Mon homme n'a pas dormi de la nuit. Il a beau avoir de beaux cheveux bruns crépus, où ma main s'attarde pendant des heures, une reluisante peau dorée qui bronze avec à peine deux rayons de soleil, et en gros, un vrai corps d'Algérien, dès que le termomètre affiche plus de 25 degrès, il suffoque. Il faut alors fermer tous les volets, vivre dans le noir, ne jamais sortir, et rester tout près d'un ventilo qui tourne 24 heures sur 24. C'est ça d'avoir grandi là bas, dans le Grand Nord, au delà du 44ème parallèle...
Au contraire, j'ai passé mes étés dans une ville-four où il arrivait que le goudron fonde en journée. Et malgré ma petite peau fragile d'européen, c'est sans doute sous le soleil terrassant du mois d'août que j'ai vécu les moments de bonheur les plus vifs.
... pas à côté, pas n'importe où, juste en dessous
En rebondissant sur le post qui suit de Cizion, je voulais aussi rappeler à nos "amis" de l'UMP qu'en 45, il y a eu un certain général qui, sous le coup d'un orgueil mal placé, a claqué la porte du gouvernement, a laissé la France se débrouiller avec tous les problèmes de la décolonisation, jusqu'à ce qu'on lui supplie à genoux de revenir en 1958.
En rebondissant sur le post de Fitz, je confirme que le définitivement n'est jamais sorti de la bouche de Jospin. Je trouve ahurissant que PPDA ait osé une manipulation aussi grossière hier...
En rebondissant sur tous les commentaires en général, j'aimerais que l'on arrête de juger Jospin sur une phrase malencontreusement pronnoncé un jour d'élections et que l'on parle de son bilan en tant que premier ministre. Car comment juger autrement un homme politique? Sur les promesses qu'il tient en camapagne et qu'il n'appliquera jamais?
RESF31, de plus en plus mobilisés comme l'ensemble des profs et des parents d'élèves de France, organisait un manifestation de soutien à Ruben, Joao et Anna-Lee, trois enfants de l'école primaire de Bonhoure qui, tombant sous les lois Sarko II, vont être expulsés dans un futur immédiat. Le but était de se faire recevoir par le préfet, pour déposer une pétition et faire pression sur sa décision..
Dans la manifestation il y avait :
Des pancartes et des banderoles :
Beaucoup de mamans avec leurs enfants et leurs poussettes.
Malgré cette composition sociologique atypique, certains automobilistes, excédés, nous ont encore accusé de gauchistes. Comme quoi on ne voit vraiment que ce qu'on a envie voir.
La presse et les médias
Et un caméraman super choupinou au deuxième plan
Au fur et à mesure que le temps passe, à la conseillère générale de notre canton, un vraie battante à l'ancienne, se rajoutent les plantes grimpantes du parti, venus se faire prendre en photo. Malgré le peu de sympathie que j'éprouve pour eux, leur présence est un poids supplémentaire, et vers 14h 30, le préfet accepte de recevoir une délégation. Réponse ce soir.
I- Hier, à la dernière minute je me suis avisé et j'ai décidé de ne pas employer du /Font size 7 color ff0000/ pour ce post. J'ai bien fait. La prudence paie toujours.
II- Hier, à la mi-temps, j'ai couché mon homme et je suis allé rejoindre des amis dans un bar. J'ai mal fait. Le français est railleur.
III- Hier, après le match. J'ai été surpris par le nombre de gens qui gardent un grand drapeau français à la maison. C'est du beau ça. Le jour où un avion de passagers s'écrase contre la Tour Eiffel ça va y aller.
IV- Hier, après le match, j'ai pu voir Raul pleurer. C'est toujours beau de voir un joueur du Real Madrid pleurer, surtout s'il s'appelle Raul (On pardonne Casillas parce qu'il est quand même canon).
V- Hier, à 22h 45, Cizion m'a posé une question. J'ai hésité à répondre ça :
Mais je me rends compte à ma plus grande surprise qu'avec les années, j'ai de plus en plus de sympathie pour l'équipe de France...
Départ imminent pour Albi, où je dois assurer une consultation de copies. Pas le temps de manger, je m'achèterai un sandwich sur la route. Je me douche en coup de vent, prépare mes affaires à vitesse éclair, et pense à la dernière minute de prendre sur l'étagère ma carte 12-25. Je réalise alors que, probablement, c'est la dernière fois que je vais pouvoir bénéficier de cette réduction...
Jour 1
Arrivé à Paris en plein match France Togo. Pas une âme dans la rue, pas un bruit non plus, d'autant plus que la France n'arrive pas à faire plier la pauvre équipe du Togo.
Chez Etienne, notre hôte du week-end, nous attend un petit festin de bienvenue. On mange et boit abondamment, et on dérive lentement mais sûrement vers des discussions politiques enflammées. La discussion va tourner court. Alors que mon homme et moi parlons de façon animée, un ami d'Etienne, adorable mais parisien, nous interromp sèchement par un abrupte "vous n'avez pas fini de nous casser les oreilles avec vos conneries politiques à deux balles???".
Atterrissage brutal. Je tente de nous justifier vaguement en avançant que chez nous, élever la voix ne saurait être un
quelconque indice d'animosité ou d'agressivité. Le relativisme culturel ne semble pas le convaincre. Tan pis. Au bout du compte, c'est lui qui a été assez vexant, voire à la limite méchant. Je me méfie des discours sur les bonnes manières. On peut être parfaitement poli, ne jamais élever la voix d'un décibel, et être terriblement désobligeant. La politesse ne suffit pas, encore faut-il être gentil.
On laisse donc tout ce beau monde et partons avec mon homme à la soirée mort aux jeunes, où pour la première fois je croise quelque gaïens. Musique de puta madre. Le public pourrait se lâcher un peu plus à mon goût, mais ça va venir, l'alcool aidant. Départ à 6 h, dans la lumière d'un matin d'été...
Jour 2
Agréable surprise à ma première marche des fiertés. Je m'amuse comme un petit enfant devant les chars des rois mages. Toute cette variété (j'entends déja ricaner certains, mais je vous assure!) et ces couleurs me séduisent immédiatement.
Beaucoup d'associations et de partis politiques. Parmi ces derniers :
Beaucoup de scepticisme entoure la présence des politiciens de premier plan à la marche, accusés de venir draguer l'electorat. En même temps, à Toulouse, certains ont amèrement déploré leur absence (à moitié vrai, car ils avaient assisté le matin à la cérémonie en honneur des déportés homosexuels..). N'est-ce pas le rôle d'un élu, tous bords confondus, d'assister à ce genre d'évènement? Les homos, jamais contents?
Plus tard, je choisi le choupinou le plus sexy du défilé, and the oscar goes to "le choupinou juif" pour sa performance à bord du char Beit Haver :
A côté du "regard chrétien sur l'homosexualité" de David et Jonathan, très respectable mais un peu coincé malgré tout, la communauté juive gay semble assez loin des préoccupations spirituelles de leur religion.
Oscar de consolation aux contrôleurs de Gare ! dont les slogans Qui m'aime me prend et TGV, 25 ans de va et viens m'ont bien fait rire...
La Villette
Pour clore la journée, picnic au parc de la Villette. On fête en grande pompe le départ de Marie, qui va rejoindre sa bien aimée en Argentine, en plein Troudukistan, au pied des Andes. Va, vis et deviens! Et nous oublie pas!
La soirée s'ouvre dignement, comme il sied à ces situations solenneles. Marie est visiblement émue.
Mais la dignité fait lentemment place au grand nimportenawak.
1995. Pulp, Disco 2000.
Disque acheté avec une ferveur religieuse et premier concert de ma vie, frisant l’idolâtrie. Faut-il rajouter quelque chose aux paroles de la chanson ? Mes années lycée ne furent pas trop différentes de celles du narrateur. Comme pour lui, les couples se faisaient et se défaisaient autour de moi, tandis que je regardais : The boys all love you but I was a mess
I had to watch them try and get you undressed
1996. Blur, Girl & boys.
Chanson pour sauter partout à l’Alternativa, boîte pour ados dont l’entrée coûtait l’époque 300 pts avec conso, soit moins de deux euros. Autant dire qu’on y été fourgués tous nos vendredis. Las d’être spectateur, je mets le turbo avec les filles, et ça marche moyen. Love in the 90’s is paranoid,
on sunny beaches, take your chances, looking for…
1997. Bjork, Hyperballad.
Je commence à avoir des oiseaux plein la tête et à fantasmer à mort sur les histoires d’amour. Comme l’islandaise, je rêve de me réveiller tous les matins dans des bras protecteurs, so i can feel happier,
to be safe up here with you.
1998. The Smiths, I know it’s over.
Je débarque à Paris et, le cordon ombilical coupé, j’en profite pour tomber follement amoureux du premier hétéro qui passe. La voix de Morrissey chante en boucle sur ma chaîne, avec ces vers qui semblent écrits spécialement pour m’enfoncer un peu plus : That’s why you’re on your own tonight
with your triumphs and your charms
while they on each others arms
1999. The Magnetic Fields. You and me and the moon.
Exit les histoire d'amour platonico-adolescentes. C’est le moment de découvrir comment c’est fait un garçon. Je papillone à droite à gauche, tombant vaguement amoureux de celui-ci, brisant le cœur de celui là. En musique de fond, Stephin Merrit raconte mes nuits de drague : Underneath the strobes lights
We can dance all night
I’m a little bit shy
You’re easy on the eye
And at the slightest touch we’re in love…
2000. New Order, Regret.
Je découvre (un peu tard, certes) le groupe mythique. Leur quête aigre douce de légèreté et de tranquillité trouve un terreau favorable dans mon état d’esprit du moment. Comme eux, I would like a place I could call my home,
Have a conversation on the telephone,
Wake up everyday that will be a start
I would not complain ‘bout my wounded heart.
Jérôme en profite pour débarquer dans ma vie. Il y restera cinq ans.
2001. Depeche Mode. Strange Love.
Je continue ma remontée musicale du temps. J’arrive mal à définir ce que je ressens. Strange love, strange highs and stange lows
Strange love, that’s how my love goes.
2002. Miss Kittin. Frank Sinatra.
J’obtiens l’agrégation. Symboliquement donc, je suis dans la vie active. Ma vie pépère de couple poursuit son chemin depuis plus de deux ans. Je me sens bien trop rangé et sage pour mes à peine 23 ans. Il faut agir. Je me perce l’oreille, et la vague électro me montre à nouveau le chemin des pistes de danse, désertées depuis un bon moment à cause de l’enlisement de la house. Sniffing inthe VIP aaaaaaaarea…
2003. Zebda, Toulouse.
24 Septembre, La Mercè. La mairie de Barcelone a organisé un peu partout des concerts. On se décide finalement pour Zebda, dont j’ai entendu des dizaines de fois les chansons sans vraiment faire attention. Ce soir là, elles me touchent. Elles parlent avec sincérité de déracinement, à un moment où je me questionne sur mon identité. Voilà six ans que j’ai croisé les Pyrénées. En Espagne, à ce moment, l’autoritarisme d’Aznar a réveillé le nationaliste qui dort dans chaque catalan. Que suis-je ? catalan ? espagnol ? français ? Pour la première fois, en écoutant Mouss et les autres, à défaut de me sentir français, je me suis senti véritablement toulousain.
2004. Pulp, Live bed show.
Ma relation de couple s’enlise. Ma curiosité musicale s’estompe d’année en année. Je ne fais que déterrer mes vieux disques. Jarvis Cocker semble écrire pour moi. Comme dans la chanson, mon lit conjugal ne grince que très rarement : Now every night she plays a sad game
Called pretending nothing going wrong
But she knows if the show was televised
No one would watch it, not tonight, but 7 years ago.
2005. ONB, Savon.
Comme après le Marroc, je reviens de la Tunisie avec de la musique plein la tête.
J’appuie sur la touche eject de ma vie de couple, et je retourne dans le circuit. Pendant ce temps, dans mon Discman, des voix arabes préparent l’arrivée de mon homme : Tout le monde a semé
Tout le monde a écolté
Tous ont des jolis bambins
Il s’invitent à dîner
Ils vont fiers sur les chemins
Moi je vais toujours seul
Sur des sentiers écartés
Bien plus sauvages que moi même
(inspiré par ce post de Zerosix, qui, en sortant vanishing point, a ouvert une boîte de pandore)
Permission de minuit en poche, je laisse mon homme a demi mort sur le canapé (le débat sur les ammendements la veille avait fini à pas d'heure), et je pars rejoindre des amis pour la fête de la musique. finalement, apres les désertions de denière heure inévitables, on se retrouve en tout petit comité, avc J* et D*. Tant mieux, c'est la configuration des soirées inoubliables.
On déambule à droite à gauche, témoins de ces quelques scènes surréalistes qui font le charme de cette fête. Sur le Parvis de Saint Sernin, trois mamans maghrébines bien voilées tentent de danser sur une reprise de Trust, antisocial tu perds ton sang froid, et finissent par un applaudissement bruyant. Un peu plus loin, un groupe de rock chrétien nous rappelle que Dieu est amour et lumière. À la buvette, sur des écriteaux on peut lire 1 boisson + 1 évangile = 1 euro. C'est pas cher d'être touché par la lumière divine. On continue notre prommenade, et tombons sur un sound system reggae. Au micro, je reconnais immédiatement T*, le premier garçon avec qui j'ai couché, il y a une éternité. Visiblement, il m'a reconnu aussi. T* était très grand, syndicaliste à Sud (mais qu'est ce que j'ai avec les militants moi!), écoutait du reggae à longueur de journée et zozotait, défaut que j'ai toujours trouvé ultra sexy. Dans un autre type de configuration, cette première nuit d'amour fut aussi inoubliable.
Hier après-midi j'accomplis mon devoir de citoyen en m'intéressant à l'actualité, hypnotisé par la charmante journaliste d'I:télé. Tiens, ils vont parler du référendum en Catalogne sur la future charte d'autonomie. J'appréhende un peu. A chaque fois que un journaliste français parle de l'Espagne, il ne peut s'empêcher de sortir une grosse connerie. Et cette fois ne sera pas une exception. J'apprends ainsi que le terme "nation catalane", prévu dans le texte original, a été supprimé dans la version définitive. Quelques heures plus tard, devant la 2, c'est l'excès inverse. Pujadas parle "d'une avancée hautement symbolique" car la Catalogne est à présent définie comme une nation.
La vérité est que, après de très dures négociation entre Barcelone et Madrid, le terme nation n'apparaît que dans le préambule de la charte, qui n'a pas valeur juridique, tandis que pour le corps du texte on revient à nacionalidad, concept foireux inventé en 78 pour mettre tout le monde d'accord et éviter un nouveau coup d'état militaire.
Mais c'était probablement trop compliqué pour notre temps de cerveau disponible.
Pour ceux qui en voudraient savoir davantage, j'avais déjà traité le sujet dans ce post
Rendez-vous ce matin à 9h00 avec mon ex. Au programme, dépacsage express. Déjà que la signature d'un PACS n'est pas précisément empreinte de solemnité, mais alors la rupture, j'ai eu l'impression d'acheter une baguette à la boulangerie. Au total, on a du passer dix minutes au tribunal d'instance, le temps de demander à l'accueil, de monter au bureau indiqué, de vérifier notre identité, et de constater que le système informatif est en panne. Mais point de nouveau rendez-vous : on recevra les attestations par courrier dans les jours qui suivent. Et après il y en a qui médisent sur la lenteur des services administratifs! A la sortie, on va "fêter" ça avec Jérôme à la terrasse d'un salon de thé, et on se raconte nos histoires de coeur.
Deux heures plus tard, je reçois ce texto de mon hommequejadore, ravi d'avoir officiellement le champ libre :
Il y a 66 ans, c'était l'appel du 18 juin 1940. La France était brisée. Alors que tout semblait perdu, alors que les élites ne voyaient d'autre issue que la soumission, le Général de Gaulle provoqua le sursaut. C’est le refus de l’inéluctable qui sera à l’origine de la résistance.
Les Français ne doivent se souvenir que des belles pages de leur passé, car c’est en leur mentant et en flattant leur chauvinisme, en leur affirmant, à tort, que dans son histoire il n’y a ni vilenies ni hontes, que l’on peut espérer être élu.
De l’UDR au RPR, j’ai croisé certains de ces hommes qui avaient fait l’histoire par les armes, mais ils étaient vieux et croulants et à leur compagnie j'ai préféré celle des Paquas, Balladurs et autres Chiracs. Je tire de ces pseudos gaullistes une seule conviction : tout est bon pour monter encore plus haut.
D’abord, je crois que la maîtrise de l’apparence et de l’agitation politique sont des nécessités vitales. Dans toute nation, il y a des énergies contraires, il y a une dispute entre le passé et l’avenir. Le gaullisme, c’est l’art de faire passer la tradition pour de la rupture. C’est tout moi ça. C’est l’apparence de l’action qui m’élève collectivement. Regardez : De Gaulle était contraire à la Décolonisation, à Brazzaville comme pour les événements d’Algérie, la sortie de l’OTAN n’était qu’une bravade, et la constitution de la cinquième, un costume fait à mesure. Et ils ont tout gobé ! Modernité c’est le mot magique. Charles de Gaulle fut l’homme qui sut faire passer des rafistolages personnels comme des grandes transformations.
La gauche préconise de faire évoluer la France à petit pas, en essayant d’éviter des situations sociales explosives. Or l’histoire démontre que c’est justement ces situations sociales explosives qui permettent à des petits cons comme moi de se hisser violemment au sommet de l’état! Moi, je préfère les chemins tortueux, celui des intraitables et des indociles, parce que notre pays est prêt à se jeter dans n’importe quels bras, vu que la démocratie étouffe sous les coups des politiques chiraquiennes. A bien des égards, la situation est comparable à celle de 1958 : moi aussi, comme De Gaulle, je suis prêt à recevoir les pleins pouvoirs et à me tailler des institutions à ma mesure !!!!
Du Gaullisme je tire une autre conviction : parler de rassemblement (ha ha ha hahaha hahahah ahaha haha hahahaha ha ha ha ha ha) est porteur. Il faut tuer les autres idéologies et ne laisser que la mienne, faite de liberté (pour l’entreprise) et d’autorité (pour les pauvres et autres criminels), de solidarité (faut placer le mot quand même) et de compétitivité, (c'est-à-dire, baisse des salaires), de fermeté (je me répète non? je n'ai pas dit autorité déjà ??) et de générosité, (mais que envers les méritants). Si je réussis à placer tous ces mots qui sont connoté positivement dans la tête de nos benêts d’électeurs, c’est sur que cette synthèse pseudo politique fera rage. Dans cet esprit, je suis prêt à aller mendier des voix chez le FN comme chez le PCF ! Aucune soi-disant éthique droitdelhommiste ne m’interdira de profiter de ce réservoir de voix et de leur promettre n’importe quoi pour qu’ils me rejoignent.
[…]
Il faut peut de choses pour que je prenne la France, mais il faut certaines conditions décisives que ne renierait pas le Général de Gaule : le goût de la vérité (sur mes adversaires politiques de droite) plutôt que celui de l’illusion (qu’incroyable mais vrai, nourrit encore Villepin), le sens de l’innovation (que je puise dans les grands classiques libéraux du XIXème) plutôt que celui de la répétition (car jamais depuis 1977 le parti au pouvoir à remporté des élections), le choix de la droite plutôt que celui de la gauche.
C’est de la sorte que je renouerai avec l’espoir.
Ce matin, au monument aux morts de Toulouse, pour la première fois, un acte officiel rendait hommage aux 100 000 déportés homosexuels de la deuxième guerre mondiale. Mon homme me tire donc violemment de ma grasse matinée et m'oblige à faire acte de présence. En y allant, je me prépare intérieurement à me faire chier à mort. Des discours interminables où toute les institutions essaient de se voler la vedette, c'est pas précisément mon idéal de Samedi matin. Puis j'arrive, comme toujours légèrement en retard, et je me sens immédiatement écrasé par l'ambiance solennelle qui règne dans l'Assamblée. Je jette un premier coup d'oeil et reconnais en première file Léon guy, président de l'association des déportés de France, et camarade de notre section. Les rares fois où je les ai entendus parler, lui et un autre résistant de la section, de cette "saloperie de guerre", j'ai failli chialer. Je comprends à ce moment que la cérémonie risque d'être psychologiquement éprouvante.
Avec lui, l'ensemble des institutions de la Région et des partis de gauche (La mairie UMP a juste envoyé un pauvre conseiller municipal suppléant). Leurs discours, loin de sonner creux et hypocrites comme je le craignais, sont courts, sobres, et émouvants. Derrière les politiciens, une myriade de représentants d'associations gays, tous en deuil, sauf l'inmanquable représentant d'Act up, qui me fait sourire avec son vieux T-Shirt colère=action datant probablement des combats de la première heure.
C'est au président d' Oubliés de la Mémoire que revient l'honneur de clore les tours de parole. Son discours est le plus dur. Il rend hommage à Pierre Seel et nous lit des fragments entiers de ses mémoires de déporté. Arrive le passage où l'auteur raconte comment il a vu un de ses anciens amants se faire dévorer vivant par les chiens des SS en guise d'execution sommaire. Bouf ! Prends toi ça dans la gueule! Loli, une autre camarade de section, dont le fils à peine pubère vient de sortir du placard, a du mal a cacher l'émotion. J'imagine pas ce que ça doit être pour une mère d'imaginer ce genre d'atrocités.
La torture s'achève enfin, avec le dépôt de gerbes et la minute de silence et le chant des partisans. N'oublions jamais!
Réveillé à 8 heures 30 par la secrétaire en chef du département qui me "demande" si je peux faire un remplacement à la dernière minute cette après-midi. Je ne suis pas en mesure de refuser, même si parfois j'ai l'impression d'être une bonne poire corvéable à merci...
J'en profite pour me prommener dans les territoires jadis "occupés" par les anti CPE. Je suis aterré par quelques tags, amusé par d'autres. L'ensemble laisse songeur.
Le CNRS nous rabâche sans cesse qu'il faut être moderne. J'ai donc décidé de délocaliser ma production en Côte d'Ivoire (si quelqu'un connaît de la main d'oeuvre très bon marché, qualifiée en TCR -Théâtre castillan de la Renaissance-, je suis preneur). J'ouvre par ailleurs un carnet de commandes. Les éventuels clients qui seraient intéressés par un article universitaire ou, dans la mesure de la disponibilité de la main d'oeuvre, par une thèse, peuvent me contacter directement par la messagerie de GA.
Troisième avis (Je commence à perdre la patience!!!!)
Je répète une troisième et dernière fois. Celui ou celle parmi mes ami-e-s toulousain-e-s qui a laissé un commentaire anonyme dans mon post d'hier, et que malgré des allusions apparament fort explicites je n'ai toujours pas réussi à identifier, est prié-e de décliner son identité. Par pitié.
Par ailleurs, s'il ou elle croit m'induire en erreur en faisant une allusion à peine masquée au score de Damien au gayometer, il ou elle l'a encore une fois dans le cul profond. Son ordi est mort depuis plus d'une semaine!
Et c'est quoi cette histoire de Jospin? Il y a que mon homme qui a le droit d'être Jospino!!!
Où tranquile, décidé, je regagne les hauts quartiers de peine
Je ne suis pas d'un naturel trop nostalgique, mais aujourd'hui j'ai cédé à ce petit jeu qui consiste à idéliser le temps passé. Je me prommène dans les rues du centre ville, et en passant devant Gibert joseph musique, je réalise que cela va faire des années que j'y mets pas les pieds. Je rentre, curieux des nouveautés et je me prommenne dans les rayons. Boudu que c'est pas cher un CD aujourd'hui !!!! J'ai l'impression que la moitié du magazin est en promo. Je crois que, dans l'immédiat, je vais éviter d'investir dans l'industrie musicale...
Du coup, je commets un acte depuis très longtemps oublié : j'achète deux CD. Je fouille dans le rayon rock français, et je tombe sur deux de mes albums préférés de mon âge tendre, que j'avais connement prêté à l'époque à un mec que j'étais a peu près sûr de ne pas revoir (arghhhh quel con!). Qu'est ce que je pouvais les écouter ceux-là! Inlassablement, en boucle. La première chanson de Dominique A que j'ai entendu c'était Les hauts quartiers de peine, qui apparaissait dans un CD prommotionnel d'un magazine de musique espagnol, titrant sur la nouvelle scène française, avec Diabologum, Katerine et le nantais en guest stars. Oui, à l'époque j'achetais des magazines de musique, j'ai du mal à me reconnaître. Je me demande d'ailleurs à quel moment l'actualité musicale a cessé de m'intéresser vraiment. Probablement au même moment où j'ai commencé à m'interesser vraiment aux garçons...
(Les Hauts quartiers de peine, les avait-on quittés?)
Où je prends mon pied lors d'une soirée electorale
Enfin! Depuis le temps où j'attendais ça! En rentrant au PS, mon imaginaire politique était hanté par les images télé du congrès de Rennes en 88 et les articles de presse analysant les étripages en règle qui secouent régulièrement le PS. Malheureusement, j'étais tombé dans une section plutôt calme. Respect absolu de la parole d'autrui, une certaine idée du fair play dans les débats et enjeux qui divisent le parti et structurent le courrant. Du coup, le vote pour les motions aux congrès du Mans, il y a un peu moins d'un an, s'était déroulé dans une sérénité remarquable. Les quelques coups fourrés se faisaient toujours en coulisses et ne donnaient jamais lieu à des débordements, au mieux à quelques chuchottements indignés.
Mais pour un espagnol comme moi, la politique il faut que ça crie un peu. Cette façon nordique d'encaisser les coups fourrés avec un sourire hypocrite, en essayant de calmer le sang qui boue à l'intérieur, ne me ressemble pas du tout. Sur ce point, la soirée d'hier ne m'a pas déçu. On élit les candidats aux législatives, et la fédération est en pleine effervescence. Lors du dépouillement, les gens bougent dans tous les sens, à la recherche de la moindre information, et au fur et à mesure que nous comprenons le coup que certains ont soigneusement préparé, les uns affichent une gueule assombrie, les autres ont du mal à cacher le sourire satisfait de la victoire. Le NPS remporte cette election interne, et par une alliance contre nature de la dernière minute, ils laissent la suppléance aux strausskhaniens (tu dis quoi à ça, chapi?). Le centre est déconfit. Ils n'ont rien vu venir. On gueule un peu (enfin! enfin!), puis on refait le match autour d'un demi, dans un bar, à quelques mètres des "adversaires". J'adore la politique.
Celui ou celle parmi mes ami-e-s toulousain-e-s qui ne s'est pas senti-e concerné-e par le premier article de ce post, malgré sa formulation on ne peut plus explicite, et que j'ai à nouveau repéré-e aujourd'hui entrain de fouiner dans mon blog, est sommé-e de s'identifier dans les vingt-quatre heures. S'il ou elle croyait que j'allais oublier, il ou elle l'a toujours dans le cul profond. N'oublions jamais!
PS: S'il ou elle a honte de laisser un message sur un site de pédésexuels,
il existe une magnifique invention appelée téléphone.
Où je surmonte mes phobies et je me fais couper les cheveux
Je tentais de prendre une photo pour illustrer un futur post sur le fait que pour une fois, enfin, je suis content de la coupe en sortant du coiffeur, que je ne regrette pas mes jolies bouclettes brunes qui ont fini par terre et que la coiffeuse était charmante et a tout de suite compris ce que je désirais. Mais mon homme a tout gaché, avec sa manie de venir par derrière (épargnez-moi les mauvais jeux de mots!). Tant pis, je trouve le résultat assez beau. Exit donc le comparatif avant/après, je garde le mystère!
In Xanadu did Kubla Khan A stately pleasure-dome decree
J'abandonne. Il est écrit que je ne finirai pas la lecture de La guerre des deux roses, que je traînne depuis quelques semaines. Et dire que mon homme l'a dévoré en quelques jours! J'en tire la conclusion que dans le fond, la politique ne me plaît pas tant ça. Le livre est indéniablement intéressant, on apprend plein de choses sur les hiérarques du parti et sur les gens qui les entourent, sur l'histoire personnelle et les déclarations des uns et des autres que l'on a trop vite fait d'oublier. Mais il manque cette étincelle qui m'empêche de lâcher un livre tant que je ne l'ai pas fini. Du coup, j'ai fait l'erreur de feuilleter à l'avance le livre qui attendait patiemment son tour sur les étagères, La route de la soie ou l'empire des mirages. J'ouvre la première page, et le charme opère : " Depuis plus de deux millénaires, elles se racontent en toutes langues, du grec au sogdine, de l'ouïguor au mandarin. Elles s'écrivent dans la pierre, sur les rouleaux de soie et du parchemin, endendrant sagas et chroniques, graves traités de cosmogonie, manuels de l'avanturier ou encore ces livres qui s'intitlent eux-mêmes des merveilles". Soudain, je suis à des années lumière des batailles internes du pouvoir. Il suffit, quelques pages plus trad, que l'on me parle des descendants perdus des généraux d' Alexandre, Iskander, dans une pauvre vallée afghanne, et je suis devenu Daniel Dravot, l'homme qui voulu être roi. Je suis Indiana Jones aterrissant dans la cour du gourou d'une étrange secte hindou qui arrache des coeurs. Et remontant plus loin dans mon histoire personnelle, je suis Spirou perdu dans la vallée des bannis, la BD que j'ai sans doute le plus lu et relu dans ma vie. Et je me rend compte que derrière la prose universitaire d'Edith et François-Bernard Huyghes, et leurs recherches savantes sur le commerce de l'information, je cherche seulement à plonger encore une foi dans cette terre des mille et une nuits qui s'étend de Venise à Beijing et qui a toujours exercé sur moi la fascination la plus profonde.
Où je regarde mon nombril et analyse mes statistiques
I. Celui ou celle parmi mes ami-e-s toulousain-e-s qui est arrivé-e "par hasard" sur mon blog en tapant sur google "gay toulouse platja d'aro Lucas fernandez" est prié-e de s'identifier dans les plus bref délais. S'il/elle croyait me prendre en flagrant délit de médisance dans le dos des gens, il/elle l'a dans le cul profond. (Médire, mouâââh? pffff)
II. Toujours dans la rubrique "apprenons à connaître mes (rares) lecteurs", j'aimerais savoir qui me lit régulièrement depuis Taipei, et qui le fait depuis l'ENS Cachan. Promis, je mords pas!
III. Dilemme qui m'empêche de dormir les nuits. Je garde le nouveau fond d'écran "avec les dauphins cucul mais qui font méditerrané-é-é-e" où je remets l'ancien fond "avec Nausicäa qui regarde confiante vers un avenir radieux"? Décidément, l'homme est condamné à la liberté. Tout éclairage sur cette question serait bienvenue!
Au programme hier : soirée loose et échouages en règle. On devait se rencontrer chez D* pour décider d'un planning pour la soirée, mais à mon arrivée, l'ambiance est au point mort. Le Stade a perdu. Mes amis décuvent dans l'apathie générale les littres de bière ingérés au cours de l'après-midi. Bordel de sport de merde. C'est promis, à ma prochaine réincarnation je n'aurais pas d'amis hétéros. Je réussis à trainner quand même D* dans un bar, mais l'ambiance n'est guère plus folichonne. Le patron au comptoir doit être entrain de calculer combien d'argent potentiel il a perdu avec la défaite du Stade. Contraint par les évènements, je me résous donc à rentrer à la maison avec mon homme, qui arbore déjà un sourire victorieux : il va pouvoir s'installer confortablement sur le canapé et mater son Thierry Ardisson tranquilement sans un hystérique comme moi entrain de lui rabâcher que le Samedi soir il faut sortir.
Malgré toute l'anthipathie que j'ai pour l'animateur il faut avouer que souvent c'est drôle. Hier, le clou de la soirée était sans doute le passage de Jacques Myard, député maire de Maison-Laffite, UMP souverainiste (la crème de la crème donc), que j'avais déjà vu sévir dans les plateaux d'I:télé. Là, Thierry a réussi à faire fort : créer de la polémyque à partir d'un film a priori aussi insignifiant que La maison du bonheur. En effet, ce politicien complètement dépourvu d'humour vient s'indigner des propos tenus par Danny Boon dans l'emission de TLMP de la semaine dernière. Le comédien avait raconté le tournage à Maison Laffite, et sa rencontre avec le maire, sur un ton vaguement moqueur (quelqu'un s'imagine Danny Boon être vraiment caustique?). Myard est passé pour un psychorigide devant des milliers de téléspectateurs, mais il a du probablement engranger quelques voix de plus dans sa circonscription, et comme je doute qu'il ait des ambitions présidentielles, c'est tout ce qu'il espérait.
Où j'en connais qui ne vont pas être contents ce soir
Le bilan de ma tentative d'après-midi studieuse est mitigé. J'ouvrais mes livres et lançait Word quand par la fenêtre rentre un boucan pas possible. Et oui, à quelques mètres de chez moi, sur le Capitole, la Mairie a eu la merveilleuse idée d'installer un écran géant et un animateur pour suivre en directe, non pas la coupe du monde de football, mais la finale du championnat de France de Rugby, qui oppose le Stade Toulousain au Biarritz Olympique. Pour un espagnol comme moi, le rugby est aussi exotique que le hockey sur glace ou le Sumo, et mes huits ans passés dans le midi français n'ont pas fait bouger d'un iota ma totale indifférence envers ce sport. La finale me fait donc plus chier qu'autre chose (j'ai des amis qui hurleraient s'ils me lisaient!).
Je tente donc de me concentrer tant bien que mal. Au bout d'une heure, l'agitation a considérablement diminué. Tiens, c'est étrange, le match ne devrait pas être fini encore. J'allume la télé pour regarder le score. 40 à 13 pour Biarritz. *Bouducon* l'humiliation!!!J'hésite à présenter mes condoléances à M* et à A*, ou les laisser pleurer dans leur intimité...
Pas de câlins du Samedi matin au lit aujourd'hui. Mon homme a du se lever tôt (pas moi, évidement) pour amener un fichier d'adhérents à une camarade qui souhaîte se présenter comme candidate aux législatives. Sur ce point, rien à dire. C'était dans le contrat. Je savais en m'engageant que le militantisme allait lui prendre pas mal de temps.
11 h 30, le rendez-vous dure plus que prévu. Ils doivent être entrain de discuter de la stratégie à mettre en place pour être investie candidate. Rien d'extraordinaire, me direz-vous. Mon homme aide la candidate de son courrant à remporter des élections internes. Mais voilà, il s'avère que cette fille est tout ce que mon homme et moi récusons en politique. Arriviste et mondaine. Et ça me troue le cul que pour soutenir une fille que j'estime peu, des moments privilégiés de la vie de couple soient sacrifiés.
Il y a quelque chose qui me dérange profondément dans la façon dont est organisé le militantisme dans le PS. Je comprends la nécessité des courrants de pensée, rien de pire que les partis monolythiques comme le PCF. Les relations intélectuelles, fondées sur des affinités de pensée, devraient être la seule base d'un courrant. Elles laissent souvent la place à des relations de l'ordre de l'affectif, dans le terrain très marécageux qui sépare la camaraderie de l'amitié. Tout est fait pour encourager cette dérive. Les réunions de courrant se tiennent dans des lieux conviviaux, comme des bars, des restos ou les maisons des uns et des autres. A priori, cette convivialité ne devrait pas poser de problème. Cependant, à l'inverse d'un groupe d'amis "normal", un groupe d'amis "politique" a quelque chose de malsain. Il est fondé sur la nécessité, et pas la simple estime. On se retrouve donc en face avec de vrais connards auxquels on ne pourra jamais dire tout le mal que l'on pense d'eux. Et ça, ça me démange. En outre, le groupe est régulièrement mis à l'épreuve par les échéances des élections internes. Une rhétorique très destructive du soutien et de la trahison se développe. Je suppose qu'il est difficile de faire autrement, et le PS doit être un des partis qui gère aux mieux l'équilibre fragile entre autoritarisme et démocratie interne. Mais je sens aussi que ce n'est pas vraiment fait pour moi.
Plus d'ampoules de rechange, et j'ai une flemme insurmontable d'aller en chercher au Casino à l'angle de la rue. Du coup, je chie à la lumière d'une bougie parfumée sur un bougeoir en verre. Pas vraiment pratique pour lire des BD.
PS: et vous, qu'avez vous fait de queer aujourd'hui?
Maradona, n'est pas importe qui,
C'est un ange,
Et on peut voir ses ailes blaissées
C'est la Bible,
À côté de la ruelle...
Peu m'importe
Dans quelles embrouilles il trempe,
C'est mon ami,
Et quelqu'un bien
Diego Armando,
On attend toujours ton retour.
On va toujours t'aimer
Pour le bonheur que t'amène au peuple
Et pour ton art.
C'est parti pour un mois de foot, et je réalise que je n'arrive pas vraiment à détester cela. J'affirmerais même, qu'à doses homéopathiques, ça me plaît. Parmi les "bonheurs" que nous réserve le mondial, la première place revient sans doute à l'invasion publicitaire, à la guerre des sponsors, et au culte des chaussures sportives. Et dans la guerres acharnées que se livrent les trois géants, j'ai déjà choisi mon camp. Exit la pub ringarde d'Adidas, avec les deux gamins des favelas (j'apprends d'ailleurs que dans les favelas on parle avec un accent de Madrid à couper au couteau). Exit les ronaldinhos et autres thierrys henrys de Nike (Joga Bonito ... on nous prend vraiment pour des teubés). Je préfère la sobriété de la campagne de Puma pour la presse : une vieille image de Maradona, assis par terre dans sa chambre d'hôtel, au milieu de vieux vynils. Ça c'est du joueur! Ça c'est du romanesque comme on l'aime, et pas la platitude de Zidane ou la métrosexualité de Beckham.
Où Mykonos, ce ne sera toujours pas pour cette fois
Comme d'habitude, je m'y suis pris trop tard. Du coup, les prix des hôtels sur internet feraient blémir le moins regardant des vacanciers, et les petites auberges recommandées par le Lonely planet affichent complet depuis belle lurette. Je vais donc avaler mon orgueil et encaisser tête baissée les reproches de mon homme qui me l'avait dit qu'il fallait réserver depuis longtemps, mais moi, je n'en fait qu'à ma tête et c'est toujours pareil.
Exit donc les trois nuits que j'avais prévues à Mykonos. Il est cependant hors de question que je rate Délos. Je regarde donc sur une carte l'île la plus proche, et c'est parti pour trois nuits à Syros. Apparament il s'agit de la préfecture des cyclades, moins tourné vers le tourisme. Tant mieux. Je craignais d'étouffer un peu dans des petits villages bondés d'européens du nord cramés. Pourtant, je suis plus que familiarisé avec le tourisme de masses. J'ai passé un nombre incalculable d'étés sur la côte catalane, et j'arrive assez facilement à faire abstraction des guiris. Mais pour un voyage romantique avec mon homme, j'avais envie d'autre chose...
Comme d'habitude, je m'y suis pris trop tard aussi pour les papiers administratifs. Du coup, il est fort probable que je ne vote pas au prochain référendum sur l'estatut. Je suis passé en début d'aprèm au consulat, mais c'était sans compter qu'ils ouvrent à des horaires espagnols (vive l'adaptation!), donc de 9h à 14h. De toute façon, il est évident que j'ai dépassé les délais. Bordel. Je culpabilise légèrement, je ne ratais pas une élection depuis 1999.
Je me souviens d'une discussion que j'avais eu avec mon père à table. J'avais seize ans, et j'avais déclaré mi-provoc mi-sérieusement que de toute façon je ne voterais jamais, car les politiciens, c'est la lie de l'humanité. Mon père avait réagi en affichant un regard consterné, qui disait : "passe vingt ans sous une dictature et tu vas voir si les politiciens sont la lie de l'humanité..."
D'un commun accord (même si j'étais plus d'accord que lui), on décide hier soir avec mon homme de profiter de cette belle journée et d'aller lire sur les berges de la Garonne. On s'installe au milieu d'une ambiance bon enfant, jusqu'au débarquement des CRS, qui n'avaient évidemment rien d'autre à faire que d'aller embêter un groupe d'ados, qui, je suppose, fumaient leurs premiers pétards. Commence alors la pitoyable parade du CRS, avec leurs gestes et leurs regards de coq de basse cour qui n'impressionnent qu'eux. Ils contrôlent, avec une lenteur exaspérante, toutes les poches, chaussures, sacs, et portefeuilles. Ecoeuré, je fais un signe à mon homme pour partir.
Certainement, si j'ai quelque chose de gauchiste, c'est une hostilité profondément ancré envers police et armée. On peut m'avancer tous les argument imaginables sur leur utilité, ma haine est à la limite du rationnel (faut dire aussi que l'histoire de l'Espagne n'aide pas). Du coup je suis toujours très surpris quand il m'arrive de croiser un militaire ou un policier en soirée, chez des amis. Surtout les rares fois où ce n'est pas un con fini. Mais malgré le jugement objectif que je peux porter, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer sur ça tête un grand panneau clignotant où on peut lire ou . Toute sa personnalité est ainsi subordonnée dans ma tête à cette seule caractéristique. Or si je pousse au bout cette logique, j'arrive à la conclusion que de nombreuses personnes, quand elles m'adressent la parole, doivent s'imaginer sur ma tête una grand panneau clignotant où on peut lire .
Dominique Strauss-Khan et Martine Aubry sont arrivés ensemble rue Solférino. Les déclarations de l'autre ont au moins le mérite de faire serrer les coudes aux vieux rivaux...
Où j'apprends à regarder différemment mes collègues
(Moi aussi mes relations de travail ressemblent parfois à ça...)
(Celui que l'on hait bien, il s'accroche, il s'accroche)
Réunion de travail hier après-midi avec ma directrice. Avant de mettre les mains à la pâte, elle me raconte dans ses moindres détails le déroulement de la comission des spécialistes qui s'est occupé de l'attribution des postes d'ATER. Je sais enfin qui parmi mes "collègues" a essayé de flingué mon dossier et qui l'a défendu. Exit la paranoïa en rigueur jusqu'à aujourd'hui, et la présomption d'innocence. Dorénavant, dans les couloirs de la fac je vais pouvoir me livrer à ce petit jeu malsain qui consiste à arborer un gros sourire hypocrite aux collègues que l'on croise, tout en leur souhaîtant intérieurement une mort lente et douleureuse.
Malgré toute, j'ai une bonne surprise. le directeur de l'UFR a revu l'opinion qu'il avait de moi à la hausse. Faut dire qu'enfin, à 26, j'ai eu cette révélation : bien travailler est inutile et improductif. Ce qui compte, c'est donner l'apparence du travail.
Hier soir, repas en honneur de L*, bonne amie italienne, connue en Erasmus il y a cinq ans (déja!), et avec qui on a heureusement gardé contact.
Je ne sais plus comment, la conversation finit par tourner autour d'un des sujets qui m'intriguent vraiment, à savoir, la famille de mon homme. Faut dire que je ne risque pas d'être présenté demain ou dans l'immédiat.
Parmi les questions que je lui pose toujours, mes préférées tournent autour des interdits familiaux et de la façon dont les uns et les autres les transgressent. Cette fois, c'est le tour d'un tabou majeurs de la société musulmane, l'alcool. Deux images m'ont marqué pendant mes voyages au Maghreb. La première, c'est ce bar de Tanger à l'ambiance portuaire, où nous étions rentrés avec un ami pour boire une bière. Un fumoir d'opium doit être plus gai. La deuxième c'est ce mariage traditionnel où on nous avait invité. Pendant que les femmes dansaient (et seulement elles) un étrange manège s'était installé chez les hommes. Tour à tour, par groupe de deux ou trois, ils s'enfonçaient dans les bois, et revenaient quelques minutes après légèrement saouls.
Je demande donc à mon homme comment ça se passe chez lui à ce niveau, qui boît, qui ne boît pas, et comment on peut le savoir, vu qu'il est inconcevable d'en parler. En fait, je connaîs la réponse d'avance. Deux frères font en effet quelques virées dans les bars. Toute la famille est au courrant, (l'odeur d'alcool ne peut pas être vraiment qualifiée de discrète), mais personne y fait jamais allusion. Je me doute aussi que mon homme, fils idéal s'il en est, n'est jamais rentré bourré chez ses parents (s'ils savaient!).
Mais mon homme réussit quand même à me surprendre par son degré de coincitude. L'année dernière, son grand frère viens lui rendre visite à Toulouse. Ils sortent au resto, et ce grand frère en question propose de prendre une bouteille de vin à deux, proposition que mon homme décline poliment, en avançant qu'il ne boît jamais. Le faux-cul!
Bref, vu le libre parler qui est en rigueur avec ses frêres et soeurs, je ne vais jamais réussir à le convaincre d'en mettre un ou deux au courrant.
Tête explosée, ventre barbouillée, gorge en feu (mais pourquoi donc je continue à fumer en soirée??). Rajoutez à tout ça un sentiment de gêne, d'avoir été "légèrement" ridicule en public, agitez la préparation, et vous obtenez un Asbel au réveil le Dimanche "matin".
La honte. Je me souviens avoir discuté de façon très animée avec M* et C*, sous le regard ébahi du reste de la table et des autres gens assis à la terrasse du café, venus fêter la victoire de Toulouse sur les parigôts. C'était sur quoi déjà? Ah oui, sur l'impact à long terme de l'échec d'Olivares à imiter la politique de Richelieu en Espagne. Et j'ai réussi à m'engueuler avec C* sur ce sujet, on est forts quand même. Mon homme a du me détester.
PS : Mais je maintiens, C* n'est qu'un sale déterministe..
Où en achetant des fleurs, je me souviens de mon prof de philo
(finis les bouquets composés de mon homme : aujourd'hui, ça sera que des tournesols)
C'est dingue. j'étais planté là, indécis, devant des dizaines de beaux bouquets, et s'est revenu à moi d'un coup. C'est un texte que nous avait distribué en cours Monsieur D* (*soupir rêveur*) en terminale, voilà dix ans (*soupir nostalgique*). Je crois que ça ouvrait la leçon sur le bonheur, ou la liberté :
Hier, j’entre chez la fleuriste, ayant avisé des freesias dehors, sous la pluie fine. En septembre, des freesias, c’est une erreur, je me dis. Les laisser sous la pluie, aussi. Qu’il sont beaux, je fais à la marchande, donnez m’en deux bottes. C’est comme ça qu’on se ruine, a toujours dit maman. En tout cas, je prends, je paie. Déjà, ils sont moins beaux dans ma main, les freesias. Je suis déçu. Je vais pour partir. Au même instant, j’aperçois des roses. Roses, énormes, grandes ouvertes, compliquées. Il me les faut. Elles me consoleront des freesias. Trois, j’en achète. Mais tristement. Les freesias leur font tort maintenant. Pour compenser, elles font du tort aux freesias. Heureusement, il y a le parfum. Un peu faible, quand même. Eh bien, c’était un faux amour. Car voici la vraie tristesse : des lys du Japon, saumon, tigrés, bien droits et bien ouverts, dans un vas haut, violet, contre la porte. Je ne les avait pas vus. Trop tard. C’est eux seuls que je veux, que je voudrai, que je ne peux plus acheter. Je sors tout à fait et pour toujours. Toute ma vie est là.
Ludovic Janvier Monstre, va
J'ai gardé plein de cours de l'époque, donc j'ai pu le déterrer facilement. Je ne connaîs que ce fragment de l'oeuvre. Quelqu'un en sait davantage?
PS : on peut aussi remplacer les fleurs par des mecs croisés en soirée... Ça devient un beau résumé de virées en boîte
Où je commence à comprendre certaines positions de Scriabad
Tout à l'heure, dans la rue, je reçois un coup de fil de ma mère. Et comme toujours, j'appréhende un peu. Mais aujourd'hui, je ne sais pas si elle était en pleine montée d'antidépresseurs, elle m'a tenu une demi heure à m'expliquer à quel point tout était youpicool. J'ai ainsi appris qu'elle était en pleine forme (ça change), qu'elle ne comprenais vraiment pas comment elle avait pu être si malheureuse ces derniers mois alors que sa vie était si merveilleuse, que son nouvel appart (qu'elle fuyait) était tellement lumineux et beau et spacieux, qu'hier elle avait assisté à la fête du 70ème anniversaire (déjà!) de mon oncle et que c'était elle la plus belle et resplendissante de la soirée, qu'elle partait là tout de suite à Menorque qui est une île teeeeellement belle, et que le voyage qu'on prépare cet été lui fait tellement plaisir et qu'elle est tellement impatiente (c'est nouveau ça aussi) de passer un semaine avec moi et mon homme.
Tellement de bonheur en si peu de temps m'a laissé quelque peu perplexe.
Où, par le biais d'un message sur mon répondeur, je reçois une très bonne nouvelle
Ça y est, c'est définitif.
Je ne pars plus à l'Académie de Versailles l'année prochaine.
Je reste sur la ville rose.
Avec mon homme.
Car dorénavant, je suis ATER
Et, ça, ça déchire vraiment sa race.
Au PS, après le petit SégoShow d'hier, la vraie nature des gens apparaît.
- Les ségolénistes de la première heure, commencent à déchanter. Beaucoup ne la supportent même plus.
- Les ségolénistes de la dernière heure, qui sont apparus en nombre proportionnel au score de la dame aux sondages, admirent aujourd'hui son "parler vrai"(sic) et "qu'elle est proche des préoccupations des gens". À quand une condamnation des "droitsdelhommistes"?
PS: P*, t'es une vraie râclure. Vraiment ça m'etonne pas de toi....
Enfin, quand il ne participait pas à la vie citoyenne, ne travaillait pas, n'éloignait pas les mauvais esprits par d'étranges rituels, ne participait pas à la vie de son clan, ou ne construisait pas une vie de couple, l'homo Asbelus menait une vie très oisive, dont les loisirs prinicipaux étaient de déchiffrer des signes ou des dessins sur du papier imprimé, des photos projetées à grande vitesse sur un écran, ou des sons disposés d'une façon que l'on appelait "harmonieuse" et que l'on reproduisait digitalement.
J'avoue. Hier soir, j'ai encore fait une crise de caprice aigu. Ayant passé ma journée devant l'ordi, tel un ermite devant son crâne à méditer, j'ai fini par craquer quand mon homme m'a annoncé qu'il avait encore et comme d'habitude son énième réunion du mois au parti. Le pauvre, il est arrivé à 22heures complètement épuisé et je l'ai reçu à coup de plaintes sur mon état psychologique précaire et la dégradation progressive du lien social qui m'unit au monde extérieur.
Du coup aujourd'hui il s'est planté à midi à la maison, sans pré-avis, avec du pain, un gâteau, et mon indispensable canette de Coca.
C'est bô l'Amûûûûûûûûûûr.
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
Pochettes clickables...
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)