Faut toujours positiver, ou (dernière?) méchanceté
Je digère lentement l'intronisation de White Vader comme candidate du parti. Surtout depuis que j'ai appris hier en lisant une dépêche AFP que les collectifs du Non envisagent d'élire Clémentine Autain candidate de la gauche anti-libéral. Je me dis que je dois être vraiment pédé pour n'éprouver aucune sympathie pour ces femmes, "vraies et féminines" dont parlait Schneidermann, et ne pas comprendre en quoi cette féminité stéréotypée est porteuse de sens politique.
Pourtant je ne suis pas entièrement insensible aux charmes du sexe opposé, et j'en ai fait la troublante expérience ce matin. Je me prommenais parmi les rangs pour surveiller que mes étudiantes travaillaient bien, quand une très jolie fille m'arrête pour me poser une question en me lançant son regard le plus doux. Je commence à cafouiller et suis obligé de baisser les yeux pour finir ma phrase. Je ne peux m'empêcher ensuite d'avoir une petite pensée admirative envers mes collègues hétéros qui ont à subir ça en permanence.
Hier soir, en me couchant, j'ai eu envie d'écouter encore un peu Adso de Melk disserter sur l'écart subtil qui sépare l'action et la volonté de transformation. Je cherche donc mon livre en cours un peu partout, sous le lit, à côté, sur le bureau, dans les chiottes, mais il reste introuvable. En dernier recours, et sans trop d'espoir, je jette un coup d'oeil sur les étagère de la table de nuit (car qui aurait l'idée d'y garder un livre de chevet?). Là, c'est la grosse surprise. A la place du mélange chaotique de vieux papiers, vieux chargeurs, vieux lecteurs, vieux préservatifs et vieux tubes de gel (et pas si vieux), reigne une ordre impécable.
Interrogation spontanée : mais qui donc a rangé mon bordel? A moins d'être victime d'un grave trouble mental, je peux affirmer qu'il ne s'agit pas de moi. Sans trop me mouiller, je peux aussi avancer que c'est pas mon homme non plus. Il nous reste donc une seule possibilité.
J'ai ommis jusqu'à présent de faire référence dans ce blog à un changement majeur dans ma vie. Faut dire que j'assume pas trop encore. En effet, mon homme et moi avons franchi un palier supplémentaire dans notre (irréversible?) processus de boboïsation. Nous avons engagé une femme de ménage. Ayant les deux horreur des tâches ménagères, ça devenait une nécessité vitale. Mais permettre à une étrangère de rentrer dans l'intimité d'un couple homo n'est pas la chose la plus évidente qu'il soit. Surtout que sur un malentendu, personne l'avait mise au courrant de nos moeurs particulières. Certes, l'ambigüité n'a pas duré longtemps. Le soir même, en rentrant, les magazines de la table basse étaient soigneusement disposés en piles, avec un des fabuleux cover-boys de Têtu tronnant majestueusement au-dessus.
S'il restait un doute sur l'hypothétique gêne de notre employée (mon homme est parfois un peu parano...), il s'est envolé hier soir. L'amour avec lequelle elle a disposé nos affaires intimes semblait une invitation à jouir sans tabous des plaisirs de la chair.
Très mal dormi cette nuit.
Les charcutailles (mais quand est-ce que j'apprendrai à me contrôler!) et les littres d'alcool ingérés en compagnie des nouveaux camarades d'H&S ont eu du mal à descendre. Mélangeons à celà une certaine dose d'excitation liée à la nouveauté, et ce stress du travail qui ne me lâche définitivement plus, le tout donne un sommeil ponctué par les rêves les plus étranges.
Le plus désagréable est sans doute le dernier. C'est la deuxième fois que je m'imagine en professeur de collège entrain de me faire bordeliser en classe. Pour ne rien gâcher au plaisir, le sentiment d'impuissance s'accompagne d'un fort sentiment de culpabilité (rien à faire, je serai pour toujours un petit enfant catholique). J'ai mal préparé mon cours, et du coup mes élèves partent en couille. Je ne peux m'en prendre qu'à moi. Je tente de me rattrapper et leur colle une interro surprise. Rien à faire, on ne me prend vraiment pas au sérieux dans cette classe onirique.
Parmi les visages que j'arrive à identifier vaguement, celui de D, petite peste qui m'avait considérablement fait chier quand je donnais des cours de soutien dans une association de quartier. Un jour où tout était parti en total freestyle pendant l'heure d'aide aux devoirs, avec un gamin qui s'était barré en pleurant, l'autre bénévole qui essayait de rattraper le coup, et le reste des enfants assez amusés de la situation, D avait réussi à me faire perdre le contrôle. Complètement dépassé par les évènements, des qualificatifs peu aimables étaient sortis de ma bouche. En Espagnol, fort heureusement. Le lendemain, son grand frère était à l'assoce pour demander des explications. Petite peste.
Au cas où ça intéresserait un des toulousains (et oui, Gawoul, ç'est à toi que je pense en premier!), demain à la fédé (3 rue Lancefoc), à 14 h 30, réunion prévue d'H&S pour lancer un groupe local. Faut éclairer un peu cette province plongée dans les ténèbres!
Grâce à la délicate attention de mes amis, dans un peu moins de 10 heures j'assisterai pour la deuxième fois de ma vie à un Opéra.
Du coup, une seule et unique question obsède jour et nuit le petit homo que je suis.
Comment je m'habille?
Et accessoirement,
Comment j'habille mon homme?
Surtout que dernièrement, je me sens plonger petit à petit dans une pouilleux-attitude certes très confortable mais pas trop sexy ni élégante.
Les kilos en plus, la machine à laver en panne et le putain de froid de sa mère qui arrive font entièrement fondre le peu de motivation que j'avais auparavant en ouvrant l'armoire.
Mais un día es un día, et l'Opéra c'est l'Opéra.
Je me souviens toujours, avec un curieux mélange de honte et de fierté, le regard plein de mepris que m'avait jetté à mon arrivée au Liceu un très bon ami de ma mère. Manifestemment, il n'approuvait pas ma tenue vestimentaire (pourtant, j'avais fait des efforts), et rageait de devoir partager la loge avec ma soeur et moi.
Il avait été particulièrement odieux avec ses remarques déplacées sur les enseignants, mais n'avait pas réussi toutefois à briser la magie de cette première qui nous avait ravi. Toutes ces années d'attente depuis le funeste incendie de 94 enfin comblées!
Avantages de l'exil toulousain, les Domènech, les Puig, les villamachin et les montbidule qui ont pourri mon adolescence me semblent tellement lointains.
Ce soir, c'est Verdi, mon homme et moi seulement...
Jeudi après midi, dernier cours de la semaine (je suis donc très fatigué et de médiocre humeur), un étudiant m'attend à la porte.
Le semestre est largement entamé et il s'agit d'une UE en contrôle continu, mais il commence à me baratiner pour que je l'accepte en cours. Après un long marchandage, concernant les modalités de l'évaluation, j'accepte. Sur ce, il commence à ranger ses affaires et partir.
- Vous ne restez pas pour le cours d'aujourd'hui?
- Ah, non, aujourd'hui ça m'arrange pas trop de rester (sic)...
J'essaie de lui faire comprendre poliment à quel point il est entrain de me produire une impression peu favorable.
- Mais vous savez, je viens d'Amérique du sud, j'ai pas besoin de cours de renfort!
- Et pourquoi vous vous êtes inscrit dans cette option?
Silence gêné. Je le laisse partir. Faudra que je pense à le saquer.
Mais malgré tout, en fermant la porte de la classe, je n'ai pas pu m'empêcher de me reconnaître à son âge. Qu'est ce que j'ai pu branler à la fac, et avec quelle douce insouciance!
Ce midi, dans l'émission En Aparté, plusieurs journalistes de la presse internationale discutent sur l'actualité politique française. Les espagnols sommes (mal)représentés par le correspondant à Paris de La Razón, torchon de droite très dure, dérapant souvent vers le populisme, le racisme et l'homophobie.
Intérrogé par Pascale Clark sur la ligne politique de son journal, le correspondant répond "centre-droite".
Ah bravo la honteuse! Elle ne s'assume pas ?!
Depuis qu'Adso de Melk me raconte tous les soirs les faits inquiétants dont il fût témoin à l'Abbaye dont on taira le nom, les difficultés que régulièrement j'éprouve à m'endormir se sont envolées. Les angoisses autour de délais oppréssants et de cours à préparer ont cessé de polluer cette étrange zone de transition qui précède le sommeil, remplacées par des interrogations bien plus utiles sur la nature diabolique ou pas de la représentation et sur les avantages et les inconvénients de la censurer.
Je faisait semblant de travailler hier soir au bureau du labo tout en ruminant ces questions incontournables, quand arrive A, doctorante dans mon équipe de recherche. On est Lundi, juste après la pause midi, et visiblement, aucun des deux a vraiment envie de se plonger là, tout de suite, dans le travail. C'est ça les bureaux collectifs : l'émulation cède le plus souvent la place à la contagion de la paresse. Elle rêve la Marie-Ségolène avec ses 35 heures de présence au bahut, mais passons.
Je discute donc un bon moment avec A, petite veinarde qui fait une thèse sur les parallèles entre sainte et sorcières, et qui travaille sur les procès inquisitoriaux du XVI è siècle. En gros, elle passe la moitié du temps à lire les descriptions que ces obsédès d'inquisiteurs arrâchaient aux pauvres filles, établissant les moindres détails de leurs fornications avec le diable, la dimension du membre satanique, l'épaisseur et l'abondance de sa sémence, le plaisir éprouvé, la durée du coït et de l'orgasme, etc.
Est-ce nécessaire de préciser que cette discussion a provoqué chez moi un sentiment de vive jalousie, une perception de l'absurdité de mon travail, et a porté un sacré coup à ma motivation?
Alors que j'amène mon père, en week ens sur Toulouse, faire un tour à l'expo Absolumental des Abattoirs (Musée qui cela dit en passant, est entrain de me réconcilier avec l'Art ultra contemporain), un vigile du musée nous entend parler catalan et s'approche visiblement ému.
On commence à bavarder avec lui, plus pour se montrer polis que par réelle envie. Il est espagnol, d'Albacete. Il nous décline avec fierté le fond du musée, riche en pièces d'art ibérique contemporain. Puis commence la vieille ranguaine que je ne connaîs que trop bien. Ça fait 30 ans qu'il vit en France et il ne supporte plus. Fort heureusement, le week-end il peut répartir se ressourcer à Lloret, sinon il en crêverait. Pour appuyer ses propos, il sort son portefeuilles et exhibe ses pièces d'identité délicatement entourées d'un ruban jaune et rouge (Arf), ainsi que ses cartes bancaires espagnoles, car tout son salaire est consciencieusement renvoyé vers la péninsule : il ne veut laisser un seul centime de ce côté-ci des Pyrénnées après sa mort.
Je me rappelle d'un coup pourquoi je décline poliment mais systématiquement les nombreuses invitations que m'envoient le consulat, la Casa de España ou l'Institut Cervantès. Je ne me sens vraiment pas à l'aise parmi ce groupe de pleurnichards nostalgiques que l'on appelle ex-pats, toutes nationalités et toutes catégories sociales confondues.
Existe-t-il un vice plus unanimement partagé que celui de critiquer ses voisins?
Un Français, fraîchement rencontré à une soirée, apprend que je suis espagnol. Vous pouvez être sûrs qu'une fois sur deux, il va m'expliquer en détail son voyage en Espagne, les emmerdes qu'il a eues, à quel point on n'est vraiment pas aimables chez nous, et qu'est ce qu'on crie fort, et qu'est ce qu'elle est grasse notre bouffe et qu'on ne sait pas cuisiner. J'acquiesse poliment, alors que j'aimerais lui fouttre mon poing sur la gueule.
Je rentre en Espagne, et je croise des voisins dans l'ascenseur. Au lieu de me parler de la pluie et du beau temps, il s'interessent à ma vie de gavatxo, et finissent par me demander d'où m'est venue cette idée saugrenue de me casser à l'étranger alors que l'on vit quand même dans le meilleur endroit de cette planète, et par s'inquiéter sur la qualité de la bouffe, parce que c'est bien connu, la cuisine française, c'est dégueulasse. J'acquiesse poliment, alors que j'aimerais leur fouttre mon poing sur la gueule.
Du coup, dès que je pars loin, j'évite soigneusement de croiser un concitoyen. Le choc n'en est que plus brutal quand je remonte dans l'avion et que je subis les conversations de mes voisins, faisant le bilan de leur affreux voyage. "Quelle déception, Istamboul! Moi qui m'attendais à une Vienne, ou à un Versailles!" Et mon poing sur ta gueule, connasse, il va te décevoir?
« J'ai été agréablement surpris par l'accueil et la façon dont les débats ont été menés. Je continue au PS » confie Franck, 27 ans, un ex-anar qui a adhéré à 20 € au printemps. Lui a voté pour Ségolène dans la section de Toulouse 1 (le centre), l'un des rares bureaux de vote où Ségolène n'a pas atteint les 50 % des voix (elle totalise 49,2 % contre 31,7 % à DSK et 19 % à Fabius). Déçue, une militante pro-Ségolène fond en larmes. « Ici la section est dirigée par les jospinos, explique un militant. Ils ont voté DSK en menant une campagne très agressive sur le thème du Tout-Sauf-Ségolène. »
Oh la pauvre petite! J'en ai le coeur brisé!
* Stevezissou se la jouant fair play dans les grands moments, à mon tour d'assumer mon côté enfant gâté capricieux..
«Moi, Asbel, altesse impériale de Péjite, au vu des résultats des suffrages, et ayant compris enfin que la vote ne sert qu'à légitimer le pouvoir en place, ai décidé de me retirer définitivement de la vie politique. Dorénavant, je combattrai contre ces chiens toltèques de la façon dont il sied à mon rang, c'est à dire, à coup de combats aériens et d'épées qui se croisent. »
Je crois qu'en ce moment précis, dans mon coléromètre personnel, Ségolène Royal caracole fort près du sommet, seulement dépassée par le Aznar version 2003-2004.
Je sais, c'est irrationnel.
Leur potentiel de nuisance est dérisoire en comparaison à celui d'un Bush, un Sarkozy, ou de certains monstres dont je ne vais pas me fatiguer à dresser la liste.
Mais voilà, c'est comme ça.
Je suppose que c'est une question d'investissement personnel.
Sinon, j'ai finalement voté Fabius. Et je regrette déjà. Mais ça, c'était couru d'avance aussi. Quel qu'eût été le choix. Put the blame on Momo's last minute phone call.
Boudu que ça fatigue de travailler!
Faut dire que j'avais perdu l'habitude, après 10 ans de dolce vita à la fac...
Hier soir, en moitié de semaine, j'étais déjà au bout du rouleau.
3 jours privé des mon minimum syndical de 10 heures de sommeil réparateur, ça te détruit un homme.
Cerise sur le gâteau, ma directrice appelle. C'est pas la fête à la fac, l'inspection risque de mal se passer. Et c'est les thésards qui allons payer : on veut réduire les allocations. Faut donc que je me sorte les doigts du cul et que je la finisse cette thèse de mes couilles.
Résultat, à dix heures à peine je crève simultanément de sommeil ET de stress. Je décide de me coucher, un livre à la main, histoire de me changer les idées.
Je prends machinalement le Qu'est ce qu'un genre littéraire de Schaeffer qui traîne sur la table de nuit. Page 40. Boudu ce que j'avance lentement avec ce bouquin. Pourtant ça me plaît. Enfin, je veux que ça me plaise. Comment puis-je continuer à vivre sans connaître les distinctions génériques du système hégelien? Pour une fois je vais te le finir ce putain d'ouvrage de critique littéraire, même si je dois y passer le reste de ma vie.
Vous l'aurez deviné, le livre finit par faire un vol planné et aterrit à l'autre bout de la chambre. Je me lève, passablement énervé, enfile une caleçon, et me dirige tout droit vers la bibliothèque du salon. Exit les que-tru universitaires. Il me faut un roman, un vrai, un grand. Il me faut partir très loin, et très longtemps. Et il est là, le grand roman, sur les étagères, à m'attendre avec patience. Je l'avais écarté, sciement. Je voulais le ménager. Disposer de longues plages horaires, me plonger totalement, coeur et âme, pendant un été, un voyage, qui sait? Mais là, c'est un cas de vie ou mort, il en va de ma santé mentale..
J'ouvre à la première page.
"Arrivé au terme de ma vie de pécheur...".
Voilà. Ça commence à prendre. Je ne suis plus Asbel, mais Adso de Melk. Je suis en 1327, et la chrétienté se déchire. En m'endormant, Ségolène, les inspecteurs, et les cours du lendemain ne sont que de lointains souvenirs.
Retour sur terre ce matin. En harpantant les couloirs de la fac, je me rends compte d'à quel point les universitaires sommes des êtres chiants et tristes. Comment avons nous réussi à prendre quelque chose d'aussi magique que la littérature et l'histoire et la rendre si indigeste? Je l'avoue, je m'en fous de comprendre la littérature. Je m'en fous de comprendre l'histoire. Je veux qu'on me parle des caravanes arabes, des hérétiques cathares, des empéreurs mongols, des conquistadors espagnols, des légionnaires romains, des pédés grecs, des juifs de Chine, des Chrétiens d'Ethiopie, des musulmans d'Indonésie, des adorateurs du feu perses, du serpent emplumé aztèque, du révolutionnaire russe, de l'anarchiste italien, de l'aristocrate français, des shoguns japonais, des mikados chinois, de l'émeraude Tokapi, de la tombe de Toutankhamon, de la cité interdite, du Harem du sultan, du sans culotte parisien, de l'amiral anglais, du négrier portuguais, du général prussien, de l'or de Tombouctou, des castes Zoulous, des brahmans hindous...
Le 20 mai 1992, à Wembley, à la 111è minute, un obus lancé par Koeman sur un coup franc sacrait le Barça, pour la première fois de son histoire, Champion d'Europe.
Rhaaaaaa! 1992! La belle année pour un barcelonnais!
Et probablement, la dernière année de mon enfance.
J'ai eu en effet la chance de pouvoir vivre ces temps forts de l'histoire de ma ville, les J.O, la victoire en Coupe d'Europe, avec l'ignorance émerveillée des gamins...
Impossible de s'emporter autant avec les buts d'Etoo et de Belleti qui ont donné sa deuxième ligue des champions au club l'année dernière. Surtout quand on connaît le ramassis de fachos, spéculateurs immobiliers et économistes ultra-libéraux qui composent la Direction. La victoire laisse forcément un arrière-goût amer.
Quelle goût aura la victoire de Ségolène Royal en Mai prochain? Le visage de la picto-charentaise s'affichant sur l'écran de la télévison me produira-t-il la même montée d'adrenaline que l'obus de Koeman rentrant dans les cages? Réussirai-je à ouvrir le champagne, histoire de fêter l'enterrement d'Iznogoud? À oublier à quel point ses prises de position ont suscité chez moi le rejet le plus profond? À pardonner aux ségolénistes de la fédération leur ambition sans scrupules et leur absence de principes?
Hier le porte-parole de Désir d'Avenir répétait sans cesse le mot "rassemblement" tel une incantation apotropaïque. Vous-voyez, apparemment Ségolène rassemble toute la Gauche, au-delà des clivages en partis. Même qu'elle aurait reçu le soutien de Chevènement et de Cohn Bendit! Comment résister à l'invocation de ces deux noms? A ces deux piliers de la rénovation de la gauche? Qui suis-je pour douter de ce rassemblement que l'on affiche avec fierté, malgré les clivages que l'on ne cesse de creuser à l'intérieur du parti, entre les vieux ringards et les nouveaux qui ont tout compris?
Bref, je suis las. Las d'être en colère surtout. C'est fatigant. Ce blog devient beaucoup trop politique à mon goût. Et la politique, ça craint un max, j'en ai enfin la confirmation. Dans 32 heures et 20 minutes, ce blog deviendra aussi apolitique que celui que Loracle nous avait promis pendant l'été. Mais en entendant, et comme me le rappelait à juste titre SteveZissou, on aime bien hurler pendant qu'on se fait enculer à sec.
Fallait voir la tête que faisait mon homme à chaque fois que ma mère le prennait dans ses bras ce week end.
Faut dire que dans le Sud, les catholiques sommes assez... expressifs. Expansifs. Et que le musulman calviniste du Nord qu'il est n'est pas habitué à de tels débordements d'affection.
J'ai passé l'âge.
Je ne suis plus incompris.
Je ne suis plus seul au monde.
Je ne suis plus le seul au monde à aimer vraiment.
Jésus ne me déteste plus.
Et en plus, la pop c'est grave ringard. On est en 2006 bordel!
Et pourtant, je m'en lasse pas.
Morrissey, ou amour d'un jour, amour pour toujours.
A nouveau lessivé après trois jours passés avec ma mère...
Au programme, ciné (j'ai failli l'amener voir shortbus mais finalement non, quand même), magasins, expos et bouffer, rebouffer, et bouffer encore...
Hier soir, on se finit cette orgie gastronomique avec tout ce qu'on a acheté le matin au marché de Victor Hugo : 3 douzaines d'huîtres, des bulots, un foie gras de canard entier, des frommages de chez Xavier et une salade de roquette, le tout arrosé par un petit blanc avec un bon goût.
Je me couche donc à une heure raisonnable pour digérer tout ça et cuver les vapeurs éthyliques histoire de bien attaquer la semaine.
Une heure plus tard, réveil pipi. Tout en me concentrant pour ne pas en mettre partout, je réflechis au cours du lendemain. J'ai bien fait d'accepter de remplacer le prof hospitalisé, je vais marquer des points devant les collègues. En plus, ça ne me demande pas trop de préparation, j'assure déjà le même cours de civilisation du XVIII ème avec un autre groupe. Suffit de ressortir les mêmes conneries.
Soudain, j'ai un terrible doute.
Et si je me suis planté dans les calculs? Ils n'avaient pas de texte de retard, ceux du Lundi, non? Ce qui signifie que dans environ 7 heures, je suis censé présenter un commentaire historique d'un texte que je n'ai même pas lu.
Crise de panique.
Je cours chercher le texte en question. Avec un peu de chance, il était déjà dans le cahier de l'année dernière, et je pourrai récycler ce que j'avais fait. Tu parles, ça me dit rien du tout cette disposition typographique. Je jette un coup d'oeil rapide sur le titre et l'auteur. Campomachin, l'amortization. Et merde, c'est sur la réforme agraire. Cagüenlaputa. J'ai toujours détesté la réforme agraire.
Me voilà donc en boxer, à une heure du matin et la tête dans le cul, à réviser les différents types de baux qui régissaient les exploitations agricoles au XVIIIème siècle. Passionant. Fuck les historiens! Pourquoi font-ils cette fixation sur la structure de la propriété foncière? On s'en branle!
Hum. Les ecosocialistes d'Iniciativa-verts au ministère de l'intérieur en Catalogne. "La sécurité ne signifie pas forcément la répression". Hum. Ça peut être une expérience intéressante à un moment où le thème de la sécurité risque de s'imposer peu à peu dans le panorama politique espagnol.
Alors que je rêvais que je me faisais bordéliser dans une classe (mon tout premier cauchemar d'enseignant!), mon homme arrive de son débat à moitié ivre et me pousse fort peu délicatement pour se faire une place dans le lit. Il a envie de parler, mais pas moi. Avant de rejoindre à nouveaux mes onyriques étudiants fouteurs de bordel, j'ai le temps d'entendre ça :
"moi je te dis, on n'est pas sortis de la merde!"
Ce matin, lors du pipi post-réveil, ça refait lentement surface dans mon esprit. Argh. Putain, les socialistes, on ne va quand même pas donner les clés du parti (et de la fédération) à ces gens :
Ce soir au programme, pendant que mon homme écoutait les trois autres "débattre" à Labege, sortie Ciné avec Dibi, pour aller baver avec alibi intello devant Shortbus. En sortant, je ne peux m'empêcher de penser que je suis entrain de rater ma vie à faire une thèse de merde dans une ville de province alors que je pourrais être entrain de partouzer dans une boîte hype-glamour de New York. A quoi sert de lire quand on peut baiser?
Certains jours, je me couche en strauss-khanien convaincu, et je me découvre fabiusien en me levant.
D'autres, je m'endors en pensant au bien fondé de l'anti-libéralisme, et je me réveille sensible aux sirènes de la social-démocratie.
Parfois, je me dis que la politique, ça craint quand même un max, que je ferais mieux de consacrer ce temps à des choses importantes, comme le littérature et l'art, et je me demande comment il a fait mon homme pour me convaincre de m'encarter. Si les autres sont cons, c'est pas ma faute bordel!
Souvent, je me dis que c'est la situation mondiale actuelle qui craint quand même un max, que je dois défendre mes valeurs, et que si je veux du théâtre et de la tension dramatique, il suffit de suivre l'actualité au lieu d'ouvrir des livres poussiéreux. Et que de toute façon, la littérature ça n'empêche pas de mourir.
Hier matin, en me brossant les dents, j'ai repensé au partenariat privilégié avec la Turquie, et aux vieilles rangaines mitterrandiennes de la veille, sur la grandeur de la France et tout le tralala gaulliste, et le choix s'est imposé comme une évidence : ça ne peux pas être lui non plus.
Pour combien de temps?
Depuis quelques jours, mon âme d'habitude apaisée est perturbée par un terrible doute.
Suis-je vraiment objectif avec Ségolène, ou au contraire, l'antiphatie qu'elle m'inspire naturellement m'empêche-t-elle d'avoir un jugement pertinent?
Par exemple, je ne peux m'empêcher de la trouver relativement incompétente. Il suffit pour celà d'écouter les sottises qu'elle a débité hier à propos de l'Iran et surtout de l'Irak (Non, Mme Royal, la précarité de l'emploi ne me semble pas être la première des préocupations actuelles des irakiens...). D'un autre côté, putain, elle a été ministre, enarque, et c'est un des gros éléphants du PS, elle ne peut pas être siiiiii bête et siiii incompétente que ça. Sur ce point, ma capacité d'évaluation est sans doute altérée. On méprise et on sous-estime ceux qu'on n'aime pas.
De même, je suis considérablement surpris par l'adhésion qu'elle suscite non seulement chez les réac et chez les lèche-cul du parti, mais aussi chez des gens que je considérais a priori comme progressistes. Et ça me rend passablement parano. Du genre, suis-je le seul à l'avoir entendu parler d'ordre, d'armée, de famille, de police, de travail et de tous ces sujets qui ont vertu à me filer la chair de poule? Argh, les bodysnatchers sont là et je suis le seul à l'avoir compris! Bref, je me méfie autant des suivistes de l'opinion publique comme de ceux qui s'en écartent brutalement. Jusque là, mon attitude politique consistait en une proximité prudente avec les idées et les valeurs majoritaires. Faut vivre avec son époque quoi. Et je me retrouve soudainement dans une inconfortable distance avec ces valeurs.
Me voilà donc projeté dans le camp des résistants, voire des paranos et d'autres théoriciens du complot. Il ne me reste qu'à m'attentat-suicider pour déjouer les plans du tyran galactique Schnürk qui, sous les traits d'une picto-charentaise défendant les valeurs familiales, prépare l'invasion imminente de notre belle planète.
Et c'est parti pour un tour supplémentaire de coalition de gauche en Catalogne! Les tractations sont finies, et malgré les pressions et les manoeuvres du bureau national des socialistes, qui désirait se débarasser des partenaires un peu encombrants et très mal vus à Madrid de la gauche nationaliste catalane, un deuxième tripartit vient de voir le jour.
Ce soir j'ouvre le magnum que vous m'avez offert les gars!
J'en ai la confirmation définitive. Les histoires gay, c'est pas du côté des labels Rainbow, de Pink TV ou des amourettes de Brian, Justin et la bande de Pittsburg qu'ils faut les chercher, mais chez les auteurs de BD. Exit le petit minet qui tombe amoureux de son camarade de classe ou le célibataire endurci qui combat sa sollitude en enchaînant les plan culs mais qui cache un coeur gros comme ça. La BD sort des sentiers battus et offre une vision de la "question homosexuelle" bien plus personnelle.
Je viens de finir l'autobiographie Fun Home, lecture qui m'a passablement troublé.
Si j'avais lu ça il y a quelques années, j'aurais été remué pour de vrai.
Les coïncidences avec ma propre vie sont pour le moins surprenantes. Fun home raconte la façon dont Allison, alors qu'elle commence la fac, loin du foyer familial, découvre son homosexualité ainsi que celle de son père, puis reconstruit son enfance à la lumière de cette nouvelle donne.
Comme Alison, la représentation que je me faisait de ma famille a basculé soudainement à 19 ans, et j'ai du entamer un travail d'archéologue pour attribuer un sens nouveau à une série d'évènements de mon histoire familiale qui jusque là semblaient anodins.
A commencer par l'entourage de mon père, qui devient immédiatement suspect. Comme Alison, les "amis" de mon père ont pris une autre dimension. Ces même amis dont on s'était déjà méfié instinctivement à l'adolescence, dont on saisissait inexplicablement le danger qu'ils représentaient.
Souvenir personnel : ma mère est au lit, avec de la fièvre. On apprendra quelque jours plus tard qu'il s'agit d'une fièvre rare qu'elle a choppée au Maroc. Pour l'instant, ça n'a l'air que d'une petite grippe. En sanglots, elle tente de convaincre mon père d'annuler son week end en voilier avec son ami. Mon père ne fléchit pas.
Comme Alison, il ne s'agit que de conjectures. Cet "ami", je pense, n'était qu'un amour platonique. Mais le doute persiste.
Quelques séquences de la BD semblent directement tirées de mon expérience personnelle. Lorsqu'elle rentre pour noël, la narratrice fait une virée en voiture avec son père. La question est timidement évoquée, mais la honte réciproque coupe de façon abrupte cet échange de confessions intimes. Un été, j'étais aussi rentré de Gérone en voiture avec mon père. Il pleuvait (ça ne s'invente pas!). C'est la première fois qu'il m'a parlé de son amant. Pendant cinq minutes, grand maximum.
Dernier point commun, et pas des moindres, avec Alison : alors que nous deux avons réussi, comme on dit, à "s'assumer", à se contruire une identité homosexuelle relativement peu problématique, qui ne mérite finalement que peu d'attention, l'histoire de nos pères continue de se dresser comme un interrogant perpétuel, un sujet que l'on ne finira jamais de creuser.
Je suis lessivé.
Ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est usant la campagne, surtout pour un citadin pur jus comme moi.
Faut dire que ça valait le coup. Force est de contater que vous avez un beau pays les français.
Cette fois, c'était la Corrèze. Plus concrètement, Meyssac, où un ami organisait un gros week end de jeux au coin du feu, ballades, et bouffe à gogo.
Et non, on n'a pas croisé Chichi et Bernadette. Ni Flamby d'ailleurs.
Ce n'est pas faute de parisiens en quête de racines, pourtant. Il y avait plus de voitures immatriculées 75 que de locaux.
Une de ces familles de la capitale m'a rappelé l'abyme qui sépare l'éducation bourgeoise française de celle que j'ai reçu. On faisait le tour de la belle église de Collonges-la-rouge, quand j'entends la petite voix d'une fillette de trois ans :
- Maman, Maman, elle est jolie l'église! Est-ce qu'on visitera l'église? Je VEUX visiter l'église !!
Boudu con. Je suis épaté. Les souvenirs de toutes les prommenades cultureuses et de toutes les expos que mes parents m'obligeaient à faire font surface d'un coup. Ce que j'ai pu détester ça! Au musée Picasso, ma soeur et moi on avait même un coin à nous où on attendait plus ou moins sagement que nos parent aient fini. Et cette gamine de trois ans affiche un enthousiasme à la limite du suspect pour les traits délicats des bas-reliefs du tympan roman!
La mère, cependant, n'as pas l'air plus surprise que ça. Elle répond, d'un ton lapidaire :
- On ne dit pas "je veux", chérie !!
Auto-correction immédiate de la petite fille :
- Je voudrais visiter l'église.. on peut ?
(re)Boudu con. Difficile de refroidir davantage les ardeurs et la soif de culture de la gamine. Et pourtant, cette future bourgeoise aura probablement fini A la recherche du temps perdu à 18 ans. Déjà qu'elle manie les modes verbaux avec une aisance insolente. Je me console en me disant qu'à force de conditionnels, et ce depuis son plus tendre âge, elle va cumuler plus de névroses que tous les gaïens réunis.
26/10/06, 11h 15. Quique arrive de Paris.
01/11/06, 08h 50. Quique rentre à Barcelone.
Bilan provisoire :
1200 g de plus sur mon ventre.
225 cl de vin dégustés.
19 bières descendues.
15 cours d'hôtels particuliers pénétrées.
12 discussions politiques, 1 conversation intime.
11 heures de promenades et de flannage dans les rues.
6 parties de Bang jouées, 3 gagnées.
5 paquets de clopes achetés, 1 croissance exponentielle de ma consommation.
3 petites heures passées sur internet. Un record!
3 petites heures de cour assurées. Et 0 de travail personnel!
2 sorties au resto qui m'ont explosé le bide.
2 sorties en boîte qui m'ont explosé la tête.
2 anniversaires fêtés d'un coup.
2 engueulades autour des règles d'un jeu de plateau.
1 engueulade autour de la définition de colonisation.
1 foie gras de canard entier et 1 boîte de cassoulet qui partent outre-pyrénnées.
1 délice de la maréchale entamé sans couverts par Etienne.
1 sortie collective au cinéma.
1 découverte qui fascine les espagnols : le RMI.
1 vodka citron ingurgité avec effort.
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
RADIOBLOG
"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
RADIOBLOG
"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)