Sur la construction Européenne, les guichets à la poste, et la comédie humaine
(Propagande attitude)
(Propagande attitude, bis)
Comme j'an ai ras-le-bol que depuis l'anniversaire du funeste jour, des cassandres de tous bords nous martèlent avec leurs plaintes interminables sur l'échec de la construction européenne, j'ai décidé d'apporter une note positive au débat. En effet, mon expérience personnelle me permet de juger les énormes progrès que l'on a fait en moins de dix ans.
Je suis arrivé en France en 97, donc 5 ans après Maastricht. Et beh l'espace Schengen, à l'époque, c'était pas encore gagné. Certes, pour les aéroports et les frontières, le traité s'était très vite appliqué. Une simple carte d'indentité, et le tour est joué. Mais essayez de vivre en France, en 1997, sans passeport : passer à la banque, retirer un colis à la poste ou même payer par chèque devient le théâtre d'un petit conflit auquel je prends un plaisir quelque peu sadique. En faisant la queue, je me réjouis à l'avance de la petite comédie qui m'attend. J'arrive au guichet, et sur demande d'un pièce d'identité, je tends ma toute petite carte plastifiée (Vous, vous traînniez encore avec les sauf-conduit troisième république..). Une fois sur deux, la personne jette à peine un regard et me répond sèchement que ceci n'est pas une pièce d'identité. Arborant un gros sourire hypocrite, j'insiste. Elle regarde une deuxième fois, méfiante, comme si elle avait entre les mains des parchemins en sanscrit ancien. Cela a en effet bien l'air d'une pièce d'identité. Mais son regard traduit des doutes quant à son authenticité. J'adore. Elle doit s'imaginer que dans le tiers-monde espagnol, les cartes d'identité s'achètent à tous les coins de rue. "Vous n'auriez pas un passeport??" Ma réponse est toute prête, tellement on m'a posé de fois cette question. "Je pensais que pour les ressortissants de l'UE, le passeport n'était pas nécessaire". Et bam, UE, le mot magique qui ouvre toutes les portes des administrations. Quelques précisions suplémentaires (non, je ne suis pas M. Andreu!), et ma démarche est accomplie.
Beh cette petite comédie, que j'ai jouée un nombre incalculable de fois pendant les premières années, a lentement disparu. Aujourd'hui, en passant à la banque, je me suis rendu compte que la dernière remarque remonte à plusieurs années.
Où, comme d'habitude, je donne mon avis sur tout et n'importe quoi...
(Je ne crois pas en Dieu mais je crois en Chris Claremont...)
(Super Héros)
Ayant très mal dormi la veille, mon homme décide hier soir de se coucher avec les poules, et m'abandonne à l'ennui des soirées solitaires. Et même pas la possibilité de surfer un peu sur la toile, vu que l'ordi et dans la chambre.
Bref, il faut que je réagisse, et vite. Je décide donc in extremis d'aller voir X-Men. Tout seul, comme un grand. D* l'a déjà vu, G* est à Paris, et M*, je pense qu'il m'enverrait balader si je lui proposais ce genre de film. Pas grave : je vais pouvoir renouer avec mes plaisirs de célibataire. Autant dire, avec mes plaisirs d'adolescent.
Beh Finalement, contrairement à Matoo, je l'ai bien aimé ce troisième volet. Davantage que les deux premiers, même. Exit le schéma "super-méchant met au point un stratagème pour conquérir le monde, contrecarré à la dernière seconde par notre groupe de super-héros". Faut dire que ça commençait à devenir un peu ringard. Là, pas besoin d'histoire compliquée : c'est la guerre, avec sa charge d'épique, de morts (et pas des moindres!), et de sang. Euh.. pas assez de sang en fait, mais bon, je suppose qu'il fallait être classé "tous publics". L'esprit de la BD est rigoureusement respecté. Les rapports humains/gentils mutants/méchants mutants ont toujours été l'axe directeur de la série. Ils ont même rajoutté quelques histoires de coeur un peu ado dont les scénaristes décorainet parfois le comics.
Or si la guerre civile mutante est assez réussie dans l'ensemble, le film se plante carrément dans son adaptation de la meilleur saga mutante de tous les temps, à savoir, la saga de Dark Phoenix. Aucune émotion, aucun tragique ne transparaît. Il est vrai que la série comptait avec l'atout de la longueur. En tuant Jean Grey, on tuait un personnage connu et aimé de tous depuis des années, ce qui ne saurait pas être le cas de son équivalent cinématographique, qui, au cours des trois volets, doit totaliser une trentaine de minutes à l'écran. Reste qu'on auarait pu lui dédier un film entier à elle toute seule. Le mélange des fils narratifs débouche sur l'incohérence majeur du film : jamais le phenix n'aurait accepté de se mettre au service de la cause de Magneto! C'est un esprit de jouissance immédiate et incontrôlable, bordel! Elle serait allée dévorer quelques systèmes solaires et basta!
Malheureusement, n'est pas Claremont qui veux...
(Then something went wrong / for fay Wray and King kong...)
(Le peuple français proclame solannelement... tralilitralala)
(Kill all your idols, it's the end of the world...)
- De par l'estime que je porte au service à l'état, j'ai toujours eu une haute conception des fonctionnaires et des élus. Deux métiers me semblaient particulièrement nobles et prestigieux : le professeur universitaire et le député. Entendons-nous, je n'étais pas naïf, je savais très bien que l'on pouvait être un éminent savant ou un grand politicien et rester un vrai connard. Mais je n'avais jamais douté de leurs capacités intellectuelles.
- Ma première déception est arrivée alors que je m'introduisait lentement dans le monde assez hostile de la recherche. A ma plus grande surprise, j'ai rapidement compris qu'à la faveur de guerres intestines entre labos et écoles, il était relativement courrant de nommer un maître de conférence ou un professeur pas vraiment brillant mais docile et obéissant.
- Le même constat s'impose après una an au PS. A la faveur des guerres intestines, il est possible que par un hasard miraculeux, un incompétent fasse figure de modérateur providentiel et emporte une investiture à la candidature aux législatives. Si sa circonscription est de surcroît une circonscription "gagnée d'avance", traditionnellement très à gauche, il est fort à parier qu'il va finir à l'hémicycle.
PS: Ah, et j'oublie dans le lot le métier de ministre. Le portefeuilles de Douste ouvre une nouvelle dimension à la notion d'incompétence...
Où je retourne ma veste et change, pour une fois, de couleur politique..
Ce soir, débat de candidatures aux législatives dans ma circoncription électorale. Face à face K* de NPS, et N*, strausskhanienne. La candidate NPS, que je ne connaissais pas, apparaît comme une candidate de terrain, fortement impliquée dans des luttes associatives et syndicales. Du moins elle sait s'en donner l'image. De plus, elle parle bien, et affiche une énergie indéniable.
La candidate strausskhanienne est tout ce que je n'aime pas. Son CV militant est vide : non syndiquée, non impliquée dans la vie associative. Mais elle a des "amis" dans toutes ces structures. Manifestement, elle a beaucoup d'"amis", c'est sa façon à elle de faire de la politique.
Malgré mes sentiments mitigés envers Montebourg et sa clique, mon choix est désormais arrêté. Je refuse la logique des courrants. Je refuse d'investir une incompétente. Et je sens que des discussions orageuses vont s'ouvrir avec mon homme à ce sujet...
Sur la démocratie participative, l'étiquette à Versailles et les mangas
(Dauphine de France attitude)
(Après la pluie...)
Je suis un dictateur manipulateur de la pire espèce et je l'ai encore prouvé hier soir. Alors qu'on arrivait crevés d'un week end intensif à la capitale, j'ai imposé à mon homme une séance au cinéma. J'avais déjà choisi le film, mais comme dans un couple, à l'instar d'une démocratie, les décisions se prennent collectivement (du moins en théorie), j'ai du me pretter à un semblant de consultation populaire. Confiant en mon pouvoir de persuassion, j'ai présenté plusieurs options de films, tout en soulignant bien ma préférence personnelle. Malheureusement, ce processus de légitimation ne s'est pas déroulé tel que je l'avais prévu. Les français, comme tout le monde sait, ne sont pas dociles, et mon homme ne fait pas exception à cette règle. Tan pis. contrairement aux politiciens, moi je peux contester le résultat d'un référendum, m'octroyer les pleins pouvoirs, et décider qu'après tout, si mon homme détient le pouvoir absolu sur la télécommande, en contrepartie et dorénavant, je détiendrai le pouvoir absolu sur les films qu'on ira voir.
Résultat : on est allé voir le magnifique Marie Antoinette et mon homme a dormi pendant tout le dernier quart du film. Moi de mon côté, j'étais conquis d'avance, et forcément indulgent. Je ne sais pas si c'est un bon film, et je suppose que l'esthétique un peu MTV en fera râler plus d'un, mais peu importe, je voulais voir une histoire un peu ado sur le carcan des normes sociales et tout le tralalala, racontée avec classe et sensibilité, et dans des costumes d'époque. J'ai été servi. Un bémol : ma séquence préférée dans Lady Oscar, à savoir, les guéguerres intestines que menaient la Dauphine et la Comtesse du Barry, est un peu bâclée dans le film. J'ai du mal à imaginer une sorte de chanteuse de cabaret cheap se prommenant ainsi à Versailles. De plus, je suis arrivé à la conclusion que Sophia Coppola et tension dramatique sont antinomiques, ce qui gêne un peu ce genre de séquences conflictuelles. Mais je fais mon rêleur là...
Où je me demande pourquoi je n'ai pas plusieurs vies pour pouvoir habiter dans toutes les villes qui me plaisent
(Le mouvement des images - 27/05/06)
(Paris-mégalo)
Rentré de Paris la mort dans l'âme, déjà nostalgique, exténué après 4 jours passés à courrir d'un côté à l'autre pour voir tout et tout le monde. Et comme à chaque fois, je me dis qu'à la prochaine virée Parisienne, il faut absolument que je reste au moins une semaine entière. Et comme à chaque fois, je serai incapable de le faire.
Arrivé à Toulouse, accueilli par un beau 27 degrés. Le soleil et la brique rouge a vite fait de me faire oublier les boulevards hausmanniens et les lamentations que j'adressais à mon homme quelques heures auparavant, sur la nécessité impérative de s'insataller dans la capitale. Je suis l'inconstance personnifiée.
I. L'administration d'Albi, comme la plupart des administrations, est composée d'un secrétaire compétent et d'une série de cruches. Malheureusement, cette semaine le très compétent M. H* est hospitalisé. Du coup, aujourd'hui j'ai du m'adresser à la très charmante mais très incompétente Mlle B*. Elle m'a considérablement alourdi la tâche (à midi j'ai même du aller la chercher au self!), précisément le jour où mon emploi du temps était chronométré : je devais impérativement prendre le train de 15h 30, pour pouvoir prendre la navette de 18h, et ne pas rater mon avion de 19h15.
II. Dans mon casier, une petite surprise qui flatte mon égo. Mme R*, retraitée ayant subitement quitté mes cours il y a quelques semaines, me laisse une note en me remerciant de "lui avoir fait découvrir tout un pan de l'histoire espagnole qu'elle ignorait complètement et de lui avoir permis de progresser dans la composition d'un commentaire historique". Je suis touché par cette délicatesse et je me permets de me la péter ici.
III. A la fin de la première épreuve, Mlle A* vient me voir pour régler une histoire de devoir envoyé par courrier que je n'ai jamais reçu. Au bout de quelques échanges, elle éclate en sanglots. C'est la troisième fois qu'une étudiante me fait le coup, et à chaque fois je suis tétanisé (Arghhhh, une fille, je ne sais pas comment ça marche, moi, une fille!!!!!!). Elle vient de sortir de l'hôpital, rien ne va comme elle voudrait, elle est sous beaucoup de pression, car dans sa famille tout le monde réussit, comme son cousin, qui est notaire (Là, je me sens immédiatement identifié, car dans ma famille pléthorique, tous mes cousins sont médecins ou avocats et je fais figure de véritable extraterrestre). Alors qu'elle me raconte ses malheurs, je commence à me sentir atrocement responsable du sort de mes étudiants. J'essaie de lui faire relativiser les choses, et réussis à lui arracher, in fine, quelques sourires.
IV. Dans le train au retour, je corrige les copies. C'est les meilleures que j'ai jamais corrigées pendant les trois ans où j'ai donné ce cours. Je suis particulièrement content des copies de deux étudiantes qui, n'étant pas vraiment des lumières, semblent finalement avoir compris deux trois trucs à l'histoire et à la politique.
PS : je crois que finalement je l'aime bien ce métier....
Où mes efforts de socialisation s'avèrent fructueux
Hier, pour la première fois, j'ai fait une intervention pendant l'AG de section. Et celà après seulement un an dans le parti et une douzaine d'AG! La rapidité de mon intégration me surprend : autrefois, j'aurais mis des centaines de réunions à me sentir suffisament à l'aise. Bon, faut dire que le sujet était l'Éducation et la Recherche, j'étais donc concerné directement.
Il paraît que chez les Francs-maçons, les nouveaux attendent plus d'un an avant de pouvoir ouvrir la bouche. Pfffff. Fastoche.
... et je me demande, en tournant dans mon lit, et en stressant pour le rendez-vous hebdomadaire avec ma directrice, si la décomposition syllabique de Ricroël est [Ric] [roël] ou bien [Ri] [croël].
Une occlusive devrait être spontanément en position explosive, mais rien n'est moins sûr.
Entrain de revoir Cruising sur Pink. J'en reviens pas. L'intrigue policière est plus qu'improbable et mal ficelée, mais les séquences dans les bars cuir sont de vrais morceaux d'anthologie. Je me souviens l'avoir vu ado, complètement alluciné. A l'époque, j'avais pas compris que lors des fondus en noir, Al Pacino s'envoyait en l'air avec ces gars au regard méchant et libidineux. Après tout, il avait une femme, non?
Où je lutte pour ne pas devenir à mon tour un vieux con
(hésitation à 5 heures du mat)
(enfer à 5 heures du mat)
La chambre où j'ai grandi donnait sur une grande artère. L'été, la pollution, le goudron et let le béton transformaient Barcelone en un grand four, et les nuits, j'ouvrait grand les fenêtres à la recherche d'un peu de fraîcheur. Autant dire que le bruit des voitures agissait sur moi comme une berceuse, et que le camion des éboueurs emportait avec lui mes cauchemars d'enfants en me confirmant que, même si autour de moi tout était mort, dehors il y avait toujours des gens vivants.
A Toulouse j'ai découvert le calme. 5 ans durant, ma chambre a donné sur un petit jardin, et le chant des oiseaux a remplacé les sirènes des ambulances. Plus maintenant. En déménageant chez Azzed, en hypercentre, j'ai du m'habituer à une nouvelle pollution sonore : les gens bourrés, les débris de bouteilles, les engueulades de clodos et les sorties de boîtes. Vu mon expérience, ça n'a pas été très difficile. Le bruit m'a toujours rassuré dans mon sommeil.
Mais trop c'est trop. Hier, en me couchant, étrangement sobre pour un Samedi soir, je découvre dégouté que les nouvelles voisines d'au-dessus ont décidé de transformer leur appart en squat techno-punk. De la hard-tech de la pire espèce à 150 BPM fait vibrer tous les murs de ma chambre. Que faire sinon se résigner et tenter de dormir tant bien que mal? Cinq heures, je me réveille et le son semble encore avoir monté d'un cran. Tu m'étonnes, en haut ils doivent être si bourrés qu'ils ne se rendent même pas compte du
volume de la chaîne. Je m'habille et je décide d'aller râler un peu. Devant la porte, j'hésite. D'un côté, je me répète que je suis dans mon droit. Bordel, il est plus de cinq heures! En plus, je suis sûr de faire une faveur aux jeunes filles. Il ne doit rester que trois ou quatres relous complètement torchés, refusant de partir, sous l'oeil suppliant des amphytrionnes. Mais je n'arrive pas à appuyer sur la sonnette. Je me souviens de toutes les fois où un connard de voisin ou même les flics ont sonné a ma porte alors que la fête battait son plein, et je refuse d'endosser à mon tour le rôle de vieux con. Je redescent, la tête dans le cul mais la conscience tranquille, en me disant que finallement, leur seul vrai tort c'est de ne pas nous avoir invité. Ça ne se fait pas!
Sur le repos du guerrier, les histoires de fantômes, et le Flamenco
(Volver-sentir-vivir)
Miracle! Azzed ne s'est pas endormi hier soir au cinéma. Pourtant c'était pas gagné. Quand je suis arrivé de mon AG de merde, et que je l'ai trouvé affalé sur le canapé, il avait l'air de rentrer d'une opération militaire sur le triangle sunnite, tellement qu'il avait mauvaise mine. Mais il faut dire que le film c'était quelque chose. Mis à part le fait que Penelope Cruz me ferait presque devenir hétéro, ces histoires de femmes courageuses et fortes, qui font face à l'adversité, ça m'émeut toujours. C'est comme avec Tout sur ma mère, Femmes au bord d'une crise de nerfs ou Qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça. Les homme c'est pas des mecs bien.
Quatre heures d'AG de département ! Quatre ! Ces universitaires ont définitivement une insuportable tendance à l'hypertrophie verbale. Et en plus, je me suis volontairement porté secrétaire, et j'ai du noter toutes leurs conneries. Ça m'apprendra à vouloir prendre des responsabilités.
Pour finir, j'apprends que le maître de conférences recruté à Albi vient de me sucrer tous mes enseignements, que j'avais mis trois à ans à mettre au point, et que je commençais à apprecier vraiment. Tous. Evidemment, je suis le dernier des larbins et je n'ai pas le droit d'ouvrir ma bouche. Maintenant, tout est à refaire.
Enfin vu C.R.A.Z.Y, après des semaines à lire vos commentaires. Mouais. Je garde les images de l'enfance, et en particulier, cette sorte de bâptème inversé, lorsque les brimades des camarades dans le lac font perdre au personnage sa foi. Et aussi les réveillons enfumé de chez la grand-mère.
Après le cinoche, D* me propose de passer chez lui boire quelques bières. Dommage pour nous, son frigo s'avèrera complètement vide. Du coup. il me sort le riz au chocolat d'après la recette de sa nona du Veneto. Dans la vie, on est punk ou on l'est pas.
Enfin acheté, comme tout pédé qui se respecte, la saison 5 de Six feet under. L'achat s'est accompagné d'un léger contre-temps. En effet, alors que j'appretais à baigner dans le bonheur individualiste du consommateur, la réalité politico-sociale de ce pays m'a rattrappé brutalement pour la deuxième fois de la semaine. Les distributeurs de Virgin sont en grève, et la sortie est repoussée. Désolé pour les employés, mais je n'ai pas cherché à connaître les causes de la grève, et je me suis précipité chez la concurrence.
Enfin acheté un bonne BD. Je retire tout ce que j'ai dit la semaine dernière sur la "nouvelle BD", le rechauffé chais-pas-quoi, et tous mes délires de fan aigri. Donjon potron minet -84 m'a laissé sur le cul. et cette Antipolis qui ressemble étrangément au Neo Tokio ravagé d'Akira, je m'en lasse pas...
Sur l'économie catalane, les quêtes spirituelles, et les joies de la paternité
(Si je devais n'en garder qu'une...)
Petite geule de bois ce matin en me levant. Sans comparaison néanmoins avec celle que doivent cuver en ce moment ma famille et mes amis à Barcelone. Aujourd'hui ne sera probablement pas le jour le plus productif de l'économie catalane. Ni le mien d'ailleurs.
Bref, peu importe, c'était un grande soirée. Petite anecdote dont je me souviendrai sûrement : en allant voir le match chez D*, deux charmantes demoiselles qui distribuent des flyers nous acostent sur la place Capitole. Connaissons-nous les soirées "alive"? A l'esthétique du flyer, je me dis qu'il doit s'agir d'une nouvelle boîte, mais le look un peu babs, un peu bourgeois des jeunes filles s'accorde mal à l'image que j'ai des professionels du monde de la nuit..
En fait, les soirées "Alive", dont le sous-titre est "embrase-nous", sont des soirées de prière organisées pour les jeunes à Notre Dame du Taur. Je décline l'invitation en essayant d'être le plus poli possible. Ça ne doit pas être facile de tracter pour ce genre de soirée. Mais moi, désolé, j'ai d'autres idoles à idolâtrer ce soir. Elles me feraient sentir presque coupable, en me rappelant que, pendant que je cautionne la société du spectacle avec une soirée pizza-bière-foot, il y en a qui ont soif de spiritualité!
On passe ensuite devant l'Eglise qui accueille l'événement. Je crois que c'est des franciscains qui la tiennent, et ça m'étonne pas d'eux. Ils ont ce grain de folie qui me les rend, dans l'ensembe, assez sympathiques. D'ailleurs, sur les terrasses autour, il y en a plusieurs qui sirotent un Perrier citron, habillés avec leurs robes tout droit sorties du tournage du "Nom de la Rose". Avec eux, de jeunes curés en jeans. Et devant l'Eglise, des groupes de jeunes moins coincés que d'habitude, dans un ambiance bon enfant.
Je laisse ce petit monde derrière moi, puis je lâche Az sur une terrasse où il a, comme d'habitude, rendez-vous avec des camarades pour je ne sais quelle comission ou groupe de travail de mes deux. Je décline encore une invitation à me joindre à eux. Moi, désolé, j'ai des idoles non-socialistes à idôlatrer ce soir. Puis je cours chez D* pour ne pas rater le début.
Au bout de 105 minutes de stress, pendant lesquelles on a été menés longtemps, le Barça est sacré champion d'Europe. Les larmes de Giuly me touchent. Et son gamin sur les épaules. Serais-je entrain de devenir mielleux? Puis je remarque Zapatero, qui monte encore et toujours dans mon estime. Celui-là il réussira à me faire voter PSOE aux prochaines élections. En tout cas, c'est pas Aznar qui serait venu à Paris célébrer une victoire du Barça.
La soirée se termine au lit, avec Az, à fêter ce que je n'ai pas pu fêter sur les Ramblas. Et tant mieux!
Où, une fois n'est pas coûtume, je casse du sucre sur leur dos
(Le baiser - Giotto)
Les Mardis, c'est cours à Albi, et c'est se lever bien avant midi, comme le commun des mortels. Me voilà donc à 8 heures 30 à la gare Matabiau, la tête dans le cul, en me disant que Lundi prochain, il faut vraiment que je me couche plus tôt, quand une vision m'extrait de ces pensées bassement individualistes et me rappelle brutalement les réalités politico-politiciennes de ce pays.
Devant moi, S*, chef de file des mélenchonnistes de la fédération, accompagné de sa clique du PRS, est entrain de distribuer un gros sourire à la bouche des tracts aux usagers de la SNCF. Ce débordement d'énergie m'intrigue d'autant plus que quand on les appelle à la section pour militer, ils répondent toujours aux abonnés absents. J'arbore à mon tour le sourire le plus hypocrite dont je suis capable et je saisis un de leurs tracts. Évidemment, il ne s'agit pas de propagande PS, mais du comité 29 mai, qui affiche une violence certaine contre la gauche sociale-traîtresse.
Entendons-nous. Je respecte, même si je ne le partage pas, le choix de nombreux partis de gauche quant au référendum sur le TCE. Je respecte leur volonté aujourd'hui de former un pôle fort. Je respecte même les voix qui, au sein du PS, et dans un minimum de respect des bonnes manières, se sont élevées contre le positionnement majoritaire.
Mais le populisme et les coups bas des mélenchonnistes, leur acharnement à saborder leur propre parti, couplé à leur hypocrisie quand il s'agit de mendier quelques candidatures aux législatives, ça non.
Mélenchon, t'es un bouffon.
Où je me demande ce que j'avais dans ma putain de tête le jour où j'ai décidé de faire cette thèse de merde (bis)
*Question métaphysique de l'après midi*
On place l'appel à note :
- après le point et le guillemet fermant?
- entre le point et le guillement fermant?
- avant le point et le guillemet fermant?
Devant tant de questionnements, je me suis finalement résolu à sortir de la maison et à me procurer :
- Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, Paris, Imprimerie nationale, 2002.
- CLEMENT Jean-Pierre, Dictionnaire typographique, Paris, ellipses, 2005.
Envies de meurtre
Cibles privilégiées :
Ma directrice de thèse. Mais elle est vraiment trop gentille.
L'auteur sur lequel je travaille. Mais il est mort depuis 464 ans.
Le ministre délégué à la recherche. *hésitation*
(Envies de meurtre)
PS : Allez, zou, au travail maintenant. C'est fini les conneries. The brocoli is finished. S'ha acabat el bròquil.
Où je découvre que l'on peut toujours me surprendre...
Tiens! Ce paquet de copies est presque bon. Si c'était possible, je jurerais que mes étudiants ont compris le texte...
Allez, hop! Il est passé où le correcteur? Je dois revoir à la baisse les premiers copies du lot. Je peux quand même pas mettre la moyenne à toute la classe!
Où je tire ma révérence devant la grandeur du peuple belge
(Facade signée Dupuy et Berberian-Bruxelles)
Damien m'appelle hier, excité comme une pucelle. Il vient de rentrer de son voyage en terres belges, et m'invite à déjeuner pour me raconter les moindres détails de son périple, et me faire une séance photo. Youpi.
Dix minutes après, je suis déjà en bas de chez lui. Le temps qu'il branche son appareil numérique, et la séance commence. Adobe s'ouvre sur une photo de Lorenza, toujours souriante. Lorenza, une vieille amie de la fac, une ex à Damien, et l'hôte de celui-ci à Bruxelles. En effet, elle a réussi à obtenir un stage rémunéré d'un an dans les bureaux bruxellois du Trentino-Alto Aldice, région italienne à statut spécial. Quand je vois ensuite l'immeuble et les bureaux où elle travaille, je me dis que région à statut spécial, c'est quand même de la balle, et que je doute que la région Midy-Pyrennées débloque le même budget pour le lobbying à Bruxelles.
Quelques photos encore de Lorenza et de la grande place, puis commence une interminable série de des tableaux des musées des beaux-arts de Bruxelles et d'Anvers. Ça ne pouvait pas rater. Bordel. Même si on se connaît depuis bientôt dix ans, dans ce genre de situation, j'ai toujours l'impression que Damien continue d'évaluer mes connaissances. Surtout que lui c'est vraiment une encyclopédie. Du coup, je me sens sous pression. Je devine les premiers tableaux, mais ils étaient faciles. Heureusement, je résussis à impressionner Damien en reconnaissant un Apollon et Marsias de Ribera. Le test est fini pour moi, je regarde la suite d'un oeil plus détendu.
Quelques centaines de maîtres flammands et autres tableaux plus tard, la viste commentée est fnnie. Mais Damien m'a gardé une surprise pour la fin : une magnifique façade par les auteurs de Monsieur Jean. J'en suis presque ému. Chapeau les belges!
Que faire quand on rentre d'Albi crevé, tard le soir, après une dure journée de travail et un gros coup de speed parce que finalement, le dossier d'ATER duquel dépend mon avenir, c'est demain qu'il faut le rendre, cachet de poste faisant foi?
Réponse spontanée : s'acheter une BD et mettre le cerveau en OFF.
Le choix s'avère néanmoins plus difficile que prévu, avec toutes les nouveautés publiées pendant mon abscence. Je doute, je doute encore, et je me trompe : je finis par m'acheter le dernier Larcenet et je suis plus que déçu. C'est prétentieux et ennuyeux. J'arrive à peine à le finir, c'est dire si c'est chiant. Je suis passablement énervé, et je décide de faire un post cathartique, où je vais pouvoir me défouler contre toute cette génération-Télérama de dessinateurs qui commencent à sentir grave le réchauffé.
Mais, parce qu'il y a un mais, en cherchant une image pour l'illustrer, je finis par tomber sur son blog personnel. Et vous savez quoi? Ce type m'est symphatique.
Et j'en conclus que ma mère a la vie affective d'une enfant. L'autre jour, elle me raconte avec une candeur désarmante que son psy est tellement beau, qu'il est tellement intelligent et qu'il lui rappelle tellement mon père. Si ça c'est pas du transfert du Feu de Dieu!
Mon père, lui, fait plutôt dans l'ado attardé. C'est mon cousin qui a eu la surprise de sa vie quand il l'a croisé, alors que les lumières s'allumaient à 6 heures du matin, dans une des boîtes gay du centre ville. J'imagine même pas si ç'était arrivé à moi (je précise au passage que non, on n'est pas tous pédés dans la famille. Mon cousin est plutôt hype-sexuel, tellement il est branché, et tellement je l'ai croisé des fois, en pleine après-midi, le teint livide et les pupilles dilatées après je ne sais combien d'afters). Bref, mon père s'est fait tirer les oreilles par son medecin qui lui a rappelé qu'il n'avait plus 30 ans. Ma soeur est même allée jusqu'à lui demander s'il ne consommait pas de drogues (le monde à l'envers!), ce à quoi il a repondu par un évasif "ne dit pas de sotises".
Autant dire que les mots d'ordre de travail-responsabilité-épargne dans lesquels j'ai grandi ne font plus partie de son vocabulaire.
Mon grand père a passé les dernières années de sa vie assez seul, en plein naufrage du système patriarchal autoritaire, dans une Espagne qu'il aimait pas. J'ai l'impression néanmoins que le modèle actuel n'est pas non plus tout à fait au point.
...."La réplique de Pascual éclaire de façon rétroactive l’occupation spatiale qu’ont adopté les personnages pendant les cinq répliques qui ont été prononcées depuis l’entrée sur scène du berger, en imposant une disposition scénique qui obstrue le champ visuel de Pascual. À l’image donc des ordres négatifs, l’indicatif passé est un marqueur gestuel rétroactif.... "
Arf. Je crois que je commence à trop jongler entre ma thèse et GA. Je vais de ce pas vérifier de ne pas avoir envoyé des obscénités à ma directrice....
Ça y est. Yapu d'vacances. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit en pensant au travail accumulé...
Du coup, les 7 heures de train qui séparent Barcelone de Toulouse , je les ai pas vu passer tellement que je dormais. Mais vous avez bien lu : 7 heures de train pour parcourrir moins de 300 kilomètres. La constructions de l'Europe n'est pas à l'ordre du jour dans les relations plus que glaciales entre la SNCF et la RENFE (un jour je ferai le récapitulatif de tout ce qu'on a pu me dire dans les guichets des deux compagnies pour avoir comis l'imprudence de vouloir traverser les Pyrénnées).
Le clou du voyage, est sans doute cette grande gare de La Tour de Carol, perdue au milieu de nulle part, construite en grande pompe autrefois pour abriter le service des douannes, les magasins de stockage et d'autres services administratifs, et qui aujourd'hui dépérit à vue d'oeil. Seul souvenir de ce passé glorieux, la place de la "gare internationale" au milie d'un miniscule village des Pyrénnées.
C'est sûr c'est pas des endroits comme ça qui vont me remonter le moral.
Suite à ce post, j'avais promis à népo d'aller me recueillir devant la tombe de feu floquet de neu, ou, à défaut, de me renseigner sur son destin. Je n'ai pu honorer que la deuxième partie de mon engagement. Je me suis en en effet interessé au débat enflammé qui a suivi la mort du gorille, sur les honneurs que devait recevoir la dépouille mortelle. J'ai ainsi appris que les partisans de le considérer comme un simple animal, qui proposaient de l'empailler et le céder au musée d'histoire naturel de New York, ont du céder face aux partisans de lui accorder les honneurs d'une personne humaine. Finalement, Floquet de Neu a été incinéré, puis les cendres ont été enterrées au cours d'une cérémonie officielle, dans le Zoo de Barcelone. Un arbre a été planté à l'endroit ou reposent les cendres.
Je comptais donc me rendre là-bas pour me receuillir, mais en arrivant, les 19 euros que coûte l'entrée m'ont un peu refroidi. Ça fait cher le recueillement, faut pas abuser. Du coup, en attendant d'avoir des enfants ou des neveux, je ne rammene que cette photo moche en guise de trophée.
Sur les difficultés d'avoir un père pédé, les méfaits de la modernité, et les guerres médiques
Alors que le soleil se lève derrière la coline du Tibidabo, je me demande où commencer le récit de ma soirée. Sans doute, le meilleur début est mon arrivée chez mon père et son "ami" dans leur appart flambant neuf Brian-Kenny-style dans un ancien immeuble Art nouveau renové. Je suis invité à dinner. Au menu, botifarra amb seques. Entre un père pédé, et un fils pédé, ça fait longtemps qu'une gêne s'est installé. La semaine dernière, au détour d'une conversation, ma soeur a laissé tomber que notre père comptait se marier avec son copain. J'attends pendant tout le repas la confidence, mais elle n'arrive pas. Je fais donc semblant de ne rien savoir. Je suis sécrètement jaloux de la relation privilégiée de ma soeur avec mon père. Depuis que j'ai 18 ans, ma vie ressemble à une mauvaise comédie des moeurs modernes, alors que pendant mon enfance, on aurait dit un remake cucu de la petite maison dans la prairie.
23 heures, rendez-vous avec Quique devant le Burger King des Ramblas. Quique, à mon plus grand bonheur, viens de grossir depuis quelques jours les chiffres astronomiques du chômages des jeunes en Espagne. C'est donc le seul ami qui est disponible en semaine. Pas de drame pourtant. Quand je compare l'optimisme je-m'en-foutiste des jeunes espagnols, malgré leurs salaires de misère, avec le dramatisme permanent français, je me dis que dans la vie, tout est question de perception des réalités. Faut dire malgré tout qu'en Espagne, la solidarité familiale remplace souvent les carences de l'Etat, ce qui rend plus vivable la situation.
On boit tous les deux en tête à tête. Puis on boit. Puis on boit. On change de bar. On boit encore. On change de bar. On cherche des vendeurs clandestins de bierre. Introuvables. Mairie de merde qui essaie de donner une image asseptisée de notre belle ville méditerranéenne. Il paraît que le dernier arrêté municipal interdit d'étendre le linge sur les balcons. Et puis quoi encore. Européisation de merde.
Puis c'est l'heure d'aller en boîte. On rentre au MOOG, et on monte directement au premier étage, la meilleure salle disco-putassier de Barcelone. Je suis rassuré : au moins, ils ont toujours pas de doseurs sur les bouteilles, et la teneur en alcool des verres est plus que généreuse. Quique commence à être sentimental. Eh oui, ça fait plus de dix ans qu'on est de bons amis. Bien sûr que je me souviens de ce voyage de classe à Paris, en première, et des parties de Poker dans leur chambre de Formule 1!! Le regard de Quique commence à lorgner sur deux belles filles qui dansent a côté. Je le préviens, elles sont lesbiennes. D'ailleurs, la moitié de la salle, dont le DJ, est homo. C'est ça qui est bien dans les boîtes hétéro-branchées de cette ville, on peut toujours se demander si le mec qui danse à côté en est ou pas. Je me souviens d'une nuit mémorable au Nitsa club. Je ne sait quel DJ de Detroit était aux platines, qui ravissait mes amis, moi je n'avais de yeux que pour le mec à côté, avec qui j'a finalement passé une nuit innoubliable.
Finalement, les filles, n'étaient pas si lesbiennes que ça. Elles tombent sous le charme d'un bel argentin qui les drague. Comme toutes les espagnoles, elles ne savent pas résister à la tchatche argentine, ainsi qu'à leur délicieux accent italianisant.
Le DJ finit la session sur une reprise Spain-is-different-Flamenco de hang up, enchaînnée avec gimme gimme gimme. El tiempo pasa. Tan lento. Puis les lumières s'allument.
Je rentre, et je rédige mon post. Dans quelques heures à peine, ma mère va me réveiller pour aller voir l'expo de l'année de Barcelone, les trésors de la Perse antique. J'espère ne pas vomir devant les bas reliefs du palais de Darius du Louvre ou les bracelets à motifs du British Museum.
Sur la victoire du Barça, des polonaises en Erasmus, et les fictions post apocalyptiques
Ma mère n'est pas en grande forme ces derniers temps. Je lui consacre donc l'esssentiel de mon séjour barcelonnais. J'avais néanmoins réussi à reserver cette nuit pour aller rejoindre mes amis du lycée autour d'une bierre, et surtout, décompresser un peu. Peine perdue. Avec l'habilité qui la caractérise, elle a réussi à se joindre à la fête.
J'arrive donc vers 21 h au bar où j'ai pris rendez-vous, accompagné de ma mère. Mes amis ne sont pas plus surpris que ça. L'habitude. Pour la Première de ma soeur, elle nous a accompagné dans la boîte la plus branchée-underground de Barcelone jusqu'à 6 heures du matin, et prétendait enchaîner ensuite sur un after. Bref, j'arrive au bar, où regne une ambiance de folie. Le Barça est sur le point de remporter le championnat et il faut être espagnol pour imaginer ce que ça peut représenter comme ambiance. Quelques minutes après notre arrivée, le sifflet de l'arbitre met un point final au match Valence-Majorque, emportant ainsi les derniers espoirs des valenciens de nous rattraper au classement. Le Barça est champion. La fin du match au Camp Nou importe peu. Une marée humaine bruyante et ivre se dirige lentement mais sûrement vers l'épicentre barcelonnais, la fontaine des Canaletes en haut des Ramblas.
Nous nous fondons dans la masse. Même ma mère est là, un peu mal à l'aise au début mais vite amusée par la situation. On chante, on crie, on saute de partout. On insulte abondament Madrid, et je ne peux m'empêcher de penser que la guerre civile en ex-yougoslavie a commencé avec un match de foot. Au bout d'un moment, il fait soif, et on s'écarte un peu à la recherche d'un vendeur clandestin de bierres. Normalement, il y en a à chaque coin de rue, mais la dernière campagne de la mairie a malheureusemnt du être efficace. A quoi ça sert d'être enfin européens et prétendument civilisés si on ne peut plus acheter de la bierre dans la rue?
Entre la fête du barça et l'envie d'alcool, c'est la deuxième qui l'emporte, et on finit dans un bar, à commander des pintes. Dès le début, l'ambiance est gâchée par deux polonaises qui attirent visiblement le regard de mes amis. Je me retrouve en tête à tête avec ma mère, pendant que les autres draguent éhontément. On décide finalement de rentrer tout les deux, mais pendant qu'on était dans le bar, l'ambiance dehors s'est considérablement dégradée. On traverse des Ramblas devenues une sorte de ville à la Mad Max. Ça et là, on fait brûler des poubelles dans le meilleur des cas, des vélos et des motos dans le pire. J'hallucine complet, et ma mère n'em parlons pas. J'essaie de sembler blasé et désinvolte, et je la serre fort contre moi, pour la rassurer. Mais lorsqu'une bagarre éclate à quelques mètres, je ne peux m'empêcher d'accellérer le pas. On réussit à se dégager de la foule, et on passe devant des CRS impassibles. Il est vrai que s'ils intervenaient, ça risquerait de dégénérer davantage. Par je ne sais quel miracle, on tombe sur un taxi rédempteur, qui nous ammène à la maison, et je retrouve mon cher ordinateur.
A mon arrivée en France, je ne connaissais rien à la politique de ce pays. Je débarquais dans un internat rempli de garçons anormalement politisés, qui m'infligeaient des débats interminables où des noms propres inconnus étaient pronnoncés sans arrêt. La salle télé passait en boucle des émissions ennuyeuses, comme les guignols, qui semblaient ravir mes camarades mais qui ne reussissaient pas à m'arracher le moindre sourire.
Aujourd'hui c'est quand je rentre en Espagne que je me sens complètement perdu. La sonnette d'alarme s'est déclenchée le mois dernier quand je n'ai pas reconnu le ministre d'affaires extérieures espagnol dans les jardins de la préfecture à Toulouse. Du coup, mes séjours sont en grande partie dédiés à l'absorption massive d'information, histoire de rattrapper le retard.
L'actualité politique espagnole est marquée ces derniers temps par le débat autour du référendum sur le nouvel "estatut" catalan, qui reprend dans des termes quasi identiques le débat référendaire de l'année dernière en France. Je m'explique. L'année dernière, le parlement catalan a voté à la quasi unanimité une charte très ambitieuse définissant un nouveau cadre autonomique (seul vote en contre, le parti populaire, marginal ici). Le texte a été ensuite envoyé à Madrid pour son adoption définitive, où il a été l'objet de très vives polémyques et de très dures négociations avant d'aboutir à un texte final largement amputé. C'est ce dernier texte qui nous est soumis à référendum aux citoyens catalans le prochain 18 juin.
Si le débat a un air de déjà vu pour moi, c'est parce qu'il reproduit les étranges alliances observées en France l'année dernière. Ainsi, le OUI est défendu au centre par les socialistes, les communistes-verts(!), et les nationalistes modérés. Ils considèrent que la nouvele charte offre des avancées très significatives par rapport à l'ancienne charte de 1979, avec, enfin, l'apparition du terme nation. Sur les extrèmes, le NON est défendu d'un côté par le Parti Populaire, par centralisme dogmatique et refus de toute évolution autonomique, et de l'autre, comble des paradoxes, par les Nationalistes radicaux qui jugent le texte final insuffisant et les amputations opérées à Madrid inadmissibles.
Un très bel article est apparu il y a quelques jours dans "La Vanguardia", qui aurait pu servir, mutatis mutandi, pour notre débat référendaire français. L'auteur avançait l'idée que les défenseurs du OUI auraient vu leur tâche facilitée si la question avait été posée dans les mêmes termes que sous la république romaine. En effet, sous la république romaine, lorsqu'une loi était soumise au vote, les électeurs pouvaient choisir de répondre par VR (uti rogas"tel que la loi a été énnoncée"), ou par A (Antiquo, c'est à dire, "je préfère ce qu'il y avait avant"). Il me semble que les évènements postérieurs ont prouvé que le Non de gauche avait tort, et que l'on est restés coincés dans cet "antiquo" qu'est l'Europe du traité de Nice. J'espère que l'on ne fera pas la même erreur en Catalogne.
Je ne crois pas en Dieu, mais je crois en Billy wilder
"Je ne crois pas en Dieu mais je crois en Billy Wilder". C'est le discours que pronnonça Fernando Trueba lorsqu'il reçut son Oscar, il y a dejà plus de dix ans. Billy Wilder n'est peut être pas Dieu, mais il a toujours été un des facteurs de cohésion de ma famille, aussi loin dont je puisse me souvenir. Aujourd'hui encore, la veille du départ de ma soeur à Mexico, on s'est recueilli les trois religieusement devant un de ses derniers chefs d'oeuvres, "Avanti". Dans le film, le personnage de Jack Lemon se laisse lentement séduire par les douceurs d'Ischia, la petite île qui ferme cet endroit privilégié de la Méditerranée qu'est le golfe de Naples.
C'était l'épilogue parfait à un week end de soleil, sel et sable dans un autre coin privilégié de la méditerranée, où j'ai passé d'innombrables étés, la côte qui s'étend de la frontière française jusqu'au golfe de Roses.
J'ai enfin pu montrer à mon homme quelques sites chargés pour moi d'une très forte valeur affective. Le pauvre. Son périple a commencé par un grand repas de famille avec oncles et cousins et tout dans la grande maison familiale de Platja d'Aro, une baie jadis paradisiaque, ravagée par le tourisme. La maison, entourée de pins, garde néanmoins tout son charme ancien, et tout son pouvoir d'évocation. Le souvenir le plus fort reste sans doute cette chambre fermée pendant des dixaines d'années, où ma soeur a longtemps cru naïvement que reposait en paix notre grand-mère. En effet, lorsque celle-ci mourut à un jeune âge, mon grand père, patriarche méditerranéen tyrannique et conservateur, fit fermer leur chambre à jamais. De quoi stimuler abondamment l'imagination d'une pléthore de petits fils qui n'avaient jamais connu cette femme.
Mon homme s'est probablement fait chier comme un rat mort pendant le repas, vu qu'il ne parle pas un mot de catalan, mais il a eu la delicatesse de ne pas se plaindre. En plus, ce n'est que monnaie rendue pour les longues discussions en arabe que l'on m'a infligé en Algérie. Nous sommes ensuite remontés en comité restreint vers les terres plus sauvages du nord, vers les criques désertes qui entourent le joli village de Cadaqués. Là je pense qu'il a été plus impressionné, tellement les paysages sont saisissants. Petite touche qui fait toujours son effet, je l'ai amené devant le resto de Ferràn Adrià (où nous ne sommes évidemment pas rentrés) et ma mère en a profité pour se vanter un peu, en racontant qu'en 1997, elle a pu manger là bas sans réservation, un jour où ils étaient arrivés à la crique en voilier. C'était avant la hype phénoménale qui a suivi.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et mon homme a le malheur de travailler demain. Cette après-midi, je l'ai donc vu filer dans notre voiture de location, le coeur serré comme à chaque séparation. J'espère que les nuits alcoolisées barcelonnaises qui m'attendent vont faire passer plus vite le temps.
Asbel, prince impérial de Péjite, qui le lui gentiment prêté.
Il fallait que le surnom renvoie à un des personnages qui ont bercé mes nuits d'ado et de jeune adulte.
Ça aurait pu être aussi :
L'Homo Asbelus a son Oueb-univers :
L'Homo Asbelus aime les statistiques :
Don JOSÉ MARÍA AZNAR LÓPEZ, retraité, ancien président du gouvernement, ancien inspecteur des impôts, légionnaire du Christ et dépositaire de la mémoire du Caudillo, emploie dorénavant son temps libre et ses dons en comptabilité à surveiller mes visiteurs :
Il profite aussi de sa retraite pour bûcher son anglais. Jugez-en vous même :
L'Homo Asbelus aime la musique :
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"Wake up! Wake Up! On a saturday night!"
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"E'pain is different" (dixit Manuel Fraga, un jour où il était inspiré.)