon nom de famille, ils s'étaient mis à crier "Eh Salvatore, Salvatore, pfffffffff".
La maîtresse tente de clamer le jeu. Quelle idée de passer un tel film à une classe de gamins! Certains parents d'élèves se plaignent les jours qui suivent. Comment a-t-elle osé montrer à des anges innocents de 13 ans la mythique scène de cul entre Adso et la paysanne dans les cuisines de l'Abbaye?? Bon, faut dire que bizarement, on n'a pas entendu un seul bruit dans la salle vidéo pendant cette scène. Complétements scotchés, mes camarades et moi-même.
Longtemps après, le surnom Salvatore me poursuivait encore...
Petit tour au Virgin grosseboutique en rentrant du boulot. Sur un présentoir, le cinquième tome du Chat du rabin, de Sfar. Ça ne me donne que très moyennement envie. Pour une raison qui m'échappe, j'ai aujoud'hui perdu l'interêt que j'avais pour ce dessinateur. Non pas que sa production actuelle soit pire qu'avant, j'en sais rien. Je suppose que j'en ai trop lu. Je tente de donner à l'album un dernière chance et j'en saisis un exemplaire pour le feuilleter vite fait, mais en l'ouvrant je tombe sur la préface de Phillipe Val. Beurk! Il m'en faut pas plus pour le poser immédiatement et faire mon choix définitif et innappélable. Merci Phillipe de m'épargner une quinzaine d'euros ;)
Chassez le naturel, il revient au galop.
Rien n'y fait. Certes, je me soigne depuis des années, depuis qu'en quittant le foyer familial amis et petits amis se sont enchaînés pour me botter mon petit cul bourgeois (je vous vois venir!). Mais au fond de moi même sommeille toujours une petite drama queen capricieuse et gâtée.
Quand je veux quelque chose, quand je le veux vraiment, il me le faut toute suite, vite et bien.
Ce week end, c'est un sapin de noël que je voulais. Un beau sapin qui sente bien fort la résine de sapin et avec tout plein de lumières et de boules bien kitch. Problème : quand on habite le centre ville, et qu'on a pas de voiture, faut le trouver le beau sapin. A l'épicerie du coin, celle où on se fait arnaquer parce qu'on la la flemme de bouger jusqu'aux grandes surfaces, y a que des sapins amorexiques. Et il est hors de question de se trimballer un sapin dans le métro ou le bus.
On finit bien par en dénicher un, mais voilà : il a décidé de ne pas tenir droit et de se vautrer systématiquement par terre. Et c'est le même cauchemar qui recommence à nouvau. Retour à la case départ : faut le rempoter le f**ing tree, et faut donc trouver quelque part un gros pot, mais pas façon d'y arriver. Midica? désolé, on a pas. Interflora? que dalle. Casino (désespérés)? Essayez dans des garden center en périphérie. Mais moi je veux pas attendre à trouver quelqu'un pour m'amenrer en périphérie! Je veux mon sapin et je le veux maintenant. T'as compris, connard de fleuriste?
Mon homme, qui à la base s'en branlait royalement d'avoir ou pas de sapin, finit par saturer de tous ces je veux et par m'envoyer allègrement balader. Je reste comme un con, et finis par acheter un sceau de serpière qui j'espère fera l'affaire. C'est sans compter avec l'extrême patience de mon saint homme, qui a de son côté réussi dans sa dernière tentative de me trouver ce pot qui me fera autant plaisir. Rhaaaa, mais c'est pas en me gâtant comme ça que je vais changer, tu sais?
Chers amis, pour ceux d'entre vous qui ne seraient pas encore au courant, ma thèse a officiellement rendu l'âme cette semaine - je vous rassure, elle n'a pas souffert, et moi encore moins. Les obsèques festives seront célébrées à la chapelle [xxxxx] aux alentours de 21h, samedi 9 décembre.
Amenez à boire (nous veillerons dans le plus pur style sicilien old school) ou un dessert, comme bon vous semble. Et faites passer le mot à tous ceux que j'ai oubliés dans la liste.
Bises à tous,
Dibi
Samedi 9 Décembre, chez Dibi
Il y a eu le discours de l'hôte. Les remerciements à tous les présents, à ses
camarades de promo sans qui Dibi n'aurait même pas réussi à s'inscrire en DEA, à son indescriptible directeur de thèse, sans qui cette aventure interrompue trop tôt n'aurait sans doute pas eu la même saveur, et qui a imposé un sujet qui d'avoir été mené à terme aurait été un sérieux candidat aux prix ignobel, et au contribuable français, sans qui cette fête n'aurait pas eu lieu.
Puis c'est l'ambiance backroom, la baise en moins (rhaaa, ces hétéros!). Musique à fond. Dibi et Pouv, deux improbables fans de rap hardcore au look aussi bad boy que la famille le Quesnoy se lâchent. Life ain't nothing but bitches and money suivi d'une reprise NTM version paysan du Tarn. M bouge son buddy sur la table. Manu est arrivé. C'est là la partouze? Les filles qui le connaissent pas nous lancent un regard interrogatif. Laura Brannighan réussit à me faire décoller du canapé, canapé qui quelques heures plus tard rendra l'âme sous les assaults conjugués de Floflo cousinefucker et Guigui. La cousine en question a décidé de draguer, mais s'y prend mal à exhiber son chiraquisme (Si, si, ça existe, et elle a notre âge!) dans une assemblée plutôt gaucho. Mignone, certes, mais il y a des façons plus sexe d'ouvrir la conversation... La mort du parquet est plus lente et douleureuse que celle du canapé. Il agonisera longtemps entre verres mi-renversés et cendres de pétard. Tard dans la nuit, Guigui lui porte le coup fatal en aspergeant la piste de danse de toute une bouteille d'eau, sous le regard résigné de notre hôte. Tard dans la nuit, j'agonise à mon tour sur le canapé défoncé, résigné aussi face à mon homme qui enchaîne les vodka comme du petit lait, et dont je sais désormais qu'il sera le dernier à partir. J'erre au milieu de rêveries alcoolisées, quand You spin right round (baby rignt round) arrache mes dernières ressources. C'est le moment de passer quelque chose qui achève la soirée. C'est fait avec du bon reggae soporiphique.
Un peu plus tard, dans le lit, mon homme a décidé de pas me laisser dormir et débite à toute allure un discours icompréhensible. Je sors le grand jeu. Une claque pour qu'il se calme, je simule ensuite une petite colère (il est tellement bourré qu'il gobe mon jeu d'acteur minable), et voilà qu'il se retourne dans une grognement à peine articulé et qu'il s'endort en trois secondes. Je ne tarde pas à le suivre.
Ce matin, dans le lit, avec mon homme, alors qu'on a le plus grand mal à se réveiller et au milieu de relans d'alcool assez désagréables :
- Je suppose que tu te souviens de rien..
- Heuu.. vaguement. J'ai fait des conneries ?
- Bah t'as dragouillé la moitié des filles de la soirée... Il écarquille les yeux
- Non c'est pas vrai!
- T'as sauté sur trois ou quatre garçons...
- Non j'ai pas fait ça ?!
- Et t'as traité la cousine de notre hôte de " salope de connasse de sarkozyste de merde". Texto.
- !!!! Il me retorque qu'il ne pourra plus jamais regarder dibi en face. Je le laisse poiroter et je jouis encore quelque secondes de sa crédulité. Hé hé hé.
Mon homme, Décembre 2005,
après avoir décoré son premier sapin de noël, au sujet d'une éventuelle crêche que je voudrais ramener de chez mes parents :
- Jamais, je dis, JAMAIS, ces dérives idolâtres chrétiennes, ce dévoiement de la parole de Dieu, ce culte blasphématoire autour de la divinisation d'un humain, tu m'entends, jamais ça ne rentrera chez moi.
Je tente de l'amadouer. J'évoque la tradition familiale, les joies de mon enfance, le marché de noël où on allait tous les 22 décembre acheter la mousse fraîche des montagnes dont l'odeur capiteuse m'intriguait sans savoir pourquoi (je l'ai su bien après...). Rien n'y fait:
- Rhaaaa, mais c'est super moche, complètement cucul, avec ces dorures, les faux tissus des robes, le regard de mystique au bord de l'orgasme sur les visages, j'en veux pas de tes trucs kitsch d'espagnol, et puis quoi encore, les photos de la première communion de tes neuveux sur la télé?
09 Décembre 2006, maison :
Pero mira como beben, los peces en el río,
Per mira como beben, por ver a Dios nacido
Bon, c'est pas exactement comme ceux de mon enfance, il manque la mousse, le fleuve en papier allu, les maquettes de fermes aux proportions improbables et à la perspective quasi médiévale, et en plus c'est éclairé par une lampe Warhol (y a des choses à creuser au niveau de l'idolâtrie par là), et derrière y a des mangas et des magazines homo, mais c'est un début. L'année prochaine, la totale.
I. Je hais Iñarritu. Et je le hais parce que son terrorisme psycholgique marche du feu de Dieu sur moi. Toutes ces scènes où les gens perdent leur sang, crachent leurs poumons ou se déshydratent au soleil, c'est de vrais manifestes cinématographiques. Ce con de metteur en scène t'annonce tranquilement qu'il va te cuisiner à petit feu. C'est fini la vieille méthode climax-anticlimax, l'esthétique de l'image choc suivie du repos salutaire. Dans la vraie vie, la mort n'arrive pas d'un seul coup, elle est lente et douleureuse, comme le malaise qu'Iñarritu va t'infliger tout le long du film.
II. Boudu qu'il a vieilli Brad Pitt !!!
III. Pas mal vu l'inversion du mythe de Cain et Abel. L'atmosphère du désert marrocain, avec cette cabanne de bergers au milieu de nulle part, est particulièrement évocatrice. Sauf que cette fois, c'est le frère jaloux qui va y passer. Cerise sur le gâteau, le réalisateur répond à cette question que tout petit catholique hispanique s'est posé au cathéchisme mais que le tabou de l'inceste a fini par refouler : mais comment ont-ils fait les enfants d'Adam et Ève pour se reproduire??
IV. Je veux être japonais. Je veux une coiffure improbable avec des couleurs pétard. Je veux me prommener dans un monde sorti tout droit des mangas futuristes. Je veux des lycéennes avec des jupes au ras de la foune. Et en même temps je veux rire avec leur pudeur candide, en cachant ma bouche avec la main et en me penchant vers l'avant.
La société du maquillage, ou de l'art de camoufler ses lacunes
J'aurais pas pu rêver d'illustration plus pertinente pour un vieux post à moi sur une belle proposition de Ségolène :
OK, c'est vraiment une blague de thésard, mais que celui qui n'a jamais noyé son manque de travail sous une belle présentation (ou, ce qui revient au même, sous une saturation de jargon) jette la première pierre.
Janvier 1939, tout près de la frontière française. Rafael Sánchez Mazas, ancien numéro deux de la phalange, a réussi à tromper la surveillance de ses gardiens et s'enfuit dans les bois, traqué par les bribes de l'Armée Républicaine qui se console de la défaite et de l'exode qui commence en fusillant à tour de bras les derniers prisonniers fascistes.
Dans sa fuite, Mazas tombe nez à nez avec un très jeune soldat républicain qui finalement lui sourit et le laisse filer. Pour le romancier Javier Cercas, qui s'est inspiré de ce fait réel dans Soldados de Salamina, ce jeune soldat est l'archétype du Héros des temps modernes. Celui qui fait instinctivement ce qui est juste, au bon moment.
De toute évidence, moi, je ne suis pas un héros. J'ai beau proner les valeurs démocratiques, devant les gens de droite j'ai le plus grand mal à rester serein. Hier soir, repas convivial au Cornet à fondues. Sarkozy est nommé, et blam, voilà que je réussis à te gâcher l'ambiance en un clin d'oeil. Je me demande si je suis vraiment capable d'avoir de amis de droite.
En 1935, les intellectuels phalangistes et communistes discutaient encore fraternellement sur les terrasses et les bistrots de Barcelone et de Madrid. Quelques mois après, il se fusillaient les uns les autres. Si ça venait à se reproduire, est-ce que je bougerait mon cul pour tenter de sauver mes amis emprisonnés? Et si c'était l'inverse?
Et enfin, la seule question vraiment importante, car la politique fiction, finalement, on s'en branle un peu : comment est-ce-qu'elle fait l'adorable Claire Fischer pour épouser un républicain (outre le fait qu'il soit carrément sexy)?
Un des avantages indéniables de vivre à cheval sur deux pays, c'est de pouvoir se livrer sans vergogne à l'anthropologie comparative de comptoir. "Les espagnols sont comme ci" et "les français sont comme ça" ponctuent éhontément mon discours quotidien.
Au sujet de cette pratique sociale caractéristique des peuplades occidentales que l'on appelle politique, ma préférence était jusqu'à présent pour l'Espagne. Qui a suivi au moins une fois en Espagne le "débat sur l'état de la Nation", annuel et s'étalant sur plusieur jours, ne peux que s'ennuyer devant la morne vie parlementaire française. Le débat là-bas est retransmis en direct et en prime time sur la chaîne publique, et il constitue un vrai sommet de l'art dramatique, avec des répliques s'enchaînant parfaitement, des coups de théâtre, des effets soigneusement préparés, un chef d'oeuvre en somme.
A côté, les représentations à l'Assemblée Nationale font pâle figure. Et c'est pas étonnant : il manque le héros, le personnage principal. Toute la pièce s'articule autour d'une absence. En honneur à Beckett, on devrait la rebaptiser En attendant présidentot. Et moi, le théâtre de l'absurde, je trouve ça chiant, ça manque de punch.
Mais là je dois avouer que la campagne présidentielle me ravit. Et penser que j'avais raté ça en 2002! A l'époque je n'avais pas de télé ni d'ordinateur, c'est dire si j'étais déconnecté du monde. Ma scène préférée, par son originalité spécifiquement française, c'est la déclaration de candidature. Voyez-vous, en Espagne on n'a pas de scrutins uninominaux. On ne présente que des listes, dont la tête est naturellement le secrétaire général de chaque parti. On est donc privés de ce "rendez vous entre un homme et un peuple" (j'adôôôôôre!!). C'est le "E Lucevan le Stelle" de Tosca, le "c'est un peu court jeune homme" de Cyrano, le "punis-moi de cet odieux amour" de Phèdre, le morceau de bravoure, la tirade monologale que tout le monde attend et qu'il ne faut surtout pas rater.
Et voici que les journalistes te la décortiquent, mesurent la "carrure de présidentiable qu'elle met en évidence" (expression strictement intraduisible en espagnol et qui me laisse encore aujourd'hui perplexe), comparent avec le autres tirades célèbres, en bien comme en mal, comme Balladur en 95, Jospin en 2002, ou Miterrand en 81.
A défaut d'avoir un (ou une, héhé) candidate qui m'emballe vraiment, je sens que les mois qui suivent vont être particulièrement stimulants et drôles à regarder.
* Et tous les hommes et les femmes (politiques), de simples acteurs
Petit week-end tranquile dans une belle ferme des Pyrénnées avec quelques camarades de la section qui digèrent à des rythmes fort variables l'investiture de White Vader à la tête du PS.
Moi, mon organisme a presque fini par l'assimiler, il ne reste que quelques rares remontées qui laissent néanmoins un petit arrière-goût de bile.
En effet, et même si je déteste l'argument du vote utile, aveu de faiblesse, je dois avouer que voir l'autre jour Sarkozy à la télé m'a glacé le sang. Je l'avais un peu oublié ces jours-ci ce fou dangereux. Désormais, je souhaîte ardemment m'intégrer dans ce souffle nouveau censé être en mesure de battre la droite. En fin, je tente de me convaincre.
Tenter de se convaincre c'est ce qu'on n'a pas cessé de faire pendant les longs débats autour du feu. Faux tour de table d'introduction : "Bonjour, moi c'est Asbel, et ça va faire 3 jours que je n'ai pas dit du mal de Marie Ségolène". Applaudissements. "Ségolène est belle et c'est notre candidate. Julien Dray est un kapo autoritariste sera un formidable ministre de l'intérieur. Malek Boutih est un raciste qui s'ignore un républicain convaincu".
Bon, manifestement, y a encore du travail. Le gros morceau est passé, mais là, il reste encore l'accompagnement. En même temps, il me suffit de jetter un coup d'oeil au beaux sourires de faux culs de Devedjian ou d'Estrosi pour avaler tout ça vite fait...
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)